MOBT DE FRÉDÉRIC CHOPIN
perdu dans le mystérieux rayonnement d'un autre monde.
Et, quand cette voix se tut, on entendit les paroles graves du prêtre, ce dernier consolateur des croyants. Chopin reçut le viatique avec ferveur, il tendit ses pieds â l'onction sainte; puis il fit à la princesse Marceline et à mademoiselle Élise Gavard signe de s'incliner vers ses lèvres : Vous ferez de la musique ensemble, dit-il ; vous penserez à moij et je vous écouterai. Il se tourna aussi vers Franchomme : Vous jouerez du Mozart en mémoire de moi.
Les journées du lundi et du mardi s'écoulèrent dans cette attente cruelle de l'Instant suprême. Sa pauvre poitrine, qui se soulevait avec effort, indiquait seule qu'il restait encore en lui un soufflede vie. Dans la nuit du mardi au mercredi 17 octobre, le docteur Cruveilhier approcha un flambeau de la figure du moribond. « Souffrez- vous beaucoup? » demanda-t-il.— « Plus, » fit Chopin.
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Un instant après, il rendait le dernier souffle. Il était trois heures du matin. A peine eut-on refermé ses paupières, qu'on ouvrit les portes du salon voisin à deux battants; une foule anxieuse d'amis le remplissait. « Il n'est plusl » Et Ton s'approchait du lit mortuaire et les pleurs coulaient. Déjà la mort sculptait les traits du maître et leur rendait leur radieuse beauté. Il dormait, bercé d'un doux rêve, du rêve éternel. Sa figure, ravagée par la souffrance, avait recouvré tout le charme de la jeunesse. /
Dès le lendemain, sa chambre fut jonchée de fleurs, ses draps disparaissaient sous les violettes qu'il aimait tant. Ses obsèques n'eurent lieu que le 30 octobre. Il avait fallu l'autorisation de l'abbé Deguerry, pour que des voix féminines retentissent sous les voûtes de la Madeleine. Il avait demandé que le Requiem de Mozart berçât son dernier sommeil. Madame Viardot-Garcia
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