‹ Les trois muletiers mélodrame comique en trois actesChapitre 44 sur 60 · ACTE II, SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIV

A moi, l’épée. (Il arrache l’arme au cétc du marquis, avant que celui-ci ait pu songer à s’en servir.) LE MAnQUIS.

Appelle mes gens ?..

CAMPAM.

Ouvre la bouche , et je te poignarde...

MARIOL, sc faisant petit.

Sainte Vierge ! me voilà cerné comme Daniel dans la fosse aux lions.

CAMPAM , au marquis Où est ma cousine ?

JOANNES

Hors de la maison !.. sauvée , Je l’espère !

LE marquis, voulant sortir.

Arrière !

CAMPAM , à Mariol.

Mets les verroux.

MARIOL , obéit en tremblant Monseigneur, bien des excuses J’y suis forcé.

LE MARQUIS, violemment.

Brusquet, au secours , Jean, Joseph.

JOANNES, lui mettant un mouchoir sur la bouche.

Et silence. (A Campani.) Aide-moi. (Ib poussent de Méru sur un fauteuil , et l’y attachent avec la ceinture de Campani.)

M ARIOL , bas à l’oreille de Campani.

C’est mon billet qui vous a prévenu.

CAMPANI , de même Aide-nous maintenant à sortir d’ici.

MARIOL.

Impossible , tout le monde est consigné dans

l'hôtel. CAMPANI.

Eh bien ! nous nous en irons par où je suis venu. (A Joannes.} Viens , frère.

JOANNES, au marquis.

Oui , demander justice.

MARIOL, à part.

On les écoutera joliment !

CAMPAM, sur le balcon.

Je passe le premier pour te montrer le chemin.

(Il passe.)

PÉRÈS , sur le seuil de l’appartement eu babil de lieutenant du guet.

Le maître de 1’hôtel?

mariol, à l’écart

Le troisième frère!.. Ils y viennent tous.

LE MARQUIS

C'est moi, commandant. (Secouant ses membres et sa têie.) Ah! je repire... les drôles avaient serré en conscience.

pÉnÈs.

Je viens vous prévenir que les malfaiteurs arrêtés sont conduits au Grand-Châtelet

MARIOL, à part

Un beau chef-d'œuvre, tu peux t'en vanter.

LE MARQUIS

Pardieu , je vous remercie; ce sont des coquins que je veux faire pendre. (A part.) Avant qu’ils puissent porter plainte, j’ai heureusement des connaissances parmi les juges, (a Pérès.) Ordonnez , commandant qu’on les jette tout d’abord dans quelque cachot, et surtout qu'on les empêche de communiquer avec qui que ce soit , avant mon arrivée.

PÉRÈS , à un de ses hommmes qui l’accompagnait.

Tu entends : remonte à cheval.

(L’homme sort.)

LE MARQUIS

Pourvu qu'ils n'échappent pas à vos hommes en route. pérès.

Soyez tranquille ; ce ne sont pas mes hommes ; mais une patrouille du guet à pied qui les entraînaient déjà quand je suis arrivé sur la place , et je suis monté pour recevoir votre déposition.

LE MARQUIS

Je peux vous déclarer , commandant , que les drôles m'ont enlevé... un trésor.

mariol, à l’oreille de Pérès par derrière.

Le vôtre. pérès.

Hein!..

MARIOL, les mains jointes.

Ne me compromettez pas.

BRUSQUET, apportant une lettre que vient de lui ^ remettre un valet,

Une dépêche de M "* la duchesse de Chevreuse.

LE MARQUIS

J’ai pardieu bien le temps... Voyons cependant... (11 ouvre et lit.)

MARIOL, & Pérès.

Les deux hommes arrêtés sont vos frères.

PÉRÈS

Qu’est-ce que tu dis?

MARIOL , très bas.

I a vérité.

PÉRÈS

Quoi, ce coup de feu tiré, c’était?...

MARIOL , de même.

Su i’Vos frères.

LE MARQUIS, continuant de lire.

Cette femme est folle avec scs reproches.

PÉRÈS , se frappant sur le front.

Ah ! ce malheur me manquait...

• MARIOL.

A présent , Je me sauve,

PÉnÈS, sc précipitant après lui.

Ah ! courrons les délivrer !.. me

1 (Il sort précipitamment)

LE MARQUIS , sc retournant.

Eb bien ! qu’est-ce !.. Commandant, attendezmoi. (a Brusquet.) Ne le laisse pas partir. (Au valet.) Je répondrai à la duchesse, j’irai... si je peux... Qu’cst-ce que vous me voulez de plus. (Il le pousse par les épaules.) Lnisscz-moi tranquille. (11 voit Brusquet immobile.) Comment , tu n’as pas bougé ? Cet homme sera parti sans moi.

BRUSQUET , froidement

Je l’espère , monseigneur.

LE MARQUIS

Es-tu fou?

BRUSQUET

Cet homme que vous n’avez pas reconnu , c'est Pérès le navarrois... votre rival.

LE MARQUIS

Comment, c’était le navarrois Pérès.

brusquet.

Voulez-vous encore aller le rejoindre ?

LE MARQUIS , après un silence.

Allons rejoindre Chalais à Fontainebleau...

,Ça fera plaisir à la duchesse.

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