CHAPITRE Xli
•EOUGE VILLIERS, DOC DE BnCKHCHAa.
Madame Bonacieux et le duc entrèrent au Louvrt ,>jii^ dif ficulté; madame Bonacieux était connue pour appartenir a la reine; le duc portait l'uniforme des mousquetaires de M. de Tréville. lesquels, comme nous l'avons dit, étaient de garde ce soir-là. D'ailleurs, Germain était dans les intérêts de la reine, et, si quelque chose arrivait, madame Bonacieux se rait accusée d'avoir introduit son amant au Louvre, voilé tout; elle prenait sur elle le crime; sa réputation était perdue, il est vrai, mais de quelle valeur était dans le monde la réputation d'une petite meiciért;.
Une fois entrés dans l'intérieur de la cour, le duc et la jeune femme suivirent le pied de la muraille pendant l'espace d'environ vingt-cinq pas; cet espace parcouru, madame Bonacieux poussa nue l'etite porte de service, ouverte le jour, mais ordinairement fermée la nuit ; la porle céda ; tous deux entrèrent et se trouvèrent dans l'obscurité, mais madame Bonacieux connaissait tous les tours et détours de celte partie du Louvre, destinée aux gens de la suite. Elle referma les portes derrière elle, prit le duc par la main, fit quelques pas en tâtonnant, saisit une rampe, toucha du pied un degré, et commença de monter un escalier, le duc compta deux étages. Alors elle prit ;i droite, suivit un long corridor, redescendit un étage, fît quelques pas encore, introduisit une clef dans une serrure, ouvrit une porte et poussa le duc dans un appartement éclairé seulement par une lampe de nuit, en lui disant : o Restez ici, milord duc, on va venir, p Puis elle sortit par la même porte, qu'elle ferma ù clef,'''e sor'e que le duc se trouva liltéi'alement prisonnier.
Cependant, tout isolé qu'il se trouvait, il faut le dire, le duc de Buckingham n'é(iiouva pas un instant oe crainte; un des côtés saillants de sou caractère était la recherche de l'aventureux et l'amour du romanesque. Brave, h<irdi, entreprenant, ce n'était pas la première fois qu'il risquait sa vie dans de pareilles tentatives, il avait appris que ce prétendu message d'Anne d'Autriche, sur la foi duquel il était venu à Paris, était un piège, et, au lieu de regagne: l'Angleterre, il avait, abusant de la position qu'on lui avait laite, déclaré à la reine qu'il ne partirait pas sans l'avoir vue. La reine avait positivement refusé d'abord, puis enfin elle avait craint que le duc, exaspéré, ne fit quelque folie. Déjà elle était décidée à le recevoir et à le supplier de partir aussitôt, lorsque, le soir même de cette décision, madame Bonacieux, qui était chargée d'aller chcrcheBMe duc el de le mener au Louvre, fut enlevée. Pendant deux jours, on ignora complètement ce qu'elle était devenue, et tout resta en suspens. Mais une fois libre, une fois remise en rapport avec Laporlc, les choses avaient repris leur cours, el elle venait d'accomplir la périlleuse entreprise que, sans son arrestation, elle eût exécutée trois jours plus tôt.
Buckingham, resté seul, s'approcha d'une glace. Cet habit de mousquetaire lui allait i merveille. A trente-cinq ans qu'il avait alors, il passait à juste titre pour le plus beau gentilhomme et pour le plus élégant cavalier de France et (l'Angleterre. Favori de «feux rois, riche à millions, tout puissant dans un royaume qu'il bouleversait à sa fantaisie e calmait à son caprice, George Villicrs, duc de Buckingham, avait entrepris une de ces existences fabuleuses qui resten dans le cours des siècles comme un élonncment pour la pos lérité. Aussi, sur Je lui-même, convaincu de sa puissance, certain que les lois qui régissent les autres hommes ne pouvaient ratteindre. allait-il droit au but qu'il s'était fixe, c« Lut fiit-il si élevé el si éblouissant ■)ue c'eut été folie pour un autre que de l'envisager seulement. C est ainsi qu'il élau arrivé a s'approcher plusieurs fois de la belle et fîém Anne d'Autriche et à s'en faire aimer, à force d'ébiouisse ments.
