DIVERTISSEMENTS VIENNOIS
jeune artiste de Varsovie, der junge Warsc* hauer^ s'assoit à sa table I
L'hiver s'écoule, les neiges fondent. Le beau Danube apparaît dans sa robe bleue du printemps, entre des rives fleuries, Les cerisiers et les pêchers du jardin de Malfatti sont tout blancs.. Et, avec ce renouveau de la nature, avec ce soleil, un rayon plus chaud pénètre l'âme de Fritz et y dissipe les ombres de l'hiver. Ce qui fait le charme de la vie, n'est-ce pas la renaissance éternelle du cœur? Aux divertissements de l'hiver, aux glissades des montagnes russes, le Rutsch viennois, aux soirées où l'on étouffe, aux bals où des danseuses maigres et guindées (c'est Chopin qui parle) s'essayent au pas de la mazourke, succèdent les longues promenades hors la ville, les ascensions au Kahlenberg, l'endroit fameux, d'où l'œil de Sobieski découvrit pour la première fois les tentes soyeuses des infidèles ; les douces heures passées dans les jardins,
OÙ la brise prin tanière apporte, avec les souffles de parfums montant de la terre et des branches, les joyeux accords des valses de Lanner et de Strauss père. A la Saint- Jean, jour de fête du bon docteur Malfatti, un gai festin réunit les amis de l'amphitryon, à la blanche « villa des Plaisirs ». La soirée est tiède et splendide, une soirée qui rappelle à l'artiste exilé celles où il voyait naguère, sur le lac paisible de Szafarnia, glisser le sillage lumineux des wianki, qu'y lançaient les jeunes paysannes curieuses d'apprendre le secret de leur destinée»' Maintenant, dans cette douce torpeur qui suit un bon repas, assis sur la terrasse qu'embaument les premières roses, il vient d'écouter le quatuor de Moïse^ qu'ont exécuté Emmering, Lutzer, Cimarra et Wild, en l'honneur de leurs hôtes ; il a entendu les sœurs Emmering chanter : 0 quante lagrime! et, à ce chant, regardant le ciel étoile, un monde de souvenirs s'éveille dans