‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 10 sur 97 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

MADAME BERTRAND

Voyez comme ma fille est radieuse!. Eli mais, riez donc, mademoiselle!

GEORGETTE

Je fais ce que je peux, maman.

' ’ BERTRAND

C’est pourtant à vous, monsieur Després, que nous devons l’acquisition de notre gendre.

MADAME BERTRAND

M. Després ne ressemble pas à tant d’autres. Parce qu’il fréquente les hautes sociétés, il ne dédaigne pas les bourgeois.

DESPRÉS

Braves et honnêtes gens que vous êtes ! Lancé dans le tourbillon du grand monde, je vois toutes les supériorités de la capitale... Je dine même chez elles... Pourquoi ? parce que l’amitié et l’appétit sont naturellement de tous les quartiers : n’est-ce pas, papa Bertrand ? Mais après avoir quitté les hôtels de l’aristocratie, après avoir fait le wisk de la marquise d’Olmare, quand j’ai vu tout ce que la finance a de plus brillant, quand j’ai fait les honneurs du salon de M. Martigny, c’est chez vous que je viens me délasser des fatigues de l’étiquette, et retrouver cet abandon, cette franchise et ces

mœurs patriarehales qu’on ne rencontre plus que dans le commerce! ... Bons et modestes citoyens! voilà qui va vous payer de toutes vos vertus! Je vous donne un gendre distingué par les qualités de l’ame et de l’esprit, un homme qui a fait sa fortune et son instruction dans de longs voyages, qui a visité Buenos-Aires, Santa-Fé et Caracas, qui vient d’attacher son nom à l’émancipation du Nouveau-Monde, un homme qui a vu Bolivar... Car, vous ne le savez peut-être pas, madame Bertrand, il a vu Bolivar!....

MADAME BERTRAND

Entends-tu, ma fille?

DESROSIERS, bas à Despres.

Ne me vantez donc pas tant..., ils tiendront encore plus à moi.

V » ■ Bertrand.

Nousrendons justiccauméritedeM, Desrosiers; mais il ne fait pas un trop mauvais mariage!...» Georgette a été élevée avec les premières demoiselles de Paris. . . une éducation de princesse! parce que, maintenant,

la fille d’un marchand de nouveautés Dame ! c’est

que! ... autrefois les négocians en étoffes avaient tout au plus trois ou quatre commis qui se promenaient les bras croisés dans la boutique. Aujourd’hui, quinze,

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