‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 5 sur 97 · ACTE 1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I

blesse; moi qui connais l’intérieur de toutes les familles, et qui pourrais même, $u besoin, faire la biographie des demoiselles à marier... J’ai promis de vous improviser une union convenable! ai-je tenu ma parole? Après avoir modéré vos prétentions qui s’élevaient un peu trop haut, je vous ai présenté chez M. Bertrand, le respectable doyen des marchands de nouveautés de la rue Saint-Denis. "Vous avez demandé la main de sa fille ; on s'est empressé de vous l’accorder; Vous signez le contrat aujourd’hui... Je crois que vous

n’avez pas à vous plaindre Et lorsqu’en moins de

quinze jours, on se trouve marié... pour ainsi dire au débotté...

DE^ROSIERS

Oui, mon cher... Oui , je vous ai déjà bien des obligations, mais je me trouve peut-être en position de yous en avoir encore de plus grandes !

DESPRÉS

Parlez ; de quoi s’agit-il? Vous savez que je ne me

rebute pas facilement Les méchans m’appellent

intrigant; je les laisse dire ! mais je les défie bien de m’appeler égoïste! Egoïste! je ne sollicite jamais que pour les autres. Reçu dans les premières maisons de Paris, je me contente de mon revenu auquel je ne

louche pas; et pour prix des services de toute nature que je rends aux grands comme aux petits, je ne demande qu’un accueil amical, des invitations, des dîners, des cadeaux, des décorations! Je n’ai pas encore pu attraper la croix d’honneur, mais j’ai deux croix de Russie et l’ordre de l’Eperon d’or : c’esttou-

jours quelque èhose ! . . . .

' k DESROSIERS.

Mon cher Després, je n’ai pas de grands cordons à ma disposition , mais vous savez que ma reconnais-' sanee..^ <

DESPRÉS

Je suis à vos ordres.

Personne ne peut nous entendre?

DESPRES y allant k l'escalier.

Personne ! le magasin est dans son coup de fetf-

Yolre jolie future, mademoiselle Georgette, s’amuse à tenir les livres de commerce, dans le petit cabinet grillé; madame Bertrand, au comptoir, reçoit l’argent et rend l’appoint; le père Bertrand commande la manœuvre à la moitié de ses commis, qui déploient, mesurent et emballent les marchandises, tandis que Vautre moitié est en course pour les porter aux quatre

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