ENTRETIEN DE U. VIS MORALE
d'attoidrissement et de reçonnaissaiice trempent le papier sur lequel on essaye de raconter ce qu'elle fait en faveur de ses enfants décédés. Quil suffise d'ajouter à ce que j'ai dit ailleurs que les innombrables associations de bonnes oeuvres et de prières sont^ pendant les huit jours de rOctave^ uniquement occupées des âmes du Purgatoire. Des aumônes abondantes sont recueillies pour faire offrir le saint sacrifice en leur faveur; la prière^ l'office des mortS; la participation auxsacrements^ tout est mis en œuvre par les fidèles, pour les soulager. Rome, qui encourage la piété particulière, donne l'exemple public de la sienne. Des octaves de messes, de prières et d'instructions, se font aux églises de Saint-Grégoire^ sur le Cœlius, de la Mort, du Suffrage, à la via Giulia, à la Rotonde, de Saint-Nicolas in Arcioney du Saint-Nom-de-* Marie, de Jésus-et-Marie au Corso, des Saints^ Anges Gardiens, de Sainte Marie soprà Minerva, de Smnt-Laurent hors des Murs, de Saint- André délie FrcUte, de Sainte-Marie des Miracles, de Saint-Laurent in Damaso, de VAra-Cœli, de Sainte-Agathe in Trastevere; dans beaucoup d'autres églises, dans un grand nombre de cimetières, et au Colisée, où Ton pratique chaque jour les touchants exercices du chemin de la Croix.
Grâce à l'intelligente et active sollicitude de sa mère^ le fidèle de Rome est toujours tenu en haleine « et ses années s'écoulent au milieu d'une variété sans cesse renaissante d'émotions pieuses et de moyens sanctificateurs. Chaque jour de la semaine lui apporte son tribut particulier.
Le dimanche arrive chargé de richesses. Exilé, voyageur, soldat, marchand du Ciel, l'homme veut-il obtenir des consolations, des lumières, du courage, de la cha-« rite pour la semaine qui commence, ou la grâce de teis T. nu 7
miiier pttr mm fin prtmiwo mtte ântmisiiMte qu'on apt)eUe la vtet Ymci te Dîm des ybi1«6 qui aepiéMiito à lui sd^cmeUement exposé sur les autels de vingt égiîMs différentes. Aux Saints* Anges Gardiens et à flatnte-Marîe du Suffrage^ c'est pour la bonne raoH ; dans i|ttinie au^ très sanctuaires, c'est pour lui accorder la foi^ la sou^ mission, des faveurs spirituelles «I temponeUes, miîs surtout la grande vertu de l'être souffinnit : la patience ; et il peut l'obtenir en parcourant avec ses frères la voie douloureuse du Galvaine^ notamment au Goliséeet an dmetière du Janieuie.
Le lundi sollicite sa piété envers les déftints; et voiei^ pour la seconder^ le Baint-Saerement exposé aux ëainta- Apôtres^ à VJra-Oodiy à fiaint^Antoine des Portugais, à .BainlrAndtHi ddla Vnlity an Divine ^more près de la place Borgfaëse, à Saint-Midiel in Berge^ à Sainte-Marie in Pnblieoliê. Qu'il vienne l'adorer, et une indttlgenoe pténvère applicable aux âmes du purgsftoire sera la récompense de sa ferveur.
Le mardi encourage sa faiblesse, et lui rappelle qu'il a dans le ciel des amis puissants disposés à le secourir. Sainte Anne^ la mère toule-jpnissante de la toute-puissante Marie ; Saîirt-Antoine de Padoue, le curateur dfe ses intérêts temporels, lui offrent leurs services et leur appui. A Saihte-Anne au Btrge, à Saint-Antoine de Padoue , à Saint-André êelie Frûtte et dans sept autres églises il trouvera le Saint-Sacremem exposé.
Le mercredi convoque les pères de fannlle aux pied« de saint Joseph leur admirable modèle. Pour attirer la foule au glorieux patriardie, le Sakit-^screment est exposé dans neuf églises, no^rniHint à Saint-Joseph éhtta Lun^am, et à la chapelle de la JtoMt<fe, dédiée an pè^ nourricier dit Fils de Dieu.
ENTRETIU M hk ^m MORALE. tll
Le jeudi) c'eil le Sauvtwr lui-niétoe cpri qipeHè à lui \ûvà ce qui souf&e, tout œ qui pleure» c'esl^-iMlife tout l0g fik d'Adam. Les églises de Saint^Niocdâs in Carcerè, des OrphelioS) de Sainte-Agathe in Smbnrm, de Saiflt- Laurent, roffreut h rainoor de ses enfants ; et Saint»* liane in CampoCarleo anime leur confiance eci redisant l'histoire de la dernière oène.
Vendredi, jour de douleur et de repentir, le divin Crucifié apparaît sur un i^us grand nombre d'auteia. Cion^iagne de ses souffrances/ Marie n'est pomt oubliée ^ et tandis qu'il adore son Dieu mourant, le fidèle eattend près de lui des voix émues qui rediseirt tristement à sa mère les angoisses du Calvaire, et sollicitent le pardoa des coupables. La récitation de la Couronne des sept Douleurs se fait solennellement à Sainte-Marie in Via^ à Saint^rançeis de Paule, à Saint-Augustin, à Saint-Tho» mas in Paritme* A Saiot^André d$lle FraUe^ à Saint* Cbarlesde* Ca^'Mfî, on OHisole le Coeur sacré de l'Homme» Dieu : au Gesù on fait Texercice de la bonne Mort» La pieuse Confrérie del Gonfalone demande à Jésufr^hrist exposé dans l'cnratoire des SS. Pierre et Paul» un des plus inagniâques de Rome, le soulagement et la déli-> vrance des esclaves. A Sainte-Marie in MmiieêUi, on jurie pour les agonisants; à l'Oratoire du Crucifié, Via di S. Isidoro, on sollicite la conversion des pécheurs, par* ticulièrement de ceux qui sont à l'agonie; en même t^oips, le Colisée, Sainte*Praxède, Baint-Sauveur, près de &iint-Louis des Français, Sainte^Hélène de' Cemnni^ se remplissent de fidèles qui font le Chemin de la Greix; et le Vatican r^entit du VexUia Régis, magmiquement ebanté devant le ehef^d'œuvre de Michel'-Ange, la Maéone délia Pieté.
La mmài, tûMs les Awls reuMÉis s'épanouiisent.
lis tBs TBOis soms.
C'est le jour de Marie ; et toutes les Madones sont iUuminées, et des prières plus nombreuses^ plus ferventes, s'élèvent de tous les points de la cité vers la Vierge pleine de grâce. Le matin une messe solennelle est célé^ brée à Saint-Jean des Florentins, en l'honneur de Marie^ pour la délivrance des fléaux , c'est-à-dire pour désarmer le Maître du tonnerre, en invoquant celle qui a le droit de lui dire : Mon fils ! N'estrce pas là une ravissante industrie de la foi catholique ? Dans la soirée, les superbes ^lises de Sainte-Marie del Pianto, de Sainte-Marie du Peuple, de Sainte-Marie in Cosmedin, de Sainte-Marie aile CoppeUe,Ae Sainte-Marie du Bon Conseil, de Sainte- Marie m Trastevere, du Saint-Nom de Marie, de Sainte- Marie in Via Lala^ et bien d'autres encore retentissent des louanges de l'auguste Vierge. Mais la foule est pour la plus belle, la plus gracieuse des églises de Notre-Dame, Sainte-Marie Majeure. Sous les voûtes de l'immortelle Basilique, un peuple innombrable chante en chœur ces litanies lorétanes, si sublimes et si simples qu'on les dirait empruntées au répertoire des anges.
