Les Trois races
Cet ouvrage a été publié, une première fois, dans un journal quotidien de Paris (1), sous le titre des Trois Races, puis, en volume, sous celui de l'Angleterre et l'Allemagne en France, de l'influence des idées anglaises et germaniques sur l'esprit français; il reparaît aujourd'hui avec son premier titre : Les trois races, les Anglais, les Allemands, les Français.
(1) Le Pays.
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L'histoire de ce petit livre ne serait pas une des pages les moins curieuses de l'histoire littéraire de ce temps : deux jugements d'arbitres; — une menace de duel; — le manuscrit perdu dans les bureaux du journal; — la publication ne commençant qu'après une note explicative de la rédaction,
— arrêtée dès le milieu du premier chapitre,
— reprise par voie d'huissier, — interrompue de nouveau, — reprise encore par le même moyen; — comparution devant le tribunal de commerce ; — refus du journal d'insérer la Conclusion et décision conforme du tribunal ; — saisie de l'ouvrage trois heures après qu'il a paru en volume; — examen du livre; — permission enfin, au bout de huit jours, de le mettre en vente:
voilà les phases par lesquelles il a passé de 1852 à 1854.
Toute cette opposition venait d'un malentendu : on prenait l'ouvrage pour un acte d'hostilité contre des peuples" voisins; tel n'était pas le but de l'auteur. Sous forme d'études morales, et en s'appuyant sur l'au-
torilé des faits, il exposait une théorie philosophique, un système, selon le mot d'un critique. Il ne s'agissait pas de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la France, mais des différents caractères d'hommes positifs, poétiques ou raisonnables; l'auteur appelait les uns Anglais, les autres Allemands, les troisièmes Français; il eût pu tout aussi bien les appeler Romains, Carthaginois ou Athéniens.
Celte façon de parler, du reste, est depuis longtemps dans le domaine public; que de fois n'a-t-on pas entendu dire : Il est positif comme un Anglais? d'une utopie : ce.
n'est qu'une rêverie Allemande? et d'un esprit net, ouvert, primesautier : c'est un vrai Français? n'a-t-on pas appelé Franklin, le plus Français des Américains? 11 n'y a donc là rien d'agressif ni de paradoxal; seulement, à cette idée devenue presque un lieu commun, l'auteur a donné une forme nouvelle; cette vérité il l'a examinée dans ses applications à la religion, à la philosophie, à la politique,"aux lettres et aux arts, etc. Aujour-
d'hui il a la conflance que le public ne s'y trompera pas : ce ne sont pas trois peuples qui sont ici en question, mais trois types d'hommes.