SCENE II LA PRÉSIDENTE, LA DUCHESSE
LA DUCHESSE, allant à elle.
Eh! notre chère Présidente! une amie de couvent, une amie intime que je ne vois jamais.
LA PRÉSIDENTE
Ma belle Duchesse! (Après lavoir embrassée.) Ne suis-je pas bien I décoiffée?
LA DUCHESSE
Mais non I
LÀ PRÉSIDENTE
Impossible de traverser le parc par ce vent de bise qui vous coupe la figure.
LA DUCHESSE, lui m outrant son masque de velours.
Comment n'avez-vous pas de loup? tout le monde en porte.
LA PRÉSIDENTE
J'étais pressée, préoccupée... j'ai oublié de prendre le mien.
C'est un tort, surtout quand on a d'aussi jolies couleurs que les vôtres ! Songez donc, Présidente, que vous risquez de faner, de gercer votre teint. C'est grave.
LA PRÉSIDENTE
Bah! au temps où nous vivons, à quoi bon être jolie?
LA DU CU ES SE
Il est vrai qu'on s'en sert si peu !
LA PRÉSIDENTE, regardant autour d'elle et se voyant seule avec la Duchesse.
C'est le règne des vieilles femmes.
LA DUCHESSE
Aussi, cela ne durera pas.
LA PRÉSIDENTE
En attendant, on fait comme elles, on vieillit*
LA DUCHESSE, avec un soupir.
Et que de temps perdu! Dites-moi, Présidente, y a-Hl encore à Paris quelques soupirants, quelques adorateurs ?
LA PRÉSIDENTE
A peine, duchesse, à peine! Et à Versailles?
LA DUCHESSE
C'est défendu! Nos gentilshommes n'osent pas;
LA PRÉSIDENTE
Pauvres jeunes gens !
LA DUCHESSE
Risquer un regard, une déclaration... c'est risquer une disgrâce.
LA PRÉSIDENTE
Quelle tyrannie!... Alors on se cache!
LA DUCHESSE
Oui; de l'hypocrisie partout, même en amour! Mieux vaut