George de Vllliers se plaça devant uue glace, comme nous l'avons dit, rendit h sa chevelure blonde les ondulations que le poids de son clia|ieaii lui avait fait perdre, I l'iroussa sa uiouslucbe, et, le cœur goulle de joie, lien-
LES TROIS JIOUSQUETAIRES.
»eHS eî lier de toucher au moment qu'il avait si longtemps désiré, se sourit à hii-mème d'orgueil et d'espoir.
En ce moment, une porte cachée dans la tapisserie s'ouvrit, et une femme apparut. Buckingliam vit cette apparition dans la glace; il jeta un cri, c'était la reine.
Anne d'Autriclie avait alors vingt-six ou vingt-sept ans, c'est-à-dire qu'elle se trouvait dans tout l'éclat de sa beauté. Sa démarche était celle d'une reine ou d'une déesse; ses yeux, (|ui jetaient des reflets d'émeraude, étaient parfaitement beaux, et tout à la fois pleins de douceur et de majesté. Sa bouche était petite et vermeille, et, quoique sa lèvre infi'ricure, comme celle des princes de la maison d'Autriche, avançât légèrement sur l'autre, elle était éminemment gracieuse dans le sourire, mais aussi profondément dédaigneuse daias le mépris. Sa peau était citée pour sa douceur Cl .von Telonté, sa main et ses bras èlnient d'une beauté surprenante, et tous les poëtes du temps les chantaient comme incomparables. EnOn ses cheveux, qui, de blonds qu'ils étaient dans sa jeunesse, étaient devenus châtains, et qu'elle portait fri.sés ires-clair et avec beaucoup de poudre, incadraient admirablement son visage, au(|upl le censeur le plus rigide n'eût pu souhaiter qu'un peu moins de rouge, et le statuaire le plus exigeant qu'un peu plus de tinesse dans le nez.
Buciviugham resta un instant ébloui ; jamais Anne d'Autriche ne lui était apparue aussi belle, au milieu des bais, des fêtes, des carrousels, qu'elle lui apparut en ce moment, vêtue d'une simple robe de satin blanc et accompagnée de ilona Estefania, la seule de ses femmes espagnoles qui n'eût pas été chassée par la jalousie du roi et par les persécutions de Ricbclie::.
Anne d'Autriche fit deux pas en avant : Buckingham se précipita à ses genoux, et, avant que la reine eût pu l'en empêcher, il baisa le bas de sa robe.
— Duc, vous savez déjà que ce n'est pas moi qui vous ai fait écrire.
— Oh! oui, madame, oui. Votre Majesté, s'écria le duc, je sais que j'ai été un fou, un insensé de croire que la neige s'animerait, que le marbre s'échaufferait; mais que voulezvous, quand on aime, on croit facilement à l'amour; d'ailleurs, je n'ai pas tout perdu à ce voyage, puisque je vous vois.
— Oui, répondit Anne, mais vous savez pourquoi et comment je vous vois, milord. Je vous vois par pitié pour vousmême; je vous vois parce qu'insensible à toutes mes peines vous vous êtes obstiné à rester dans une ville où, en restant, vous courez risque de la vie et me faites courir risque de mon honneur; je vous vois pour vous dire que tout nous sépare, les profondeurs de la mer, l'inimitié des royaumes, la sainteté des serments. Il est sacrilège de lutter contre tant de choses, milord. Je vous vois enfin pour vous dire qu'il ne faut plus nou.s voir.
— Parlez, madame, parlez, rcFne, dit Buckingham, la douceur de votre voix cotivre la dureté de vos paroles. Vous parlez de sacrilésfe ! mais le sacrilège est dans la séparation des creurs que Dieu avait formés l'un pour l'autre.
— Milord, s'écria la reine, vous oubliez que je ne vous ai jamais dit que je vous aimais.
