SCENE PREMIERE
LE CAPITAINE, FAG.
FAG.
MoivsiEiiR , le colonel votre père est venu pendant que vous étiez sorti.
LE CAPITAINE
Qu'a-t-il dit en apprenant que j'étais ici?
FAG.
De ma vie je n'ai vu un barbon plus étonné.
LE CAPITAINE
Que lui avez-vous répondu ?
FAG.
J'ai menti , Monsieur. Je ne me rappelle pas précisément le mensonge ; mais vous pouvez être sur qu'il n'a pas su de moi la vérité. Cependant , Monsieur, crainte de quelque bévue à l'avenir, fixons, s'il vous plaît , ce qui vous attire à Bath. Nous mentirions avec un peu plus d'harmonie. Les domestiques ont été curieux , très-curieuît.
iG LES TROIS RIVAUX.
LE CAPITAINE
Vous n'avez rien dit?
FAG.
Oh! pas un mot... Thomas, son cocher, que je liens pour le plus discret de son espèce....
LE CAPITAINE
Morbleu ! maraud , vous ne lui avez rien confié ?
FAG.
Non, Monsieur; non , non , sur ma v^-racilé! Il a été un peu qiieslionncur, mais j'ai été rusé , diaLlcment rusé! Mon maîlre , lui ai-je dit, est venu à Balh pour
recruter Oui, Monsieur, j'ai dit pour recruter. Et
que ce soit hommes, argent, femme ou santé, pendant la saison des eaux....
LE CAPITAINE
Recruter fera l'affaire; soit.
FAG.
Oh 1 merveilleusement. Pour donner un air à la chose , j'ai ajouté que vous aviez déjà enrôlé dix commis léformés , vingts petits joueurs h la baisse, et trente garçons de libraires ruinés par des pamphlets.
LE CAPITAINE
Butor , n'en dites jamais plus qu'il ne faut.
FAG.
Je vous demande pardon. Monsieur, je vous demande pardon ; vu mensonge n'est rien si un autre ne l'appuie-
LE CAPITAINE
N'avez-vons point appris si mon ami Fakland est de retour?
FAG.
Il s'habille.
LE CAPITAliNE.
Sail-il que mon père et miss Molville sont arrivés?