SCÈNE IV
D'ALBRET, entrant brusquement entouré d'un manteau^ et la tète couverte d'un chapeau à larges Lords qu'il va déposer sur le canapé, BEATRIX .
BEATRIX, lui sautant au cou.
Ah!... c'est toi!... c'est toi que je revois enfin!... (Reculant effrayée.) Dieu ! monsieur d'Albret !... d'albret.
Lui-même, mademoiselle, que vous n'attendiez pas..
1 D'Albret, Bi'atiix.
BÉATRIX
Non... sans doute! Et comment, monsieur, venez-vous ici à cette heure? de quel droit ?...
d'albret.
De quel droit? dites-vous. Du droit que me donnent mon amour et ma jalousie. Comptez-vous pour rien mes nuits sans sommeil, mes jours passés à suivre vos pas, à épier vos regards, à découvrir vos trahisons ! à maudire jusqu'à ces bras dont vous m'enlaciez tout à l'heure, ces caresses adressées à un rival !
BÉATRIX
Calmez-vous, de grâce !
d'albret.
Ah ! tant que je vous ai crue indifférente, insensible pour moi comme pour tous... je souffrais; mais j'avais une consolation qui était presque un bonheur, celle de vous aimer, de vous admirer sans honte !
BÉATRIX
Et maintenant, monsieur?...
d'albret.
Ah ! je vous aime toujours ! et c'est là ce qui m'indigne ! Rendez-moi mes illusions et mon erreur, dites-moi que vous n'aimez pas monsieur d'Aubigné, prouvez-le-moi ! trompezmoi ! et je vous bénirai !
BÉATRIX
Non ! je ne vous tromperai pas... Je ne suis pas coupable.. ■. je n'ai rien à me reprocher... je vous le jure... Des preuves... je ne puis... je ne dois pas vous en donner; Je n'en ai pas d'autres que ma parole... et vous ne la croyez pas»., aussi, monsieur, je vous dirai : partez ! ne me voyez plus, ne m'aimez plus... mais ne me méprisez point, car je ne le mérite pas *.
D'ALBRET, avec amour.
Oh ! quand je vous vois !... quand je vous "entends, je crois tout!
BÉATRIX, secouant la lôlc.
Mais dès que je vous quitte...
' Béalrix, d'Albret.