Pendant qu'elle glorifie de la sorte l'auguste fille de Juda, Rome ne veut pas que les tristes enfants d'Abraham soient privés de leur part d'allégresse. Elle les invite à partager sa joie, en leur procurant le moyen de reconnaître en Marie leur sœur la plus illustre et la Mère de leur Dieu. Tous les samedis il se fait, dans l'église de Saint-Ange in Pescheriay uue instruction pour les juifs : le tiers au moins de ceux qui ont plus de douze ans est tenu d'y assister. La chaire est occupée par un dominicain^ docteur en théologie, et très-versé dans la connaissance de l'hébreu. Il explique l'Ancien Testament et surtout les Prophéties qui établissent et la venue et les caractères du Messie ^ dont il démontre l'accoai{dis-
MESSE À SÀINTHiflGOLAS IN GÀBGEllE. 113
smnent littéral ea Notre-Seigneur Jésus-Christ. Des oonversionsy plus nombreuses que jamais dans ces dernières années^ sont le fruit de cette charitable institution^ due au pape Grégoire XIII. Il est, pour les Juifs^ une autre prédication non moins éloquente, et celle-là ils peuvent l'entendre tous les jours. Sur le portail de l'église, tournée vers la grande porte du Ghetto, est un immense crucifix ; de chaque côté de la croix sont gravés, en longs caractères latins et hâ)raiques, ces paroles du Sauveur, prononcées par Isaïe : Expandi m anus mea$ tota die ad poptdum incredulum : « J'ai étendu mes mains tout le jour vers un peuple incrédule '. » Le Juif de Rome ne peut sortir de son quartier sans voir, devant ses yeux, cette grande figure, sans lire ces touchantes pardes dont, qum qu'il fasse, le souvenir salutaire doit, jdus d'une fois, Timportuner au milieu de ses préoccupations mercantiles.
12 Mars.
à Saint-N ieolag in Carcere, — Association de Saint-Loais de GoozagiM. — CEavre délie PericolatUi. -> Réflexions. — Statistique morale.
Avant huit heures nous étions, comme la veille, au pied du Capitole. Je ne sais quel charme secret attire en ces h'eux le voyageur chrétien. On aime à prier là où passèrent tous les jours, durant tant de siècles, les pompes impures du paganisme : le cœur trouve une vive satisfaction à honorer le vrai Dieu sur les ruines des temples des idoles, et à glorifier, dans les antiques prisons romaines, les glorieux libérateurs qui brisèrent les
* lflai.,c. Lxv, 2.
114 L16 TROIS HOfMK.
ohatnetdu genre hunMitn. 8ur tes pas d'une foule iioni^ brenee^ nous arrivâmes à Seint-Nicolas in Cwû9r$;ff^ tait jour de station. Gomme son nom Plndîque, ce sanctuaire remplace un cachot qu'on croit avoir été celui des prisonniers pour dettes. Ainsî^ au Keu même où l'impitoyable dureté des fénérateurs torturait le pauvre insolvable^ le christianisme honore un saint qui fut lé père des orphelins et des malheureux.
De plus^ comme si la Providence avait voulu récom* penser sensiblement la charité du grand évéque de Myroi son corps y miraculeusement conservé à Bari^ dans le royaume de Naples, disUUe encore une huile qui guérit les infirmités et les maladies. On sait la dévotion que l'Europe entière professe pour ce Vincent de Paul de l'Orient; mais on ignore peut-être qu'en Occident, Rome la première a dédié une ^lise en son honneur. Sous le maître-autel reposent, en partie , les corps des illustres martyrs Marc, Marcellin, Faustin et Béatrix. Le Saint- Sacrement exposé, la présence des martyrs, le souvenir du grand évéque, le nom moitié païen du sanctuaire^ il B-es fallait pas tant pour enchaîner toutes les puissances de l'âme au pied de l'antique confession. Nous y laissâmes en prières un grand concours d'hommes et de fenamesdu peuple; un instinct mystérieux semblait leur dire que là ils trouveraient un cœur sensible à leurs besoins. De Saint-Nicolas nous nous rendîmes au Collège romain, dans l'intention d'obtenir quelques renseignements sur l'association de Saint-Louis de Gonzague.
Il est dans la vie un âge critique, âge de folies dangereuses et trop souvent coupables, dont le Tasse disait :
Nella fiorida età quando più Tuoin vaneggia.
Or, cet âge est décisif en bien conune ea mal ; car il
ASSOCIATION D£ »AiNT-4*0UI& A£ 60NZAGUE. 115
est éevii; neanmikemeat au livre des n*0V6rfaeS; mais au livre tto l'expérieiioe : Uadolescent suivra jusqu'à la tombe la voie dans laquelle il marqua ses premiers pas. La charité rcKnaine Pa pris en tendre pitié. Aux moyens généraux destinés h tous les Ages, elle crée pour Tadolescmioe des ressources particulières et d'une efficacité merveilleuse. Je ne dirai ni les soins maternels dont elle Fenvironne dans les collèges ou dans les conservatoires^ ni la sollicitude incessante dont elle raccompagne le jour et la nuit; je ne dois parler en ce moment que de l'association de Saint-Louis de Gonzague pour les jeunes gens^ etde l'oBuvre délie Perieolanti pour les jeunes fille». Sous le patronage d'un jeune saint aux moeiws angéliqnes, Torgueil et les délices des Romains^ s'élève une association nombreuse de jeunes gens. Les luttes victorieuses de la vertu contre la paresse, l'indolence, l'orgual, l'entraînement aux plaisirs, en ouvrent l'entrée. Chaque dimanche la jeime et joyeuse phalange se réunit pour prier, s'instniire et jouer en commun. Les chefs de la petite armée la conduisent dans le jardin si connu de' Cerchi; et là vous verriez toute cette heureuse jeunesse se livrer, avec l'abandon naturel à quinie ans, aux jeux les plus actifs et les plus variés : la prière termine les divertissements qu'elle avait commencés. Le retour en viHe est grave, occupé par les discours sérieux et par l'histoire de quelques faits destinés à réveiller le souvenir el Pamour de la puissante reine des Vierges. Le zèle du bien, Tardeur du travail redouble à l'approche de la iftte de saint Louis de Gonzague. Pendant les six dinuiuehes qui précèdent la aoleiusité, objet du loua les vœux, n'est à qui se f*eadra le plus digqe dd la e^étoer : véuntmis de piété, vigilance sur soi-même, fréquentation de sacveneata, vifn n^ast négligé.
il6 LES TB0I8 ROME.
