‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 65 sur 97 · ACTE III, SCÈNE I. 10Ô · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. 10Ô

LA MARQUISE

J’ai vu sa sœur, mademoiselle Jenny! ... tantôt d’une gaité loi le, tantôt....

p LA COMTESSE.

Ah ! ne dites pas de mal de Jenny ; c’est mon amie : elle est encore tlouee et bonne cdhnme elle l’était en pension ! son seul tort est d’avoir un frèçe si détestable.

LA MARQUISE

Elle s’est presque affichée en dansant avec notre cousin le vicomte.

LA COMTESSE

Eh bien ! quel mal ?

LA MARQUISE

Si c’est ainsi que le petit colonel courte assoupir son affaire! toujours fourré à la Chaussée-d’Antin! J’ai tort de le protéger, car il parait qu’il s'est très mal conduit; mais on se doit à sa famille, et ‘'j’arran- « gérai cela avec le bon vieux duc, qui fait tout ce que je veux!.... Maintenant, parlons d’une autre affaire ; car je voulais causer avec vous de bonne heure ; mais j’ai eu trente solliciteurs, vin^t marchands à la suite les uns des autres. Ce petit commis de la rue Saint- Deftis, qui m’a apporté des étoffes et qui m’a fait ba-

varder! ... J’ai encore trente courses à faire dans la matinée, et je ne veux pas manquer la grande revue. Voyons, ma nièce; vous savez que toute la famille, et moi surtout , nous tenons beaucoup» à vous voir remariée.

• "LA COMTESSE

Encore me parler de mariage !

i LA MARQUISE.

Oui , ma nièce ; écoutez-moi. J’ai obtenu des places pour tous nos parens.... ce sont de très bons commencemens fmais cela ne suffit pas. Il faut que mon frère, le maître des requêtes , devienne conseiller d’Etat; que son fils, le substitut, devienne avocat-général ; que le chevalier soit nommé receveur ; que le grand-vicai^fe soit nommé évêque !... Il faut une lieutenance à Ferdinand , et un jnari à sa sœur! Pour que toutle monde soit casé, j'ai du crédit, c’est très bien!... mais, M nous trouvions une belle fortuné, tout n’en irait que mieux et beaucoup plus vite! Je ne vois qu’un moyen , c’est que vous fassiez^un riche mariage, que vous épousiez un million , deux millions!... Avec ses grands biens, votre mari pourrait nous aider, nous cautionner, nous doter; cela vie l’empêcherait pas de continuer ses spéculations et de s’enrichir encore’. —

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