En français dans le texte
donner mes compagnons de voyage I Je remerciai donc mes hôtes et me confondis en excuses. »
Il partit, en effet, comme il l'avait annoncé. Son premier soin, à son arrivée à Dresde, fut de remettre lui-même au maître de cérémonies, baron de Friesen, le billet du général Leiser. De si hautes protections lui rapportèrent peu de profit. Le baron l'accueillit de la manière la plus civile du monde ; et ce fut tout. Non, je me trompe; il le présenta à mademoiselle Peschwell qui passait pour être la première pianiste de la ville. Aussi les beautés de la nature l'occupèrentelles bien plus que celles de l'art. Après une excursion à travers les sites si pittoresques de la Suisse saxonne, il boucla ses malles et revint à Varsovie, où l'avait devancé le bruit de ses triomphes viennois.
Derniers mois du séjour de Chopin à Varsovie. — Ses relations avec Titus Wojciechowski. — Son premier amour. — Constance Gladkowska. — Son départ définitif pour rétranger.
Frédéric entrait dans sa vingtième année. Déjà quelques-unes de ses œuvres l'avaient classé au rang des premiers compositeurs d'Europe. Ses concerts se multiplient ; son nom devient de plus en plus populaire. En* fin, il ressent son premier amour.
C'est dans les lettres qu'il adresse à cette époque à son ami Wojciechowski qu'il faut chercher l'expression de ses sentiments les plus intimes. Titus est plus âgé que lui de
plusieurs années. Son caractère viril, une certaine froideur apparente, en font tout l'opposé de la nature tendrement féminine de Chopin. Ce contraste moral est plus frappant encore au physique. Frédéric est de taille moyenne et souple ; il a les cheveux cendrés, longs et bouclés, les yeux profonds et doux, le teint clair et uni, des lèvres à peine ombragées d'un léger duvet ; sa voix mélodieuse vibre d'une émotion contenue. Woyciechowski , lui, est grand et fort. Son visage, aux traits prononcés, trahit l'énergie et la volonté. L'amitié tout expansive de Frédéric, est basée chez Titus sur un dévouement silencieux. Il a horreur de la sentimentalité et des larmes. « J'aurais beau oindre mon corps des parfums les plus rares de Byzance, écrit Frédéric à la fin d'une de ses lettres, tu refuserais encore de m'embrasser, si je ne savais t'y contraindre par une sorte d'attraction magnétique. » Mais le point de contact de