‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 4 sur 97 · DESPRÉS, DESROSIERS · texte numérisé non relu

DESPRÉS, DESROSIERS

( ils enlrcnt par la porte à gauche. )

DESPRÉS

Arrivez donc , monsieur Desrosiers , arrivez donc ! on vous appelle, on vous désire!...

DESROSIERS

Vous êtes bien pressé', mon cher Després?

DESPRÉS

Il me semble que vous devriez l’être plus que moi !

vous êtes le marié, et je ne suis que le témoin! Il est Les Trois Quartiers. 2

vrai que le modeste emploi de témoin présente plus de sécurité pour l’avenir! ... Ce n’est pas aujourd’hui : jamais mariage s’annonça-t-il sous de plus heureux auspices? On vous apporte tous les élémens du bonheur; d’abord, une belle dot!...

DESROSIERS

Ma femme a du mérite, je n’en disconviens pas

Mais je suis riche aussi.... et je connais tout le prix de ma fortune, parce que je l’ai gagnée ! Mon histoire est toutesimple. J’avais à peine vingt ans, lorsqu’au milieu du bouleversement général il me prend envie de m’expatrier ; je pars, je m’embarque et je vogue vers l’Amérique méridionale. J’ai travaillé, j’ai fait le commerce

avec les nouvelles républiques, je me suis enrichi

Après douze. ans d’absence, je reviens, je rencontre mon ancien ami Després... Je lui dis: Mon cher ami, me voilà! Je ne connais plus la France, je suis presque

un sauvage; mais on est sauvage et on se marie

Cherchez-moi donc une femme qui me convienne. . . . et surtout trouvez-inoi de l’argent !

DESPRES.

Eh bien! qu’est-ce que j’ai fait? Moi, qui vois toutes les classes de la société; moi, qui suis le protecteur du commerce, l’ami de la Banque, le protégé de la no-

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