SCÈNE V
NITELLA, seule.
Tombée d’un vêtement de fiancée dans une robe de moine ! et , destinée bizarre , jetée des terreurs d’une odieuse cérémonie dans les embarras d’une conspiration... lorsque mon cœur et mes désirs m’emporteraient vers l'homme auquel j’allais faire le sacrifice de ma vie. Au moins, ici, je peux attendre et respirer... enfin. Je suis • libre ! libre ! rendue à l'amour de Pérès. Depuis que la terreur n’agite plus mes nerfs... je sens la fatigue qui m'accable. ( Elle s'assied sur le banc.) Taut de nuits passées les yeux ouverts , l’oreille attentive, dans la crainte de quelque surprise, de quchpic infamie ! (Elle s'accoude sur les coussins, et, pendanlcc qui suit, cherche vainement a combattre le sommeil qui finit par s’emparer d’elle. Cher Joannes, frère chéri , que ne dois-je point à ton ingénieuse affection qui m’a délivrée. Bon ange que le ciel a jeté sur le chemin de ma vie! Vivante preuve que le monde renferme de ces existences toutes de sacrifice dont Tunique bon- } heur ici-bas est de faire le bonhéur des autres !..
Pour ées tendres âmes si dévouées, ô mon Dieu, i et si peu payées de leur dévouement, quelles ré- 1 compenses inconnues vous devez tenir en ré- | serve! (Elle s’endort.)