SCÈNE VIII HENRI, SABINE, BÉATRIX
BÉATBIX.
Qu'allons-nous faire ?
SABINE
Refuser !
HENRI
C'est impossible !
BÉATRIX
Une gracieuseté... une faveur pareilles !
HENBI.
Et. cette voiture... ces gens qui attendent en bas...
SABINE
N'importe ! nous ne pouvons pas rester.
BÉATR1X.
Que veux-tu, nous ne partirons pas ce soir.
SABINE, vivement.
Si, . , nous partirons. Ce qui pouvait nous perdre nous sauvera !
BÉATRIX
Et qui donc ira à ce bal ?...
SABINE
Une autre.
HENRI, à Sabine.
Vous ! à merveille !
SABINE
Je ne demanderais pas mieux! (Montrant Beatrix.) Mais qui l'accompagnerait?... et puis, si je reste, si demain je suis reconnue par mon mari, gare les explications qui compromettraient tout ! Non !... (a Béairix.) Nous partirons toutes les deux à l'instant.
HENRI
Et le bal?...
SABINE
Vous irez, vous !
HENRI, riant très-fort,
Moi! allons donc!
BÉATRIX
Lui! y penses-tu?...
SABINE, avec impatience.
Que l'on m'écoute un instant : qui s'agit-il de tromper pendant quelques secondes?... une personne! une seule! non pas le cocher qui est assis sur son siège, mais le valet de pied qui, transi de froid et les yeux à demi fermés, se hâtera d'ouvrir et de refermer la portière... car, arrivé au bal, mêlé à la foule, couvert d'un domino noir, qui distinguera monsieur Henri de mademoiselle Maupin?
HENRI
C'est vrai !
SABINE
Et voyez, pour nous, quels immenses avantages ! la voiture de la princesse venue pour mademoiselle Maupin atteste