SCÈNE VII
MTF.LLA , endormie; LE MARQUIS.
LE MARQUIS, la considérant.
C’est pardieu bien elle sous l'étamine de ce capuchon. (Il s’approche et lui prend la main.) Ses > doigts frémissent sous les miens, (il penche la tétc ! vers elle.) Un sourire brille sur ses lèvres.
NI tell a , endormie.
Pérès, mon Pérès!
LE M AnQl'IS.
Eh bien ! va pour Pérès.
MTF.LLA, de même.
Nous voilà réunis.
LE MARQUIS
Oui, chère âme. (En riant.) Pour quelques minutes. NITELLA, de même.
Ah ! que je te presse encore contre mon cœur!
LE MARQUIS, l'entourant d’un de ses bras.
Volontiers, mon ange. (Rapproche de lui la tête delà jeune fllie et l'appuie sur son épaule.) Mais, ouvre donc tes yeux, que j’y lise tout ton amour.
MTF.LLA , s’éveillant.
Pérès! (Avec stupeur.) Ce n’est pas lui !
LE MARQUIS
Vous vous trompiez de nom , idole de mon âme ; de nom , seulement.
NITELLA.
Encore cet homme!..
Dans les bras d’un amant enivré !
(Il l’attire tout-à-fait à lui.)
NITELLA, le repoussant.
Horreur!
LE MARQUIS
Ah ! belle Andalouse, vous exagérez!..
NITELLA.
Laisscz-moi... )aissez-moi.
LE marquis, la contenant
Vous n’étes pas la plus forte... allons, je serais désolé de meurtrir ces bras délicats.
MTF.LLA , s’efforçant de glisser de ses bras.
J’embrasse vos genoux.
LE MAIIQL'IS, la retenant
Je ne souffrirai pas... Ce serait à moi d’être aux vôtres. nitella.
Grâce... je vous demande grâce ! au nom de ce que vous avez de plus cher.
LE MARQt'IS.
Rien ne m’est plus cher que vous. Et e’est moi qui vous supplie de ne pas prolonger davantage une résistance... (En riant.) inutile.
NITELLA.
Prenez garde, monseigneur, vous ne savez pas encore ce dont une Ksjtagnolc est capable.
LF. Marquis, plus pressant.
Et j’ai toujours eu envie de le savoir. (Ellesc dégage par un effort désespéré, prend un stylet retenu à sa jarretière et pendant que le marquis, qui n’a pas vulc mouvement, la ressaisit par le bras gauche en s’écriant) Vienne la vengeance après le Iwnheur !
NITELLA , le frappant de son stylet
Avant, monseigneur, avant (Le marquis lâche le bras qu'il tenait, porte sa main à sa poitrine, et la jeune fille, qui le regarde avec effroi , se sauve en criant.) Mon Dieu, mon Dieu, ce n’est pas ma faute , pardonnez-moi. (Elle disparaît. )