‹ Les trois RomeChapitre 15 sur 75 · REFUGE DE SAINTE-MARIE IN TRASTEVERE · texte numérisé non relu

REFUGE DE SAINTE-MARIE IN TRASTEVERE

soins spirituels nécessaires à leur conversion et à leur persévérance. Le refuge de Sainte-Marie date de 1806^ et la gloire en revient au père Stracchini et à l'excellent cardinal Gristaldi,

Ënfin^ près de Saint-Onupheest le conservatoire de la Divine Clémence^ où Ton place toutes les personnes du sexe dont la conduite irrégulière serait dangereuse pour les mœurs publiques. Fondé par le pape Clément IX, ce refuge est sous la direction des curés de Rome, présidés par Monseigneur le vice-gérant.

J'ai longuement parlé des institutions charitables de la mère des Églises, et pourtant je puis, en terminant ce sujet beaucoup trop ignoré , dire avec un historien bien plus explicite que moi : (( Voilà un abrégé des œuvres charitables qui se pratiquent à Rome, car il serait impossible d'en faire Ténumération complète. Ce que j'en ai rapporté suffit pour montrer avec combien de raison Rome est appelée la Ville sainte. Pas un genre de misères qu'elle n'ait soulagé la première, et qu'elle ne soulage encore. La source de sa charité est dans sa foi; elle compte six cents églises ou oratoires dans lesquels ses enfants sont appelés aux temps convenables. Là, elle prodigue tous les moyens de réconcilier les pécheurs avec Dieu, d'affermir les justes dans la vertu, de soulager les âmes du purgatoire, d'honorer Dieu et de faire couler à pleins bords la vie morale dans tous les fidèles. Ainsi continue de se vérifier le mot de saint Léon, que Rome Jadis maîtresse de terreur, est devenue la tnaitresse de la vérité \ »

' Constanzi, t. i, p. 263, n. 262.

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16 WÊmn.

Une fête aa palais Masslmi. - L'Apollioaire. - LUDiversilé. - Le Collège romain. — Les Bibliothèqaes.

Le jour des calendes d'avril^ 16 mars de l'année 1583, voici ce qui ce passait à Rome, dans le palais du prince Fabricio Massimi. Toute la noble famille pleurait agenouillée autour d'un lit de douleur. Sur ce lit se débattait dans les convulsions de Tagonie un jeune enfant de quatorze ans et trois mois : c'était le fils de la maison^ l'orgueil de son père, la joie de sa mère, l'amour de ses sœurs. Tout à coup le père se lève et dépêche un de ses domestiques auprès de saint Philippe de Néri, en le suppliant de venir sans délai. Le Saint est à l'autel; il ne peut accourir qu'une heure après. Pendant ce temps-là le prêtre dom Camillo fait les prières de la recommandation de l'âme au jeune moribond qui expire entre ses bras. Fabricio, désolé, s'approche pour remplir un dernier devoir en fermant lui-même les yeux à son fils. De son côté, Francesca, la bonne de l'enfant, apporte de l'eau pour laver, suivant l'usage, le corps du défunt , et les habits dont il doit être revêtu sur son lit de mort.

Sur ces entrefaites arrive saint Philippe : a Hélas ! père, lui dit Fabricio, Paul est mort; il n'y a plus rien à faire; que n'êtes- vous venu plus tôt? » Le Saint se rend droit à la chambre mortuaire, où il trouve la bonne Francesca se préparant à parer l'enfant de ses vêtements funèbres. Philippe s'approche du lit, demande de l'eau bénite, en répand sur la bouche et le visage du mort , lui impose les mains, se met en prières, le touche et rappelle deux fois par son nom. En présence de tout le

L APOIiLlNÀIBE. 141

monde ^ Paul ouvre les yeux^ répond au Saint; et re» vient à la vie V

En mémoire de ce miracle^ la famille Alassimi célèbre chaque année, dans son palais, une pieuse fête à l'honneur de saint Philippe de Néri. Si vous êtes à Rome le seizième jour de mars , ne manquez pas d'y assister. Gonime nous, vous serez touchés du témoignage public de cette reconnaissance séculaire, et vous sentirez s'accroître en vous la dévotion envers un saint trop peu C4mnu. Ces deux choses, également douces et bonnes, comptent parmi les joies utiles d'un voyage en Italie.

