ACTE J, SCÈNE
un rempart de grand’s mamans et de douairières hérissées de morgue et de vanité, et qui n’abaisseraient leur orgueil que devant des fortunes colossales... Et vous n’en êtes pas encore là! . . 11 vous faudrait passer sur unpontd’or, pour arriver au noble faubourg!.. Croyez moi, monsieur Desrosiers, croyez-en mon expérience, vousn’êtes mariable que sur la rive droite de la Seine !
DESROSIERS
Puisque vous me l’assurez... A quoi sert donc l’argent? Ehbien! donnez-moi unefilled’agent-de-change?.
DESPRES.
De votre temps, il y a douze ans, les agens-de-change avaient des filles ; mais ils n’en ont plus !
DESROSIERS
Comment! ils n’ont pas de filles?
Us sont tous si jeunes ! c’est tout au plus s’ils ont des femmes! Dans le notariat, je n’ai rien de disponible pour le moment... Mais attendez: au lieu de tâtonner et de chercher au hasard, pourquoi n’irions-nous pas droit à la source des richesses? Quoique absent de France, vous avez entendu parler d’un des plus riches et des plus honorables banquiers de la capitale, le jeune M. Marligny?
• DESROSIERS
J’ai été en correspondance avec lui
DESPRÉS
Voulez-vous adorer sa sœur?
’ DESROSIERS
Je ne demande pas mieux.
DESPRÉS
Dix-neuf ans, des grâces, de l’esprit, cinq cent mille francs, deux beaux yeux !... Le tout en commandite dans la maison de son frère!...
DESROSIERS
Ah! mon ami! des grâces, cinq cent mille francs! Vous savez que je suis vif et hardi dans tout ce que j’entreprends! — Si vous arrangez cette affaire, vous , pouvez compter... •
DESPRÉS
M. Martigny donne ce soir un grand bal.... Je vais sur-le-champ lui parler et entamer la négociation, tandis que vous, vous romprez avec ces petites gens! ...
- •* DESROSIERS
Rompre! voilà le difficile. Les choses sont si avancées! Ufautdesménagemehs:unéclatpourraitmenuire.
DESPRÉS. ' ’
v On se tire de tout avec de l'esprit!....