ACTE I, SCENE III
mais l'homme qui, dans l'alternative, balancerait une heure , un seul moment.
JULTE.
Quel caprice!
LYDIE
Julie m'accuse de caprice ! Je croyais que Fakland l'avait un peu accoutumée au caprice.
JULIE
Ce n'est J)as pour ses défauts que je l'aime.
LYDIE
A propos! avez-vous envoyé chez lui?
JULIE
Non, le départ du colonel Absolu a été si soudain.
LYDIE
Que vous êtes heureuse sous sa tutelle, vous ne dépendez que de vous ! Mais ne vous-ctcs vous pas soumise à un autre esclavage , la jalousie de Fakland? Il ne sera jamais votre mari tant que vous lui permettrez d'être tout aussi impérieux comme amant.
JULIE
La mort seule de mon père a retardé notre hymen. Quant à son caractère, il est trop lier pour être jaloux; s'il querelle, c'est qu'il ne sait pas feindre : il est triste parfois, mais il l'est sans rudesse. Ses caprices, je l'avoue, m'ont coûté quelques jours malheureux; mais ne lui dois-je pas le retour le plus tendre pour ces défauts qui naissent de l'excès de son amour?
LYDIE
Soyez sincère, Julie ; s'il ne vous eût pas sauvé la vie quand vous alliez périr sous les flots , lui seriezvous attachée comme vous l'êtes ?
JULIE
Je l'aimais quand la reconnaissance vint ajouter h
s LES TROIS RIVAUX.
ma Icntlressc. Cependant, ne serait-ce pas une obligation assez grande....?
LYDIE
Obligation! Un barbet en aurait fait autant; je n'aurais pas songé à donner mon cœur h un homme parce qu'il aurait su nager.
3ULIE.
Vous êtes un peu légère , Lydie.
LYDIE
Je plaisante Qui vient donc?