LA MARQUISE, LA COMTESSE
LA COMTESSE
Non, ma tante, parce que nous logeons ensemble , nous ne sommes pas forcées d’aller ensemble aux mêmes bals! ... •
LA MARQUISE
Comment n’étiez-vous pas chez le banquier Mar-
tigny? vous, la comtesse de Montfort; vous qui avez les idées du siècle , qui partagez les principes et les. opinions de tout ce monde-lài ...
LA COMTESSE
Comment y étiez-vous, ma tante? vous, la marquise d’Olmare , qui regardez en pitié ces parvenus , ces enrichis de la Chaussée-d’Anlin ?
LA MARQUISE
J’y ai été , parce que tout Paris devait y être ; et , après tout, nous sommes de Paris! D’ailleurs, on-üc peut rien me reprocher, j’y suis venue a^ec le vieux duc?.
LA COMTESSE
Et ce b»l étoit sans doute magnifique?
LA MARQUISE
Un luxe étourdissant!.. Je ne sais pas où ils prennent tou tîeur argent! Ces femmes de finance avaient des toilette^du meilleur goût.... c’était scandaleux!
LA COMTESSE
* Et le maître de la maison? je le vois faisant les honnêtes avec ostentation... jouant le rôle d’un grand sçigneur... aussi fier qu’un ancien duc et pair.
t LA MARQUISE.
Je l’ai à peine aperçu ; ce n'est pas pour lui que j’ai- -lais chez lui.
LA COMTESSE
Je vous avoue que je le trouve si vain, si important, si dédaigneux, même pour ceux qui n’ontpas une fortune égale à la sienne! (Ap»n.) Quand je pense à notre discussion d’avant-hier ! ,(H»ui.) Voilà le motif qui, indépendamment d’une forte migraine , m’a empêchée d'aller à son bal.