Enfin le grand jour paraît : on se rend au bien-aimé jardin. Au centre s'élève un magnifique autel^ sur lequel est un réchaud embrasé. L'assemblée forme un cercle immense, autour duquel sont disposées par intervalle desDrchestresqui font retentir de joyeuss fanfares. Aux symphonies succède les chants et les hymnes composés en Thonneur du céleste ami. Ses vertus^ sa bontés ses miracles sont retracés par des voix éloquentes, et bientftt la jeune assemblée manifeste sa confiance et son amour par une cérémonie dont la gravité solennelle égale la charmante naïveté. Tous les membres qui la composent tiennent à la main une large lettre placée sous une enveloppe enrichie de dessins et entourée de rubans et de fils d'or : cette lettre est un message de la terre au ciel. A l'intérieur sont écrits les vœux longtemps étudiés du jeune correspondant; à l'extérieur on lit la simple et sublime adresse : AtSanto Giovane Luigi Gonzagain Paradiso. Le signal est donné par la musique, et toutes lesiettres sont apportées sur Tautel. Au milieu d'un grand silence on les verse toutes ensemble sur le réchaud et bientôt on les voit poussées par les flammes s*élever vers le ciel dans des nuages d'encens et de parfums^ aux applau* dissements de la joyeuse assemblée et au bruit harnuH nieux de tous les orchestres.
Inspirés par une piété fervente ou suggérés par un habile directeur^ ces voeux sont^ dans le cours de l'année^ souvent rappelés à la mémoire, de généreuses réso» lutions se renouvellent, de nobles victoires sont remportées sur les passons naissantes, et de puissantes prières s'en vont appuyer devant le trône de Dieu les demandes présentées par le protecteur-né de la jeunesse. Tels sont, avec bien d'autres^ les résultats moraux de cette fête. Mais quand elle n'aurait , ainsi que l'associa'*
ASSOCIATION ro sAiirr*i.ouis de gonzagus. il7
tion elle-même y d'autre avantage que d'endormir des imaginations de quinze ans, et de leur faire trouver dans dinnocents plaisirs le bonheur que tant d'autres vont demander à des divertissements dangereux et trop souvent criminels, ne serait-elle pas digne de tous les éloges? A rhomme^ à l'enfant surtout, il faut des fêtes. Depuis que nous avons supprimé, parmi notre jeunesse pensante, les associations pieuses et décoloré pour elle les fêtes chrétiennes, quels sont, dites-moi, ses amusements, ses habitudes, ses croyances et ses mœurs?
Du collège Romain nous nous rendîmes au Janicule, afin de visiter le conservatoire délie Pericolantû
Analogue à Tassociation de Saint-Louis de Gonzague, cet établissement, destiné aux jeunes personnes, complète les moyens spéciaux que Rome emploie pour sauver Tadolescence. Lorsqu'il découvre une fille ou une jeune veuve qui ne peut, sans danger pour sa vertu, rester dans le monde, le curé de la paroisse est obligé d'en donner avis aux supérieurs. Des asiles toujours ouverts reçoivent la Pericolante, pour un temps plus ou moins long, suivant que les circonstances l'exigent. Fondé à la fin du dernier siècle par le zélé Francesco Cervetti, compagnon de charité de l'illustre maçon connu sous le nom de Tata Giovanni j le Conservatoire du Janicule fut Tobjet de la sollicitude paternelle de Pie YI. Monseigneur Ruffo, trésorier général, y établit des métiers de soierie; les marchands y apportent des commandes; un cin-quième du gain est accordé aux jeunes ouvrières, le reste tourne à Tentretien et au profit de l'établissement : nous y trouvâmes cinquante pensionnaires* Plusieurs autres maisons semblables, quoique d^une moindre importance , sont répandues dans les différentes paroisses. Lorsque le danger est passé, les Perieolanti rentrent
118 LES TliOIS ROME.
dans leurs familles; et, grftce à la prévoyante sotfidtude dont dles furent Tobjet^ la plupart font la oonsolatkm de PÉglise et Fornement de la soeïété dont elles menaçaient d'être la douleur et la honte.
Tels sont^ très-en abrégé , les moyens généraux et particuliers que Rome emploie pour conserver, entretenir et augmenter la vie morale parmi ses enfants. De cette intelligente charité quels sont les résultats? S'il fallait en croire les récits de certains hommes, les moeurs romaines ne seraient pas meilleures que celles des peuples sur lesquels la religion a perdu la plus grande partie de son empire. De là on veut faire conclure : !• que les Romains sont un peuple de vils hypocrites, attendu que, malgré tant de moyens de moralisation, ils valent à peine les nations privées de ces puissantes ressources; î* que le christianisme est mort ou à peu près, attendu Fimpuissance de ses institutions et de ses pratiques pour la perfection morale des peuples civilisés. De tous ces raisonnements le corollaire obligé est, pour ceux qui les font, l'apologie de leur superbe dédain des prescriptions chrétiennes, et, pour le public, le mépris de la religion, et de Rome en particulier qui en est le centre.
A cela je ne vois qu'une chose à dire : comparez les statistiques et rendez raison de la différence dans le nombre des crimes. Tandis que dans les deux grandes métropoles de la civitisation moderne, Londres et Paris , l'infanticide semble être à l'ordre du jour, d'où vient qu'à Rome il est à peine connu? Tandis qu'à Paris on compte annuellement de quatre à cinq cents suicides, et plus encore à Londres, comment se fait-il que dans un laps de vingt-cinq ans Rome n'en a vu que onze sur lesquels quatre sont dus au paroxisme de la fièvre? Tandis qu'à Paris le nombre des enfants exposés est d'un
AÉFLKXlûIfS. 119
gor ifob^ el k Londres d'un sur deux ^ pourquoi à Rome n*e$lMl pM d'on sur einqt Tendis qu'à l'aris rien n'esl moins rare que de voir des hommes aiourir avec I-insen-siUHté de la brute, et, jusque sur leur lit d'agonie, re«fuser de faire leurpaÎK ayeo Dieu et de satisfaire à ceuK que irop souvent ils on4 ruinés ou déshonorés; quelle rsison mystérieuse épargne à Home cet épouvantable spectacle? Enfin, tandis que les cas de démence, dus à Feicès des passions, se trouvent en France dans la proportion de quatre-vingts pour omit, et en Angleterre dans une proportion plus forte encore, qu'est-oequi, à RomOi fflal^é l'ardeur du climat et la vivacité du sang, abaisse ce chiffipe aux proportions de un à %\x1
L'infanticide, ^exposition, le suicide, rinipéoitence finale, la folie. par suite des passions, voilà, on ne peut le nier, les grands symptômes de la démoralisation des oitéset des peuples. Puisque, de toutes les capitales du monde, Rome est cdle où ces symptômes se manifestent le moins, il faut bien conclure que les Romains ne sont pas un peuple de vils hypocrites, aussi et plus dépravés que les nations antiefarétiennes ; il faut bien conclure encore que le christianisme n'est ni mort ni mourant, mais qye partout où il lui est donné d'exercer librement »on influence, il empêche les fils d'Adam de retomber dans Tabime de la dégradation morale d'où il les tira il y a dix-huit siècles; il faut conclure enfin que, mdgré les mauvaises doctrines et les exemples plus mauvais ena;Hre qui lui viennent du dehors, Rome est toujotirs par es^cellence la Ville sainte et véritablement sanctifiante*
Que toui ses habitants soi^mt des saints , iji serait absurde da le prétendre. Toutefois, w ipiUen mérpe de leurs caiipaWesi^nteBtiiainente, il le^rr^ste um q^aJ^té,
un bien^ fruit exclusif de réducation et des habitudes chrétiennes , c'est le remords. « CoDftme vous autres Français, nous disait un homme de la plus haute intel^ ligence^ nous avons le malheur de commettre des fautes ; mais, comme vous, nous ne pouvons vivre avec le re* mords. » Tôt ou tard cet aiguillon de la conscience finit par faire rentrer le coupable dans le chemin delà vertu, et par assurer à l'élément chrétien une victoire décisive dans la dernière lutte de la vie. Justifiée par Texpé*» rience, cette observation est confirmée par l'aveu si connu d'un homme non suspect. G.., D...., membre de nos sociétés secrètes et ardent révolutionnaire, parcourait les États romains pour grossir les rangs des Carbonari. Après s'être épuisé pendant vingt ans en efforts (le tout genre, il écrivait : Ces Italiens, on n'en peut rien faire; vous croyez les avoir gagnés, mais qu'Usaient seulement un accès de fièvre ou qu'ils entendent un bon sermon, tout est fini ; et les voilà retournés à con-fesse.
