SCÈNE VIII
LES PRÉCÉDENTS; SABINE^ paraissant au fond i.
Moi!
Sabine !
TOUS LES TROIS; stupéfaits.
SABINE
Ah! c'est mal! pauvre et sans pain, vous me receviez à bras ouverts; et princesse; vous me laissez à la porte !
Toi, princesse Zabanoff!
SABINE
Pourquoi pas? (vivement.) Mais je n'ai qu'une demi-heure à vous donner, parlons de vous.
BÉATRIX
Non... de toi.
SABINE
Non... de vous, mes amis.
HENBI.
Non; non, de vous.
SABINE
Eh bien donc... (a Béutm.) Après nous être séparées amies... toujours amies... riche de l'or que vous aviez partagé avec moi, je traversai en plein hiver des pays de loups, j'arrivai à Stockholm. Là seulement, apparut de nouveau au inonde musical la Maupui; qui avait retrouvé une partie de sa voix ! (a Béairix.) C'était presque vous... je vous doublais, et l'or et les succès de revenir. Quoique bien et dûment séparée d'avec monsieur Maupin, je lui avais assuré de loin des rentes, une pension... un quartaut de madère par semaine. Sa reconnaissance égalait son ivresse, mais elle ne fut pas de longue durée ! Deux mois après, il avait cessé de boire !
HENRI
Il est mort ?
SABINE
En portant un toast à ma santé! Quant à moi, au milieu de mes nouveaux triomphes, tenant sous mes lois la Suède, le Danemark et la Norvège... je jurais bien de tout braver... J'avais compté sans la Russie! Un prince moscovite s'était épris de moi, il était jeune, il était beau, et tant d'amour brillait dans ses yeux,
1 Catherine, Bcutrix, Sabine, Henri.