ACTE V, SCENE VIII
qu'on ne perdait guère aux diamants dont il était couvert. Il m'offrait sa main et je refusais.
HENRI
Pourquoi?
SABINE
Parce que je l'aimais !
BÉATRIX, à part.
Comme moi!
SABINE
Parce que je ne me sentais pas digne de lui!
BEATRIX, à part.
Comme moi!
SABINE
Parce que je lui voulais pour femme, pour princesse Zabanoff, une autre que la Maupin!
BÉATRIX, voulant parler.
Comme...
CATHERINE, lui fermant la bouche avec la main.
Tais-toi!
Enfin... le voyant si malheureux... Vous savez que je suis pour les grands partis... Je me de'cidai à en finir avec la Maupin, qui ne me'ritait pas de vivre...
BÉATRIX
Que veux-tu dire?
SABINE
Une nuit, la maison de la cantatrice, une maison délicieuse, devint la proie des flammes, qui sévirent avec tant de violence, qu'on ne put rien sauver, pas même la Maupin, dont on ne retrouva le lendemain que les cendres, et qui, depuis la veille, fuyait vers la Russie avec le prince Zabanoff... aujourd'hui son mari... un mari charmant,, que depuis un an je n'ai pas quitté un instant; mais blessé dans une bataille, non loin du czar Pierre... on lui a ordonné les eaux des Pyrénées. Nous venons de Baréges. Il est là-bas dans sa voiture. Le czar nous rappelle... il n'y a pas une minute à perdre. J'ai demandé une demi-heure, et me voilà !
CATHERINE
Mais dites-nous donc...
HENRI
Expliquez -nous...
SABINE, regardant sa montre.
Dix minutes de passées, c'est déjà trop! parlons de vous... de vous, à qui j'apporte secours et consolation.