Avant de partir pour Naples , nous avions vu ce que Rome fait pour dissiper Tignorance parmi le peuple ; les circonstances nous avaient empêché de décrire les grands moyens qu'elle emploie pour développer l'intel- Ugence dans les classes supérieures : le temps était venu de la suivre dans ce nouvel exercice de sa charitable sollicitude. Une foule de collèges , d'institutions, d'académies jsont ouverts à Rome pour la culture de l'esprit. Il serait trop long d'en parler en détail; pour connaître l'état de l'instruction supérieure il suffit d'étudier l'Apollinaire, ITniversité et le Collège romain.

Conformément aux sages prescriptions du concile de Trente, Rome s'empressa de fonder un séminaire pour l'éducation des clercs :1e souverain Pontife Pie IV en posa la première pierre en 1565 ; et saint Charles Borromée, l'âme de la discipline ecclésiastique , donna les lois qui régissent encore cet établissement. Les élèves y sont admis au concours. Us doivent être Romains, âgés au moins de douze ans, versés dans la connaissance de la granmiaire supérieure, tonsurés ou prêts à l'être. Ils sont

* Fila S. p]aii|>pt,e(c., aactor. Ant. Galliono, p. 126.

nourris au séminaire^ formés à la science par des mattrM

et des répétiteurs habiles, soignés gratuitement dans leurs maladies^ instruits dans les principes delà vie chrétienne et ecclésiastique^ par la pratique de l'oraison et l'exercice des fonctions sacrées, soit dans Téglise de rApoUinaire , soit à Saint-Jean de Latran aux jours des grandes solennités. Tous les bénéficiers de Rome contribuent, au moyen d'une réserve, à l'entretien du séminaire. Si les élèves n'entrent pas dans les ordres sacrés, ils sont tenus de payer les dépenses de nourriture qu'ils ont faites pendant leur éducation cléricale.

Les belles-lettres, la philosophie, la théologie, le droit canon, l'histoire ecclésiastique, toutes les autres branches de la science sacrée s'enseignent au séminaire. S'il faut en juger par les résultats , les études doivent être trèsavancées. Le clei^é romain se distingue surtout par sa connaissance profonde de la morale et des antiquités chrétiennes. Grâce à cette double science, il a toujours su se garantir du relâchement et du rigorisme, comme Ta si bien démontré le docte FrancoUni * ; de plus , il peut avec une facilité et une force remarquable confondre les novateurs , soit en matière de dogme, soit en matière de discipline , en leur opposant l'autorité des monuments anciens. De là cette immutabilité de doc-* trine, et cette uniformité de méthode qui se manifeste jusque dans les sermons et les instructions paroissiales. J'ajouterai que, obligé par sa position de répondre aux consultations et aux difficultés qui arrivent de toutes les parties du monde, le clergé romain acquiert avecle temps une science pratique et positive, quil est rare de trouver ailleurs au même degré. Le séminaire est placé sons la di-

' CUricus Romanm contra nimitttii rtgorenLmunitus, in- fol.

, t'vinvsftaiTÉ. 143

it^ondu eardmal<-vîcaife qui habite ua palais contigii ; «t, par une eoQoa»si<Mi de Léon XD, il peut conférer le doctorat en thédogie y pM conséqueut le baccalauréat etiaiiceoce.

