SCENE PREMIERE
UN COCHER, traversant le, théâtre; FAG, venant à sa rencontre.
FAG.
Quoi! Thomas ! Eh! c'est lui!
LE COCHER
Touche là , mon vieux camarade.
FAG.
Qui jamais eût pensé de te trouver à Bath?
LE COCHER
Le colonel Absolu, sa jolie pupille, les chevaux, moi, nous arrivons tous à la minute.
FAG.
Vraiment !
LE COCHER
Le colonel goûtait à peine un instant de repos, qu'il a craint une visite de la goutte , sa vieille ennemie; fouette, cocher, pour la chasser bien vite; en un clin d'œil, nous voilà lotis partis.
FAG.
Expédilifen tout, ou ce ne serait pas le colonel
Absolu.
LE COCHEP..
Mais comment se porte son fils, le capitaine? Le colonel va tomber de son haut d'apprendre son séjour à Bath.
Je ne sers plus le capitaine Absolu.
LE COCHER
Dis-tu vrai?
FAG.
Je suis employé par l'enseigne Béverley.
LE cocher;
Ce n'est pas changer pour le mieux.
FAG.
Je n'ai pas changé.
LE COCHER
Ouais!
FAG.
Pour ne pas t'iutriguer, le capitaine Absolu et l'enseigne Béverley sont... une seule et même personne.
LE COCHER
Quelle fantaisie dans ton maître de vouloir passer pour enseigne? Passe encore pour général.
FAG
Là gît tout le mystère. Ecoute : mon maître est épris d'une beauté d'un goût fort «ingulior; elle l'aime mieux enseigne que capitaine, fils, héritier d'un baronnet, jouissant, comme tu sais, de cinq mille guinées de revenu.
LE COCHER
Goût bizarre en effet. Mais est-elle riche ?
FAG.
Elle possède, je crois, la moitié de nos effets publics.