DESPRÉS, DESROSIERS
( ils enlrcnt par la porte à gauche. )
DESPRÉS
Arrivez donc , monsieur Desrosiers , arrivez donc ! on vous appelle, on vous désire!...
DESROSIERS
Vous êtes bien pressé', mon cher Després?
DESPRÉS
Il me semble que vous devriez l’être plus que moi !
vous êtes le marié, et je ne suis que le témoin! Il est Les Trois Quartiers. 2
vrai que le modeste emploi de témoin présente plus de sécurité pour l’avenir! ... Ce n’est pas aujourd’hui : jamais mariage s’annonça-t-il sous de plus heureux auspices? On vous apporte tous les élémens du bonheur; d’abord, une belle dot!...
DESROSIERS
Ma femme a du mérite, je n’en disconviens pas
Mais je suis riche aussi.... et je connais tout le prix de ma fortune, parce que je l’ai gagnée ! Mon histoire est toutesimple. J’avais à peine vingt ans, lorsqu’au milieu du bouleversement général il me prend envie de m’expatrier ; je pars, je m’embarque et je vogue vers l’Amérique méridionale. J’ai travaillé, j’ai fait le commerce
avec les nouvelles républiques, je me suis enrichi
Après douze. ans d’absence, je reviens, je rencontre mon ancien ami Després... Je lui dis: Mon cher ami, me voilà! Je ne connais plus la France, je suis presque
un sauvage; mais on est sauvage et on se marie
Cherchez-moi donc une femme qui me convienne. . . . et surtout trouvez-inoi de l’argent !
DESPRES.
Eh bien! qu’est-ce que j’ai fait? Moi, qui vois toutes les classes de la société; moi, qui suis le protecteur du commerce, l’ami de la Banque, le protégé de la no-