Nous ne voulûmes pas quitter ce bel établissement sans visiter Tégliae de Saint^ApoUinaire, qui lui a donné son nom. Fondée en 77â par Adrien P^^y et restaurée par Benoît XIV sur les dessins de Fuga ^ elle possède deux belles statues de saint Ignace et de saint François Xavier ; mais ce qui la rend précieuse aux jeunes clercs^ c'est le nombre et le choix des reliques dont elle est enrichie. Une partie des ossements de la légion Thébaine et des onze mille vierges ; les corps des saints martyrs Eustrace, Auxence, Mardaire et Greste, apportés d'Orient par les religieux basiliens; des reliques de saint Ignace^ de saint François Xavier, de saint François de Borgia , de saint Louis de GoDzague et de saint Stanislas Kotska : quoi de plus éloquent dans une église de séminaire? Soldat, vierge, martyr, le prêtre catholique doit être tout cela. Et Rome veut que tes jeunes clercs , placés dès l'enfance sous les yeux de tant d'illustres modèles venus exprès de TOrient et de l'Occident, puisent le véritable esprit du sacerdoce dans une église dédiée à un évêque martyr, disciple de Pierre, le chef des pasteurs et martyr lui-même.

Une légère distance nous séparait de l'Université, qui reçut notre seconde visite. Ce bel établissement forme un parallélogramme, au milieu duquel est une vaste cour entourée de trois côtés par de superbes portiques à deux étages; le quatrième est formé par l'église. Il doit son origine et son développement aux papes Boniface Viïï, Léon X, Sixte Y, Urbain YIII et Alexandre VJI. Protecteur éclairé auta^i que gtoéreux des sciences et des arts^ Léon XII a donné m fiouvel éclat àTUniversité romaine.

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en y fondant plusieurs chaires nouvelles^ en augmentant le traitement des professeurs^ et en perfectionnant^ par sa constitution du 27 août 1824, le règlement des études. Placée sous la direction d'un cardinal archichancelier et d'un recteur, TUniversité se compose de cinq Collèges ou Facultés : théologie, droit, médecine, philosophie et philologie. Elle compte quarante-huit professeurs; et le programme de leurs cours montrera que Rome sait se maintenir à la hauteur de la science moderne.

Théologie,

Ëcriture sainte. Théologie dogmatique.

Théologie scolastiqtie.

Physique sacrée.

Histoire ecclésiastique.

Éloquence sacrée.

Jurisprudence.

Droit naturel.

Droit des gens.

Droit canon.

Droit ecclésiastique.

Pandectes de Justinien.

Droit civil.

Droit criminel.

Médecine,

Anatomie.

Physiologie simple et comparée.

Médecine théorique et pratique.

Pathologie.

Zoologie.

Hygiène et thérapeutique.

Médecine légale.

Clinique médicale à Thôpital du Saint-Esprit.

Chirurgie théorique.

Clinique chirurgicale à Tbôpital de Saint-Jacques.

Chimie.

Botanique théorique et pratique.

Histoire naturelle.

Pharmacie théorique et pratique.

Chirurgie vétérinaire théorique et pratique.

Philosophie,

Logique.

Métaphysique.

Morale.

Algèbre et géométrie .

Calcul supérieur.

Mécanique.

GOLliaE ROMAIN. 44S

Bydraufiqne. PWolùgii.

Optique et asfaronomie.

Géoméine descriptive et pro- Archéologie.

jection des ombres. Eloquence.

Architecture statique et hy- Poésie.

draulique. Langue hébraïque.

Minéralogie. arabe.

Physique théorique et expéri- syro-chaldaïque.

mentale. grecque, latine.

Qfaut ajouter les écoles desbeaux-artS; dans lesquelles on enseigne la peinture, la sculpture^ Tarchitecture^ rornementation^ la perspective^ l'anatomie, la mythologie, etc. ; ces cours sont faits par onze professeurs^ memibres de l'Académie de Saint-Luc.

Quant à Tesprit qui dirige les études^ il est éminemment chrétien^ et brille dans Tinscription placée audessus du grand portail :

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