18 Man.
Meflse À Saint- Stanislas Kotslia, — Cliarité romaine pour rendre la vie morale. — Prisonniers. — Visite au château Saint- Ange , au Capitole, aux Thermes de Dioclétien. — Ârchiconfrérie de Safnt-Jérôme. — Prison de la Via Giulia.
Lorsque vous longerez les interminables murs du Quîrinal, en descendant la rue des Quatre-Fontaines, ne manquez pas d'entrer dans l'église de Saint-André, située sur votre gauche : c'est un petit bijou qui mérite l'atten?tion de l'artiste et du chrétien. Seulement je dois vous prévenir que si vous avez peur des jésuites, vous feree bien de passer outre : vous trouvez ici une de leurs
M£SS£ A SAUfT-STAllISIiAS KOTSEÀ. ISI
retraites. Il y en a de jeunes, il y en a de vieux; il y en a de vivants, il y en a de morts. En 1678, le prince Camille Pamphili fit bâtir cette église pour le noviciat de la célèbre Compagnie. La façade, d'ordre corinthien , est ornée d'nn gracieux portique circulaire, soutenu par deux col<mnes ioniques. L'intérieur, enf(OTnede rotonde^ est entièrement revêtu de marbres rares et enrichi de fresques précieuses. £ntre autres tableaux on remarque au maître-autel le Crucifiement , du Bourguignon , et, dans la chapelle de Saint-Stanislas, le Poriraii du Saint , par Charles Maratte. Depuis le pavé jusqu'à la voûte, cette chapelle étincelle de dorures et demar-* hres choisis; mais son plus bel ornement est le corps de saint Stanislas, conservé, sous le maître-autel, dans une riche châsse en lapis-lazuli : il me fut donné d'y célébrer les saints mystères. Mon cœur y rendait présents tous mes jeunes amis de France, et les jetait dans les bras de Tangélique enfant.
Après la messe, un des Pères nous introduisit dans la maison spacieuse et bien aérée du noviciat. On y con* serve la chambre de saint Stanislas, transformée en chapelle. Au milieu est la s^tue du Saint couché sur son Ut de mort. La tête, les mains et les pieds sont en marbre blanc du plus beau grain ; la soutane est de inarbre noir, et le matelas avec les coussins de marbre jaune. Il y a tant de vérité dans ce chef-d'œuvre de Le Gros, que j'éprouvai en le voyant ce que tout le inonde éprouve à la vue d'un moribond doucement en-dormi sur sa couche. Dans plusieurs cadres suspendus aux murs, on voit de l'écriture du Saint , dont on semble encore entendre la voix mourante prononçant la mémorable parole, avidement recueillie par la piété catholique. Le jour de l'Assomption de Tan 1588^ saint
Iti LES TA018 &aii£.
StanidMélaity ùonem A Vm^Bii pvécMt hii-inéind^ aur k pfàtA d'allef célébrer dam le eiel b (Me é* Marie. Le anpérieuv de la maisen , entouré de loua tea luyvîeaa^ s^pprodie do jeuBe 9aiat^ et^ au nom de robéiaoanee , hii ocdonne de dire oe qu'il a ^ el ee qu'il faut fiiive pour obtenir de la Reine dea anges lea faveuf» dont Mb Va o<»nUé.~ Quêdquid viMmum, répoïtàîi^,4ummoéh $êi emuims ; a le phis léger bommage^ pourvu qu'il «oit persévérant. »
Hier, nous avions terminé Tétude des moyens par lesquels Rome ei^retieiil la vie morale dans ses enfanta ; il nous restait à voir ce qu'elle fait pour la rendre à eeux qui l'ont perdue. Je ne perle point du péebeur privé de la f^àce; dans les OBuvres expliquées plus haut , il trouve d'innombrables facUités de rentrer dans fttmlié de Dieu. Il s'agit de l'bomme que la justiee faumaûne a trappe, ou de la femme qui, infidèle à ses devoirs, expie dans la solitude les scandales de sa vie. D'autres ont fait l'éloge plus ou moins juste des prisons romaineaeous le rapport matériel ; mab quel voyageur, même honoré d'une mission spéciale, a daigné instruire le mmide des moyens par le^uels Rome rend le coupable à la liberté morale et à la vertu? Toutefois dans l'accomjdissemeat de ce devoir sacré, ou, si l'on veut, dans U solutioa de ce grand proUème , la maîtresse des nations peut aussi leur servir de modèle*
D'abord Rome, la premièie , a trouvé le système pénitentiaire, regardé comme le meilleur moyen de moraliser les priscmniers. Nulle part il n'a été mieux compris ou plus sagement appliqué. Ensuite, ses prisons ordinaires ne sont pas des bagnes , où l'homme , placé sous Tempire exclusif de h forée brutale, achève de se matérialiser; eles ofifinntau eoupaUe tops les noyais
CHARITÉ ROMAINE TOUR RBNDHE LA Yl£ MORALE, itt
de retrouyep le sentiment de sa dignité , le tegret do mal et le courage du bie». Persuadée que le ebrislia^ nisme seul peut réhabiliter l'individu^ comme il a réhii* biiité le genre humain , Rame appelle à son aide ce poissant auxiliaire. Les portes même des plus s^Hnbns cachots lui sont ouvertes^ il a tonte liberté de parler et d'agir. Chaque prison a ses chapelains. Angas tutélair^^ nuit et jour ils sont là pour consoler, encourager et guérir ces âmes quelquefois plus malheureuses encore que coupables. Tous les matins des prières en commun, suivies du sacrifice de la grande Victime, rappellent aux condanmés et le prix de kur âme , et la grandeur de leurs étemelles destinées, et la bpnté toiijoars compAtiasMite de leur Père céleste. Viennent misuite périodique^ ment des instructions familière» qui, en dissipant l'ignorance, font peu à peu germer dans les Ames de salutaires résolutions.