— Mais vous ne m'avez jamais dit non plus que vous ne m'aimiez point, et vraiment nie dire de semblables paroles, «e serait de la part de Votre Majesté une trop grande ingratitude. Car, dites-moi, où trouveriez-vous un amour pareil au mien, un amour que ni le temps, ni l'absence, ni le désespoir ne peuvent éteindre; un amour qui se contente d'un ruban égaré, d'un regard perdu, d'une jiarole échappée? Il y a trois ans, madame, que je vous ai vue pour la première fois, et depuis trois ans je vous aime ainsi. Voulez-vous que je vous dise comment vous étiez vêtue la première fois que je vous vis? voulez-vous que je détaille chacun des ornements de votre toilette? Tenez, je vous vois encore : vous étiez assise sur des carreaux à la mode d'Espagne; vous aviez une robe de satin vert avec des broderies d'or et d'argent ; des manches petidantas et renouées sur vos beaux bras, sur ces bras admirables, avec de gros diamants; vous aviez une Iraise fermée,- un petit bonnet sur votre tête, de la couleur ao votre robe, et sur ce bonnet une plume de héron. Oh ! tenez, tenjz, je ferme les yeux, et je vous vois telle que vous ètiei alors ; je les rouvre, et je vous vois telle que vous êtes maiii' enant, c'est-«>dire cent fois dIus belle encore'
— Quelle folie! murmura Anne d'Autriche, qui n'avait pas le courage d'en vouloir au duc d'avoir si bien conservé son portrait dans son cœur; quelle folie de nourrir une passion inutile avec de pareils souvenirs !
— Et avec quoi voulez-vous donc que je viive ? je n'ai que des souvenirs, moi. C'est mon bonheur, mon trésor, mon espérance. Chaque fois que je vous vois, c'est jn diamant de plus que je renferme dans l'écrin de mon cœur. Celui-ci est le quatrième que vous laissez tomber et que je ramasse, car, en trois aus, madame, je ne vous ai vue que quatre fois : cette première que je viens de vous dire ; te seconde cliez madame de Chevreuse ; la troisième dans les jardins d'Amiens...
— Duc, dit la reine en rougissant, ne parlez pas de cette soirée.
— Oh! parlons-en, au contraire, madame, parlons-en: c'est la soirée heureuse et rayonnante de ma vie. Vous rappelez-vous la belle nuit qu'il faisait. Comme l'air était doux et parfumé, comme le ciel était beau et tout émaillé d'étoiles ! Ah ! cette fois, madame, j'avais pu être un instant seul avec vous; cette fois vous étiez prêle à tout me dire, l'isolenieul de vstre vie, les chagrins de votre cœur. Vous ètiei appuyée à mon bras; tenez, à celui-ci. Je sentais, en inclinant nia tête de votre côté, vos beaux cheveux effleurer mon visage, et, à chaque fois qu'ils l'effleuraient, je frissonnais de la tête aux pieds. On ! reine ! reine ! oh I vous ne savez pas tout ce qu'il y a de félicités du ciel, de joies du paradis, renfermées dans un moment pareil. Tenez, mes biens, ma fortune, ma gloire, tout ce qui me reste de jours à vivre, pour un pareil instant et pour une semblable nuit; car, celte nuit-là, madame, cette nuit-là, vous m'aimiez, je vous le jure.
— Milord, il est possible, oui, que l'influence du lieu, que le charme de cette belle soirée, que la fascination de votre regard, que ces mi3»j circonstances enfin qui se réunissent parfois pour perdre une Femme, se soient groupées autour de moi dans cette fatale soirée ; mais vous l'avez viv, milord, la reine est venue au secours de la femme qui faiblissait : au premier mot que vous avez osé dire, à la première hardiesse à laquelle j'ai eu à répondre, j'ai appelé.
