ACTE IV, SCENE X
Julie Je l'ai traitée avec une rigueur! Je ne puis
être à moi qu'après mon pardon.
Un ange pour la douceur! Vous ne la méritez pas, Fakland.
[Un domestique remet une lettre à Fakla?id.)
FAKLAND.
De Julie ! je trembla de l'ouvrir. C'est un dernier adieu.
LE CAPITAINE
Voyons. {Ouvrant la lettre.) Dernier arrêt!
FAKLAND.
Ah ! dites.
LE CAPITAINE lit.
« Comme je suis convaincue que les réflexions de »mon cher Fakland l'ont assez puni, je n'ajouterai
«qu'un mot Je désire lui parler sans retard. Sa
«fidèle Julie. » Voilà ce qui s'appelle du ressentiment! Vous ne paraissez pas plus heureux ?
FAKLAND.
Oh , oui , je le suis ! Mais, mais.
LE CAPITAINE
Que le ciel vous confonde avec vos 'mais ! jamais bonheur ne vous arrive que vous ne le gâtiez par un mais.
FAKLAND.
Mais n'y a-t-il pas je ne sais quoi d'un peu libre dans celte hâte à pardonner? Les femmes ne devraient jamais demander un raccommodement, ^nais l'attendre de nous.
LE CAPITAINE
Je perds patience h vous écouter.... Souvenez-vous que je vous attends à six heures. Un pauvre diable comme moi , après tant de soins, tout-à-coup emporté loin du but par la folie d'une femme et un duel
on lui permet de se plaindre ! Mais un grondeur, un jaloux , qui ne trouve d'obstacles que ceux qu'il a créés, c'est un sujet, mon cher, plus risible que digne de pitié! [Il sort.)