Le sentiment de la vie morale , cmistamment entretenu dans les prisonniers/ reçoit chaque année une impulsion plus vive qui finit tôt ou tard par le replacer dans Vétat normal; une retraite annuelle est donnée dans toutes les prisons. C'est pendant le carnaval qu'elle a lieu au château Saint- Ange. Les détenus sont dispensés du travail, et préparés au devoir pascal qu'ils peuvent, en vertu d'une concession particulière, accomplir dans cette circonstance. La Confrérie de Saint*Paul destine à cette mission des prêtres choisis. Les uns occupent la chaire, les autres le tribunal de la réconciliation; il en est qui dirigent le chant, pendant que leurs confrères veillent à Tobservation du règlement, et occupent par des lectures publiques les moments libres de la journée. Pendant toute la durée de la retraite , les détenus reçoivent de la générosité du Saint-Père une indemnité
IS4 LES TK0I8 nous.
équivalente aux bénéfices des petits travaux ' qu'on a coutume de leur pennettre en dehors des occupations forcées'.
Il est d'expérience que la fréquentation exclusive de leurs semblables fut toujours pour les condamnés une cause incessante de démoralisation. Le plus grand avantage peut-être du système pénitentiaire est d'obvier à cet inconvénient. Là où il n'est point établi , Rome ne néglige rien pour procurer aux détenus la société d'hommes vertueux et honorables, dont la présence et les discours assainissent peu à peu ces âmes corrompues. A la suite des chapelains on voit chaque jour accourir dans toutes les prisons des religieux^ des prêtres séculiers et de pieux laïques qui , par des moyens différents, travaillent de concert à l'amélioration morale des détenus. Voilà ce que nous trouvâmes dans les prisons du château Saint-Ange, du Capitole et des Thermes de Dioclétien.
Dans cette course^ on nous apprit encore l'existence (le deux associations spécialement destinées au soulagement matériel et moral des prisonniers. Je remarquerai , en passant^ qu'elles remontent Tune et l'autre au seizième siècle, a II semble^ dit un historien protestant^ qu'à cette mémorable époque Rome ait voulu se venger, par réclat de ses œuvres vraiment divines, des bruyantes calomnies de la Réformation. » La première est TArchiconfrérie deSainl-Jérôme de la Charité. Instituée en 1 51 9 par Jules de Médicis^ cousin de Léon X , et depuis pape sous le nom de Clément VU, elle possède, sur la place Farnèse, la belle église de Saint-Jérôme. Parmi ses membres elle compta saint Philippe de Néri et plusieurs
* Gonstanzi,t. i^p. 304.
CHARITÉ ROMAINE POUR RERBRB LA ▼» MORAUB. IIK
autres personnages d'une éminente vertu. L'etprit de charité de ses illustres fondateurs s'est conservé dans l'association qui embrasse les oeuvres les plus variées.
1» Bien que dévouée particulièrement aux prisonniers, elle donne des secours à tous les pauvres honteux de la ville : Rome pour elle se divise en quatre régions. Pendant trois mois elle fournit du pain aux pauvres honteux d'un quartier; pendant le second trimestre elle répand ses aumônes sur les pauvres d'un second quartier, ainsi de suite. Afin de màiagerla susceptibilité des familles^ les secours se distribuent le dimanche de très-grand matin à Foratoire de Saint-Jérôme.
S"* Elle dote des jeunes filles.
3® Elle contribue à l'entretien du monastère detle Convertite.
4* Elle entretient, dans une maison voisine de Saint- Jérôme, quatorze prêtres chargés de répandre une grande partie de ses bienfaits corporels et spirituek; de confesser les fidèles qui visitent en foule cette pieuse église; d*y célébrer la messe et d*y remplir les autres fonctions d'utilité publique.
5^ Elle défendi les causes des pauvres veuves et des orphelins, par le ministère d'un avocat qu'elle entretient à ses frais ; et, quand les pauvres demeurent à Rome , elle paye les dépenses néc^saires à la prompte expédition de leurs affaires.
6* Tous les deux jours elle distribue du pain aux prisonniers.
7» Chaque matin elle fait célébrer deux messes sur l'autel des prisons , fournissant tout ce qui est nécessaire à cette bonne oeuvre.
8* Ellefaitdire h messe pour les prisonniers malades.
lit) USS TMHa Bûim.
kur doane les remèdes ei leur procure le mMtcm , le ohiruifien , le tisrbier.
9® EUe députe dans les prisons un de ses mefiriNPes honoré de la prélature , qui intercède auprès des juges en faveur des oondamnés, et qui paye h leur sortie de prison les dépenses qu'ils ont pu faire.
lO*' Enfin elle entretient un avocat chargé de défendre les accuses»
Ce n^est pas tout encore. Lorsqu'au miHen du dix^ septième siède Innocent X eut fait élever, dans la via Giulia , la prison qui porte son nom, et que Howard lui-même regarde comme Tune des plus solides et des plus salubres de toute l'Europe, l'Archiconfrérie de Saint-Jérôme en fit l'acquisition et se chargea sur ses propres fonds de l'entretien des détenus. C'était une belle pensée de remettre ces malheureux entre les mains de la charité , et le trésor publie s'en trouvait lui-même grandement soulagé. Mais les dernières secousses politiques ayant de beaucoup diminué les ressources de KQEuvre, la Chambre apostolique lui accorde aujourd'hui quelques subventions, ot Les religieux de Saint- Jérôme^ continue Monseigneur Morichini, vont tous les din^anches dans cette prison prêcher, faire le catéchisme et d'autres exercices de piété, avec l'aide des pères Jésuites qui se rendent chaque jour dans la prison 7ti/t>nne, comme dans toutes les autres, pour distribuer abondamment les instructions chrétiennes. Les confrères dé l'oratoire, établi à l'église de Saint-Jérôme, consacrent le dimanche à des actes de charité envers les détenus malades ; ils leur portent des douceurs, leur font la barbe, réparent leurs lits et les consolent en les instruisant '. »
• imm, êB UtÊfÊkÊ^mBt, p. 13».
SAlNT-PlSAftlS m MCMITORIO. 427
Ainsi ^ pendant qu'âne multitude de jemiei gens^ d'homoMs et de femmes sont m ehevei des malades daus tes fa6fMtanx , le mâme jour et à la même teure ^ de fervtets diréUeiis deseeudent dans les prisons et |»odiguent aux eendamnés les soins d^une charité vraimeot frateroelle. Tant il est vrai que laieligion a des entrailles de mère pour tous les mallieureux^ comme elle a des consolations pour toutes les infortuiras et desleçotti de sagesse pour tous les ftges !
