‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 16 sur 85 · J,ES TROIS RIVAUX · texte numérisé non relu

J,ES TROIS RIVAUX

goreiises; qu'elle touchât à ces mathématiques, astronomiques inslrumens d'un autre sexe qu'on étale dans tous nos athénées. Mais je l'enverrais , à neuf ans , dans une pension déjeunes demoiselles, pour apprendre un peu d'ingénuité et d'artifice. Je voudrais qu'elle y prît une teinte lé:;ère d'arithmétique pour n'être p;is trompée par sa marchande de modes; mais surtout qu'elle fut experte en fait d'orthodoxe, pour ne pas mal appliquer les mots aux choses, l'ordinaire défaut des jeunes filles; qu'elle comprît enfin ce qu'elle dit.

LE COLONEL

Mais, Madame, h l'article important. 11 n'y a pas de difïicullé quand je propose mon fils ?

MADAME NÉOLOG.

Nulle, colonel. Lydie s'obstine ù refuser M. Desacres. Votre fils est spirituel , aimable. Peut-être qu'il réussira mieux.

LE COLONEL

Eh bien ! Madame , je vais lui écrire à l'instant même. 11 ne sait pas un mot de mon plan , bien que je l'aie depuis un mois dans la tête.... Au moment où je parle il est à son régiment.

MADAME NÉOLOG.

Nous n'avons jamais vu votre fils; mais de sa part , j'e.-pèrc. ...

LE COLONEL

Ah! qu'il résiste, s'il l'ose! Non, non. Madame, mon fils sait que la moindre contradiction me met sur-le-champ en fureur. Mon procédé fut toujours très-ffimple. Qtiand il était enfant : « Jack, fais cela. » S'il hésii;iit, un soulllet le renversait par terre, et s'il grondait, je Iç faisais sortir de l'appartement.

MADAME NÉOLOt;.

Excellent , colonel, excellent! Rien ne nous concilii^, la jeunesse comme la sévérité. Allons ! je vais doa-

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