ACTE I, SCÈNE XV
golsme de notre amour ? Nous avons condamné <&> au malheur la femme que nous prétendions aimer le plus au monde , en attachant sa destinée à un homme, tandis qu'elle en aime un autre.
CA1IPAM Cl PÉRÈS.
Que veux-tu dire ?
JO A N NÉS
Qu'elle ne m'aime pas! résignée, soumise, elle m'abandonne sa main... mais non son cœur.
Il a parlé pour un de vous deux.
CAMPAM et PÉRÈS.
Est-il possible !
JO AN!? ES
Eh bien!., qu'elle le désigne, je lui abandonne tous mes droits.
NITELLA.
Ah ! Joannes, tant de générosité !
Qu'elle vous prouve, de quels efforts est capable le véritable amour, pour le bonheur de celle qu'il aime... Et maintenant parlez.
(NlteUa hésite encore.)
CAMPAM.
Que craignez-vous Xitella ? Nous comprenons la noblesse de son sacrifice et nous prouverons que nous sommes capables de l'imiter , tant est puissante et dévouée l'amitié qui nous lie.
(Nitella les regarde uu moment. Tous les trois Ils
la pressent de parler, elle tend la main à Péris et
se cache la tête dans le sein de Joannes. )
CAMPAM.
Nous, Joannes , si tu veux m’en croire , allons chercher dans la solitude de nos montagnes l’oubli de notre amour.
JO AN NÉS
Oh! le mien... je sens qu'il ne me quittera jamais. Je veux l’offrir à qui n’en repousse aucun , au consolateur de toutes les infortunes , de toutes les affections déçues, à Dieu... Oui, j’irai passer le reste de ma rie au fond d’un cloître.
(Un bruit lointain de clameurs se fait entendre.)