141 Mars.
Ssliit-Pleiw if» Momiêrh. — YWto m Maitendcr dMjeoMi détesoib ^ ▲noeiattoa 4^ (« fH^ ^ PmwmUrê, ~* SaioMliebeL r- Aatr«« oravre^ en (aveur des déteous. — Les Irlandais à Sainte-Agathe alUt Suhurra,
À mesure que le moment solennel d'introduire sel enfttitsau banquet eùdiaristique approche déplus pràsi Rome multiplie les moyens de saaetification. Hier avait eu lieu la proceseictt en Thonneur de Marie addohrata, et le commencement d'une octave de priàres à la Mère des douleurs. Pendant que cette procession y précédée du Trimeo , traversait la place Colonne et le Corso j un pieux pèlerinage s'ouvrait dans un autre quartier de Rome , à Saint-Pi^re in Montorio. A partir du dimanche de la Passion jusqu'au dimanche de QuasimodOi il y a indulgenea plénière pour tous les fidèles qui visitent la chapelle où fut crucifié le princ'e des Apàtres. Quoi de plus propre à former dans les cœurs le douMe sen-r timentrédamé par les circonstances , la confiance et le repentir! Aujourd'hui, sur les pas d'un grand nombre de pèlerins , nous montâmes au Janicule y et tum m desoen^mes de notre pieuse station que pour traverser le TUm et viaiter le Pémtenoier deajewMs détCBAis*
128 LES THOIS ROME.
Dans cette maison créée par Léon XII , pour les enfants sortis de Saint-Michel, il noos fut donné de voir la charité romaine en exercice. Par une heureuse coînci* dence nous y trouvâmes les deux députés de F Archicoafrérie de Saint-Jérôme ^ chargés de la direction de cet excellent asile correctionnel. Plusieurs prêtres^ de la So« eiété des Pieux Otwriers, distribuaient les secours spirituels à ces pauvres enfants qui^ malgré les chutes de leurs premières années^ donnent Tespérance fondée d'un retour durable à la sagesse et à la vertu. On voyait dans leur physionomie je ne sais quel mélange de pudeur^ de regret, de joie y qui résumait à nos yeux les sentiments d'une âme coupable sans doute^ mais novice encore dans le mal et dominée par une pensée de réhabilitation. Chaque enfant a sa cellule séparée; tous travaillent la laine , et gardent un rigoureux silence. On voit que le pénitencier de Saint-Michel a servi de modèle à celui-ci : et; comme le premier, le second est dans une excellente voie de prospérité. Il en est de même de la Colonie agricole, dont je parlerai en visitant la villa Albani.
Comme nous sortions, voici venirdeux ecclésiastiques^ connus de l'obligeant ami qui nous accompagnait. Après un instant de conversation : « Ces messieurs , nous dit* il; sont des confrères de la Pietà des Prisonniers , dont le centre est à l'église de Saint- Jean délia Pigna; ils vont exercer leur charité aux prisons Innoeentiennes, On les y rencontre ; habituellement occupés à consoler^ à instruire^ à distraire les détenus ^ qui les aiment beaucoup. Un prêtre, membre de cette confrérie, appelé «o/« Hciteur^ est chargé de visiter chaque jour les prisons , de goûter les aliments et surtout la nourriture des détenus au secret; qui doit être plus choisie , plus aboiH dante et plus same qaè| celle des autres. Ainsi^ nos pri-
SAINTHIflGHBt. 129
soDoiers soumis d'ailleurs à un régime très-humain j secourus par tant d'associations charitables, environnés de tant de ressources spirituelles , se trouvent soulagés dans leur pénible position et arrachés à la fange du vice par cette réhabilitation morale qui les élève à la vertu. »
Fondée par le père Tallier^ j^ite , et approuvée par Grégoire XIII, la Confrérie de la Pietà des Prisannien fttt dotée en 1575, par Sixte IV, d'une rente annuelle de deux miOe écus, afin qu'elle pût délivrera Pftques et àNoël quelques prisonniers pour dettes. Aujourd'hui son objet principal est de prévenir l'incarcération des pauvres ou* vriers^ en désintéressant leurs créanciers '•
Repassant le Tibre au pont QtuUtrihCapi ^noas \ià* tÂnies le célèbre pénitencier de Saint-Michel. Pour le connaître sous le rapport matériel, il faut imaginer une grande salle rectangulaire garnie, sur ses longs côtés, d'un triple rang de cellules dont les portes donnent sur un balcon qui longe Tédifice intérieur. Deux larges fe* nétres ouvertes vis-à-vis l'une de l'autre , dans les deux petits côtés , éclairent et assainissent merveilleusement la salle. Au fond est l'autel; sur la IcHigueur des parois, sont disposés les métiers qui correspondent à des ateliers plus considérables. Les soixante-quatre cellules des prisonniers peuvent être surveillées d'un coup d'œil par le directeur, avantage le plus grand du système panoptique de Bentham. Le style du pénitencier est magnifique en son genre, et c'est à juste titre qu'il est considéré aujour* d'hui comme le type des célèbres prisons pénitentiaires d'Amérique, de Suisse, de France et d'Angleterre'.
La pensée du fondateur révèle le but moral de Téta*
' Monseigneur Morichini, p. 211.
'Id.fp. ios.
199 L£a fmtB MMfjB.
VtimmML OéamA XI tenait é» eODttrme k {partie ûê Sftini-lik^l destinée à l'appMiiÉiieage des «ris et m^ tiers ; le sage Pontife pensa qu'il fixait œfnfiléter son œuvre en élevant un pénitencier pour les jeunes gens coupables de délits : ccnt iger les d^auts est une seconde éducation. Dans le JMKprof^fiodu iA novembre 1703^ il s'exprime ainsi : « Maintenant que la maison nouvelle se trouve lemûnée, avec ses soixante petites cellules séparées les «mes des autres et toutes ensendirfe dans une grande enceinte ; que près de cette salle des dépendances peuvent servir d'ateltars pour les travaux de draperie et d'autres industries : Nous vouhms et ordonnons que tons les enfants ou jeunes gens âgés de moins de vingt ans» qui^ à l'avenir^ pour foutes par eux commises seront arrhes, au lieu d'être conduits dans les prisons pu- Uiques , soient transportés dans la nouvelle maison de correction ; et , comme il y a des enfants de nature perverse qui désobéissent à leurs parents y et par leur méchant caractère accusent de très-mauvaises inclinations au vice , Nous voulons et ordonnom qu'ils puissent être égatonent gardés , amendés et corrigés dans la même
« Les détenus seront instruits dans les principes de la vie dirétienne, et apprendront les règles de bien vivre. Nous ordonnons en conséquence aux revends CardiaauKy protecteurs de l'hospice^ de députer un prêtre séeidier qui devra nmi-seulement célébrer chaque joi» la aainte mesae^ mais instruire les jeunes gens incarcérés^ dans la r^igion et les choses nécessaires à une vie chrétienoB. Nous vouioosen outre que des mettras enseignent aux détenus quelque art mécanique , afin que^ par cet exercice^ ils abandonnent l'habitude de l'oisiveté et commencent une nouvelle carrière de bonnes mœurs.»
sàm^TÊt&ÊMu ISI
ËQ ptra^ûriât k péfiltendèr de (teioé-Midiri , «t la peosée de déiaent XI ccmlimie d% ^Mer hw fim keù* reax fruits » cm 6e rappelle inv^atairenaent ce iBOt 4b Ihmtesquieu : « La philosophie ne fait riea de bien que kiretigi<»i n'ait fait avant elle et mieux qu'eUe. » Lors^qu'elle revendique rinventi(m du aystème pénitentiaire^ la philanthropie moderne commet un larcin et une er* reur. Un larcin^ puisqu'elle s'attritoe une gloire qui ap* partient à PÉgliae de Rome ; une erreur, puisqu'elle s'i* magine avmr découvert une institution dont l'idée est aagsi ancienne que le christianismey et dont r^^^pUcatioa précède toutes les théories et tous tes essais des premiers philanthropes flamands et américains : c'est^ comme on voit^ un article de plus pour le Dictionnaire des anti- (pàtéê modernes.
