ACTE HT, SCENE XII
porte, quand trois ou quatre sergents du guet me saisissent. Le peuple, déjà instruit de l'événement, m'arrache de leurs mains, me délivre au cri de : « Vive la Maupin ! » J'ai à peine le temps de les remercier et de francbir la porte qui se referme sur moi, au moment où de nouveaux renforts arrivaient à nos adversaires. Voilà mon aventure...
SABINE1
Qui nous perd à jamais. Ce sera demain le bruit de Paris, de Versailles et des provinces.
BÉATRIX
Eh ! mon Dieu, oui.
HENRI
Et ce n'est rien encore... la Bastille ou le For-1'Évêque.
BÉATRIX
0 ciel !
HENRI
Où l'on parlait de me conduire dès ce soir.
BÉATRIX2
Je ne le souffrirai pas.
HENRI
Il le faudra pourtant bien; c'est moi que cela regarde.
BÉATRIX
Y penses-tu?
SABINE
VOUS, monsieur? (On commence à frapper en dehors et le bruit va toujours en augmentant.)
HENBI.
Eh oui! moi prisonnier, je trouverai toujours mieux que vous les moyens de m*en tirer par force ou par adresse, ou enfin même, s'il le faut, en trahissant l'incognito, en disant qui je suis, tandis que ma sœur... Emmenez-la, cachez-la, qu'elle ne paraisse point.
SABINE
Il a raison. Dans VOtre Chambre... ( Sabine fait entrer Béatrix par la porte qui est sur le troisième plan, à droite; Henri s'est assis à gauche sur le canapé' j met son masque, arrange son domino et répare le désordre de sa toilette. Pendant ce temps, on a toujours cherché à forcer la porte.)
1 Henri, Sabine, Béatrix.
' Henri, Béatrix, Sabine.
HENRI, à demi-voix, à Sabine.
La place a tenu assez longtemps... Ouvrez les portes; nous
nOUS rendons. ( Sabine va ouvrir la porte du fond.)