‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 35 sur 85 · LE CAPITAINE, LE COLONEL · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE, LE COLONEL

LE CAPITAINE, à part.

Assez bizarre , ma foi ! mon père veut me forcer d'épouser la personne que je médite d'enlever ! Mais qu'il ignore ma liaison avec elle quelques jours encore. Sa manière de procéder dans ces matières est trop prompte. D'abord , allons nous rétracter. Ma conversion paraîtra soudaine; mais je peux lui attester qu'elle est très-sincère. Il vient. Comme il a l'air bourru !

LE COLONEL, à part.

Je mourrai plutôt que de lui pardonner. Que dis-je mourir? je veux vivre cinquante ans pour le désoler. A ma dernière entrevue son impertinence m'a mis presque hors de moi. Enfant obstiné , colère ! à qui peut-il ressembler ? C'est la récompense de l'avoir mis au monde avant ses frères et sœurs, envoyé à douze ans se faire tuer , à la suite d'un régiment ! Je ne le reverrai jamais! jamais ! jamais ! jamais ! jamais !

LE CAPITAINE, i part.

Composons mon visage.

LE COLONEL

Eloignez-vous!

Je venais , Monsieur , avouer ma faute et me soumettre.

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