« II y a, dit à ce sujet M. Guizot, un fait trop peu rem^qué dans les institutions de l'ËgUse^ c'est s(m système pàaitentiaire^ système d'autant plus imrieux à étudierqu'il est> quant aux principes et aux applications du droit p^al , complètement d'accord avec la philosophie moderne. Si vous étudiez la nature des peines de l'Église et des pénitences publiques qui étdent son principal ehàtiment ^ vous verrez qu'elles ont surtout pour objet d'exciter, dans l'âme du coupaUe, le repentir ; danscelle des assistants, la terreur morale de l'exemi^e. U y- a bien une autre idée qui s'y méle^ une idée d'expiation. Je ne sais, en thèse générale, s'il est possible de séparer l'idée d'expiation de celle de la peine, et s'il n'y a pas dans toute peine > indépendamment du besoin de provoquer le repentir du coupable et de détourner ceux qai pomTâîent être tentés de le devenir, un secret et impérieux besoin d'expier le tort commis. Mais, laissant de côté cette que^tit^ » il ^t évid«Dt que te repentir
13S LIS TEOIS BÛMB,
et l'exemple seront le bat d'une législation vraiment philosophique. N'est-ce pas au nom de ces principes que les puûicistes les plus éclairés ont réclamé ^ de nos jours^ la réforme de la législation pénale européenne? Aus»^ ouvrez leurs Hvres^ vous serez étonnés de toutes les ressemblances que vous rencontrerez entre les moyens pénaux qu'ils proposent et ceux qu^ employait V Église \ » Tels sont , en abrégé » les moyens de tout getire que Rome emploie pour rendre la vie morale au coupable. Si la juste sévérité des lois le condamne à mourir^ il se voit immédiatement environné d'une nouvelle sollicitude. Aux détails déjà connus j'ajouterai que plusieurs confréries font de la bonne mort des condamnés le grand objet de leur zèle et de leurs prières. Dans la q[)lendide église des Augustins , au Corso , TArchiconfrérie du Saint Nom de Jésus et de Marie, expose le saint Sacrement depuis le matin du jour de l'exécution jusqu'après la consommation du supplice. De plus, elle envoie plusieurs de ses membres quêter par toute la ville les aumônes des fidèles , afin de faire célébrer des messes pour le repos de son âme : ces quêteurs sont quelquefois d'éminents personnages. Sur la place de Pasquin , l'Archiconfrérie des Agonisants emploie tout ce que le zèle le plus actif peut inspirer, afin d'obtenir aux malades à l'agonie y et surtout aux suppliciés , la grâce inappréciable d'une bonne mort. Outre l'exposition solennelle du saint Sacrement , et la quête publi* que en leur faveur, elle envoie des billets à tous les couvents et à toutes les communautés de la ville , afin que chacun se mette en prières et s'efforce d'obtenir de la miséricorde divine le salut du coupable. Quoi de
' m$t. «le la civilisai, tn Eunptt leton vi, p, 15.
LIS lEDAUDÂIS DE SAINTE-AGATHE ALLA SUBïTR&A. 133
plus chrétien qu'un pareil usage ! quoi de plus moral aux yeux mêmes de la raison S Mais quoi de plus glorieux pour Rome ! car nulle autre ville dans le monde n'offre un semblable .spectacle.
Sur rinvitation de notre guide nous allâmes ^ avant de rentrer à Thôtel , visiter l'église de Sainte-Agathe aUa Suburra. Les élèves du collège Irlandais s'y trouvaient réunis pour commencer, suivant l'usage, un Tnduum en l'honneur de saint Patrice , apôtre de leur hé* roîque patrie. Il était beau de voir tous ces futurs athlètes de la vérité se préparer par un redoublement de ferveur à la solennelle réception du pain des forts. Il était plus beau peut-être d'entendre tous ces enfants de la noble Mande, prosternés dans la grandeHome au pied de l'autel d'une vierge martyre, appeler sur leur nation la protection de celui qui en chassa l'idolâtrie. Qui sait! C'est peutrêtre de Sainte-Agathe alla Suburra que partira le coup qui sauvera l'Irlande. Quoi qu'il en soit , le voyageur catholique , témoin de ce touchant spectacle, unit de grand cœur ses vœux aux soupirs des opprimés; et si les secrets pressentiments de sa foi ne sont pas vains, il salue avec transport le jour, désormais prochain , où la fière Albion sera forcée de briser les chaînes de son illustre captive , et où la patrie d'O'CJonnell reparaîtra aux yeux du monde catholique, parée de toutes les grâces que donnent aux vierges martyres et la candeur de leur front immaculé et les cicatrices de leurs glorieuses blessures.
134 LSâ Tuois AQiCi:.
16 Mars.
Visite à l'église de Saint- Augustin. — Bibliothèque Angelica. •- Refuges de la Croix de Lorette, de Sainte^Marle in TruHievere, de la Divine CMmenesk ^ RéflexioBi.
Presque au centre de Rome^ sur les ruines du bftoh^ impérial , s^^ève la belle et grande église de Baint*AugustîD. Devant aujourd'hui visitar tes maisons de repentirdestinées aux femmes, ilj^ut convenable de eom« Diencer par rendre nos devoirs à celui qui fut ini-^ntéme un illustre pénitenl. Ajouteg qu'en tête de son histoire^ cette église montre un nom français. Elle doit sa fonda* lion au cardinal Guillaume d'EstouteviUe , minisire de France à Rome , en 1483 ; et sa coupcde ^t la première tpi'ait vue s'élever La Ville éternelle. Q serait long de décrire tout^ les chapelles ainsi que les peintures et les marbres précieux dont elles sont décorées. Le tableau de saint Augustin, placé sur Tautel à droite du tran* septyestduGuerdiio. AgaucfaetmadmireleMfn^ Tkonua de Villeneuve donnant Vaumône, d'Hereule Ferrata; dans Tavant-demière chapelle^ le groupe de la sainte Vierge, de YEnfant-Jéeus et de eaint André, par 6an^ sovino. Mais la merveille de cette église est le prophète haie, peint par Raphaël, sur le troisième pilier à gauche &i entrant. Le jeune émule de Buonarotti dut jouir vi* vement de son succès^ lorsqu'il vit Mich^-Ange luimême prodiguer de justes éloges à cette œuvre entreprise pour lutter avec les prophètes, dont il avait décoré la chapelle Sixtine au Vatican. Je dirai que ce chef-d'œuvre vient d'être copié en mosaïque. Il n'a que 2 mètres de largeur sur 2 et demi de hauteur^ et pourtant il a occupé trois ouvriers à la fois pendant six années. Seule
VISITE A h'iattSE DE SAINT-AUGUSTIN. 135
la pattence romaine petit se résoudre à produire si Icn* tement. J'ajouterai que ces grands tableaux de mosaïque reviennent à cent cinquante ou deux cent mille francs.