— Oh ! oui, oui, cela est vrai, et un autre amour que le mien aurait succombé à cette épreuve ; mais mon amour, à moi, en est sorti plus ardent et plus éternel. Vous avez cru me fuir en revenant à Paris, vous avez cru que je n'oserais quitter le trésor sur lequel mon maître m'avait chargé de voilier. Ah ! que m'importent à moi tous les trésors du inonde et tous les rois de la terre 1 Huit jours après j'étais de retour, madame. Cette fois, vous n'avez rien eu à me dire; j'avais risque ma laveur, ma vie, pour vous voir une seconde; je n'ai pas même touché votre main, et vous m'avez pardonné en me voyant si soumis et si repentant.
— Oui, mais la calomnie s'est emparée de toutes ces folies dans lesquelles je n'étais pour rien, vous le savez bien, milord. Le roi, excité par M. le cardinal, a fait un éclat terrible; madame de Vernet a été chassée, Putange exilé; madame de Chevreuse est tombée en défaveor, et, lorsque vous avez voulu revenir comme ambassadeur en France, le roi lui-même, souvenez- vous-en, milord, le roi lui-même s'y est opposé.
— Oui, et la France va payer d'une guerre le refus de son roi. Je ne puis plus vous voir, madame, eh bien ! je veux chaque jour que vous entendiez parler de moi. Quel but pensez-vous qu'aient eu cette expédition de Rhé et cette ligue avec les protestants de la Rochelle que je projette': Le plaisir de vous voir. Je n'ai pas l'espoir de pénétrer à main armée jusqu'à Paris, je le sais bien, mais cette guerre pourra amener une paix; cette paix nécessitera un négociateur, ce négociateur, ce sera moi. On n'osera plus me refuser alors, et je reviendrai à Paris, et je vous reverrai, e( je serai heureux un instant. Des milliers d'hommes, il est vrai, auront payé mon bonheur de leur vie, mais que m'importera, à moi, pourvu que je vous revoie. Tout cela e.s( peut-être bien fou, peut-être bien insensé; mais, dites-moi, quelle femme a eu un amant plus amoureux, quelle reine a eu un serviteur plus ardent?
— Milord, milord, vous invoquez pour votre défense des choses qui vous accusent encore; milord, toutes ces preuves d'amour que vous voulez me donner sont pres^ius de» rrimes.
— Parce que vous ne m'aimez pas, madame; si vous m'aimiez, vous verriez tout cela bien autrement; si vous m'aimiez, oii ! mais si vous m'aimiez, ce serait trop de bonheur, et je deviendrais fou. Ah ! madame de Chevreuse, dont vous parliez tout é l'heure, madame de Chevreuse a été moins cruelle que vous. Ilolland l'a aimée, et elle a répondu a son amnur.
— Madame de Chevreuse n'était pas reine, murmura Anne d'Autriche vaincue malgré elle par l'expression d'un UDOur si profond.
— Vous m'aimeriez donc si vous ne l'étiez pas, vous, madame ; dites, vous m'aimeriez donc? Je puis donc croire que c'e.^t la dignité seule de votre rang qui vous fait cruelle pour moi; je puis donc croire que, si vous eussiez été madame de Chevreuse, le pauvre Biickinqham aurait pu espérer ? Merci de ces douces paroles, ohl ma belle Majc>ié, cent fois merci !
— Ah I milord, vous avez mal entendu, mal interprète: je n'ai pas voulu dire...
— Silence I silence ! dit le duc ; si je suis heureux d'un»
AU nom (lu ciel. Hilord, s'écria M"' iSonacieux, en prenant les épécs à pleines maint. — P ni i\i.
errt-i.r. n'ayez pas la cru*uté de me l'enlever. Vous l'avez dil vous-mome, on m'a i.tiré dans un piège; j'y laisserai ma vie, pcul-ctrc, car, tenez, c'est étrange, depuis quelque temps, j'ai des pressentiments que je vais mourir. Et le duc sourit d'un sourire triste et charmant à la fois.
— Oh I mou Dieu ! s'écria Anne d'Autriche avec un accent d'effroi qui prouvait quel intérêt plus grand qu'elle ne le voulait dire elle prenait au duc.
— Je ne vous dis point cela pour vous effrayer, madame, non; c'est mémi' ridicule ce que je vous dis. et croyez que je ne me préoccupe point de pareils rêves. Mais ce mol de ^«ui que vous venez de dire, cette espérance que vous
m'avez presque donnée, aura tout payé, fût-ce mAme mi
vie.
— Eh bien ! dit Anne d'Autriche, moi aussi, duc, moi, j'ai des pressentiments, moi aussi j ai des rêves. J'ai songé que je vous voyais couché sanglant, frappé d'une blessure.
— Au coté gauche, n'est-ce pas, et avec un couteau? interrompit Buckingham.
— Oui, c'est cela, milord. c'est cela, au côté gauche wee un couteau. Qui a pu vous dire que j'avais fait ce rêve? Je ne l'ai confié qu'à Dieu, et encore dans mes prières.
— Je n'en veux pas davantage, et vous m'aimez, madame ; c'est bien.
LES TROIS MOîySQtyËTAilRES.
— Je vous aime, moi ? ,
— Oui, vous. Dieu vous enverrait-il les mêmes rêves qu a moi, si vous ne m'aimiez pas? Aurions-nous les mêmes pressenlimenls, si nos deux existences ne se toucliaienl pas par le cœur ? Vous m'aimez, o reine, et vous me pleu-
— bSi mon Dieu ! mon Dieu ! s'écria Anne d'Autriche, c'est plus «lue je n'en puis supporter. Tenez, duc, au nom du ciel, partes, retirez- vous; je ne sais si je vous aime ou gi je ne vous aime pas; mais ce que je sais, c est que je ne
serai point parjure. - Prenez donc pilie de moi et partez. Oh 1 si vous êtes frappé en France, si vous mourez en France si je pouvais supposer que votre amonr pour moi fût cause de votre mort, je ne me consolerais jamais : j'en deviendrais folle. Partez donc, partez, je vous en sup-
^ '!l"0h ! que vous êtes belle ainsi ! Oh 1 que je vous aime ! dit Buckinsham. ,. . ,
— Partez! partez! je vous en supplie, et revenez pins tard : — revenez comme ambassadeur, revenez comme mi-
Anne d'Autriche et Buckingham. — Page M.
nistre, revenez entouré de gardes qui vous défendront, de serviteurs qui veilleront sur vous, et alors, — alors je ne craindrai plus pour vos jours, et j'aurai du bonheur à vous revoir.
— Oh ! est-ce bien vrai, ce que vous me dites I
— Oui...
— Eh bien ! un gage de votre indulgence, un objet qui vienne de vous et qui me rappelle que je n'ai point fait un rcve ; quelque chose que vous ayez norté et que je puisse porter à mon tour, une bague, un collier, une chaîne.
— Et partirez-vous, paftirez-vous, si je vous donne ce que vous demandez?
— Oui.
— A l'instant même ?
— Oui. . ,
— Vous quitterez la France, vous retournerez en Angleterre?
Oui, je vous le jure.
— Attendez, alors, attendez.
Et Anne d'Autriche rentra dans son appartement et en sortit presque aussitôt, tenant à la main un petit coiTret &k bois de rose à son chiffre tout incrusté d'or.
— Tenez, milord duc, tenez, dit-elle, gardez cela en mémoire de moi.
Buckingham prit le coffret et tomba une seconde fois à genoux.
— Vous ni'avei promis de partir, dit la reine.
— Et je tiens ma parole. Votre main, votre main, madame, et je pars
Anne d'Autriche tendit sa main en fermant les yeux et en s'appuyant de l'autre sur Estefania, car elle sentait que les forces allaient lui manquer.
Buckingham aopuya avec passion ses lèvres sur cette belle main, puis se relevant :
— Avant six mois, dit-il, si je ne suis pas mort, je vous snrai revue, madame, dussé-je bouleverser le monde pour cela.
El, 6déle à la promesse qu'il avait faite, il s'élança hors de l'appartement.
DaiK le corridor, il rencontra madame Bonacieux qui l'atloiidaîi et qui, avec les mêmes précautions elle même bonheur, le reconduisit hors du Louvre.