Si le génie moderne est dignement représenté à Saint- Augustin , la peinture antique n^y tient pas un rang moins distingué. La belle image de la sainte Vierge qu'on y vénère sufHt pour donner une haute idée de Tart byzantin. Elle est une de celles que les Grecs fugitifs apportèrent d'Orient après la prise de Cionstantinople, et que la tradition attribue à saint Luc. La foule entourait l'auiel de la Mère des miséricordes, et de nombreux poignards , suspendus aux pilastres de la chapelle , annoncent les guérisons morales obtenues par Tentremise de celle qu'on n'invoqua jamais en vain. Une autre partie de la foule se rapprocha de Tautel où je venais de mon* ter. Par une de ces harmonies délicieuses dont Rome possède si bien le secret, sainte Monique repose dans l'église de Saint-Augustin ! Comment dire la messe sur le corps sacré de la plus admirable et de la plus chérie des mères j sans se rappeler les tendres paroles que le meilleur des fils répétait en pleurant près de son cet*cueil : « Elle était, Seigneur mon Dieu ! la servante de a tous vos serviteurs;... elle prenaitsoin de tous, comme « si tous avaient été ses enfants ; elle était souiQise à « tous, comme si chacun d'eux avait été son père *. »
Il fut offert, non plus suivant le désir d'Augustin pour le repos de sa bien -aimée défunte ; mais pour les Moniques et les Augnstins , si nombreux au dix-neuvième siècle. Puisse-t-il leur avoir été salutaire !
Après la messe nous visitâmes la bibliothèque du couvent. Elle est connue sous le nom de bibliothèque
* Confêi.^Mh* tx, c. 9, n. &,
136 LBS TROIS ROME.
Angelica et PasHanei, en mémoiredu père AngdoRocca, augustin^ qui la fonda en 1605 ; et du cardinal Passionei, qui l'augmenta considérablement vers la fin du dernier siècle. On y compte près de cent mille volumes^ entre autres les Acta virorum illmirium, espèce de recueil allemand , de plus de deux cent cinquante volumes, où Ton trouve de tout, mais où Ton ne trouve le tout de rien.
A l'examen des ouvrages inanimés de Tintelligence succéda Tétude des œuvres toujours vivantes de la charité. Afin de n'oublier aucun genre de misère , Rome a préparé aux femmes coupables différents Refuges où elles peuvent renaître à la vie morale. Avant le seizième siècle, on trouve déjà le monastère délia Convertite, au Corso; en 1542 , saint Ignace établit à la Longara celui des Mal mariées; soixante-treize ans plus tard , en 1615, le père Dominique de Jésus ouvrit le refuge de la Croix ; enfin l'année 1628 vit s'élever l'asile de Saint- Jacques : en sorte qu'ici comme ailleurs, Rome peut revendiquer la glorieuse initiative du bien. Or, les femmes coupables peuvent se diviser en trois classes : celles qui , jeunes encore, sont devenues victimes d'un entraînement passager; celles qui sont restées plus longtemps dans le désordre, ou que la justice humaine a frappées de condamnation; enfin celles qui, après le mariage, ont oublié leurs devoirs d'épouse et de mère. On conçoit l'utilité de maisons spéciales pour chacune de ces catégories.
Sur le Mont Pincio s'élève le refuge de la Croix, où l'on n'admet ni les veuves ni les femmes mariées. 11 se compose exclusivement de jeunes filles, que la supérieure elle-même va choisir dans ThôpitalSaint-Jacques. Les réfugiées sont au nombre de vingt; elles vivent en
JEl£FUaS D£ LA GBOIX D£ LORETTE. 137
oommanauté^ sans rien posséder en propre. Leur oo cupatîon est de film la laine pour le compte d'un négodaniqui paye trente écus par mois au bénéfice de Pa^ siie; cent autres écus sont accordés mensuellement par la commission des subsides : avec ces modiques revenus joints à quelques aumi^nes la maison marche parfaite» ment. Tout y respire l'ordre, la propreté, le contentement du repentir, je dirais presque la joie de l'innocence. Tandis que quelques conservatoires inspirent une certaine mélancolie, on éprouve ici je ne sais que! sentiment de tendre satisfaction en voyant tant d'in* fortunées victimes de la séduction marcher, au sein de cet asile silencieux , dans les voies les plus élevées de la perfection ^
En effets bien qu'il leur soit permis de quitter le refuge, s'il arrivait qu'elles prissent à dégoût une telle vie, on les voit presque toutes persévérer ; et même quelques-unes d'entre elles revotent l'habit religieux dans le couvent de Saint-Jacques à la Longara. Les parents les plus proches peuvent les voir une fois par mois. En outre, une fois la semaine, dies sortent de bon matin pour prendre l'air dans les rues peu fréquentées , vêtues uniformément de robes grises, d'une guimpe blanche et d'une petite coiffe placée sur la tête. Le re« fuge de la Croix, fondé en 1793 par les soins de dom Cire, prêtre espagnol, et de la sœur Marie-Thérèse Sébastiani, a reçu les encouragements les plus précieux de Pie Vil et de Grégoire XVI, qui ont daigné le visiter et en confier la direction à un député ecclésiastique dé^ pendant du cardinal-vicaire.
Du Pincio, nous nous rendîmes au Mont Gûdius pour
* Monsei^ur Morich., p. 160,
i38 LIS T10I8 B0A1£.
visiter un nouveau refuge dont voici l'origiue. Vers le eommencenieiit de ce siècte; quelques daines romaines, et principalement la vertueuse princesse Thérèse Doria Pamphili, allant consoler les midades à rhdpital Saint» Jacques, voyaient avec douleur que ces femmes à peine guéries retournaient de nouveau à leurs anciens désordres* Le refuge de la Croix était insuffisant pour lee recevoir toutes, et, comme nous l'avons vu, il n'admet que les fiUes. La princesse demanda donc et obtint de Léon XII un ancien hospice situé dans la rue San (rtevanni. C'est le refuge de Lorette, ainsi nommé parce qu'il est sous la direction de la congrégation de Lorette, composée de dames et présidée par le cardinal*vicaire. On y reçoit toutes les personnes du sexe qui, après leur gtiérison, veulent mener une conduite régulière. Les femmes mariées y sont aussi admises jusqu'à ce qu'on puisse les réconcilier avec leurs maris , éloignés d'elles par suite de leurs dérèglements. La nourriture et le rè^ glement sont à peu près les mêmes qu'au Refuge de la Croix.
Au-dessous de ces infortunées, sont les femmes qui soiient de prison, et que la misère ou toute autre cause entraînerait promptement dans le mal, si une main tutélaire ne venait les soutenir. Pour elles a été fondé le Conservatoire de Sainte-Marie tu Trastemre. A Texc^tion des récidives , elles viennent dans cette maison se livrer aux œuvres de la piété chrétienne et au travail. Bien qu'on ne doive y recevoir que des filles, on y admet aussi les femmes mariées. Elles y restât tant qu'elles veulent, et on les engage à y demeurer, à moins qu'elles ne se réunissent à leurs maris , ou n'aient de bons parents pour prendre soin d'elles. Plusieurs ecclésiastiques et une société de dames pieuses leur donnent tous les