‹ Les trois RomeChapitre 17 sur 75 · T. MI · texte numérisé non relu

T. MI

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écoles soot soMfl la ^direction de la Congrogitim d^ Études, établie par Léon XII. Elle se oompote de cinq cardinaux chargés de veiller à la pureté de la doGirine et des mœurs et à l'exécution des règlements donnés par le sage Pontife.

De rUniversité nous passâmes au Collège romaio, dont les excellents pères Marchi et Péroné voulurent bien nous faire les honneurs. Sous le rapport de l'importance, ce superbe établissement rivalise presque avec FUniversité. Le grand pape Grégoire XIII le fonda en 4582, le dota de riches revenus et en confia la direction aux Jésuites. Conformément aux intentions du Pontife , il y a des classes où Ton enseigne les différentes sciences depuis les plus élémentaires jusqu'aux plus élevées. On y admet non-seulement les Romains, mais encordes étrangers de toute nation qui peuvent y prendre les grades. Le Collège romain compte onze cents étudiants, tous externes, et un grand nombre de professeurs connus de toute TEurope savante : tels sont entre autres les pères Vico, Marchi, Perrone et Secchi. hdépendamment des humanités on y enseigne :

La théologie dogmatique et morale.

Le droit canon.

L^éloquence sacrée.

La liturgie.

La philosophie.

La physique morale.

La physique.

La chimie.

Les mathématiques transcendantes.

Les langues et les littératures hélnraïque et greoque.

Dans les parties supérieures des bfttimeats sont la biblîothèque^ l'obeervatoire et le célèbre mueée Kifofaer.

LS3 BIBLIOTBiQUJBS. |47

La premièrej compoiée d'environ quarante miUe volumes choisis, nous fut montrée par le P. Perrone^ qui en fait son domicile du jour et presque de la nuit. Le savant Romain est un type du genre, dont la vue ressuscite aux yeux du voyageur les poétiques traditions du moyen âge. Voyez sous une robe de bure noire, rousse ou blanche, un religieux aux allures graves, aux manières affables et modestes, la tête coiffée de l'antique barette et le menton orné quelquefois d'une barbe magnifique. Il est assis dans un grand fauteuil de peau, vénérable chaise curule de la science. Devant lui s^étend une large table couverte de papiers plus ou moins raturés et environnée, comme d'une constellation , de pupitres tournants, surchargés d'in-folios et de manuscrits; à droite est Tencrier, peut-être séculaire, dans lequel tant de plumes savantes ont trempé; à gauche, la classique tabatière de buis avec le fazzoletto de coton ; partout les menus accessoires qui annoncent la patiente application de rérudit et la longueur de ses séances parmi les morts. S'il est vrai que la science solide et consciencieuse demande le calme de la solitude et s'allie peu avec les distractions et les plaisirs de la vie mondaine,

Non jacet in molli veneranda scientia lecto ,

le spectacle que je viens de décrire n'est pas indifférent ; il donne foi aux indagcUions romaines^ comme aux études bénédictines. Dans le fait, ces savants, que les inventeurs de la littérature facile trouvent surannés, s'appellent : Vico, Mai, Ventura, Marchi, Perrone, Secchi^ Orioli, Micara, Mezzofanti; et leurs devancier : Thomas d'Aquin, Suarez, Baronius, Bellarmin, Boldetti, Mamachî, Winckelman, Marangoni, etc., etc.

Au musée ^ nous trouvâmes le P. Marchi expliquant les plans des catacombes de Sainte-Agnès. Sous sa conduite, il nous fut donné de visiter avec grand intérêt les nombreuses collections d'antiques en marbre, en bronze, en terre cuite qui placent le musée Kircher immédiatement après ceux de Naples, du Vatican, de Florence et de Paris.

Religioni ac bonis artibus; ces deux mots, gravés en lettres d'or sur la grande porte du Collège romain, annoncent assez l'esprit et le but de renseignement qu'on y donne. Est-il nécessaire d'ajouter que le cœur et le caractère des jeunes gens, dont notre Université ne s'occupe pas ou presque pas, est pour les savants religieux le premier objet de leur paternelle sollicitude? Rien de plus complet ou de mieux entendu que leur système d'éducation morale. Aussi la récompense incontestée de tant de dévouement est l'autorité réelle que les bons pères conservent sur les écoliers. On se souvient à Rome d'un fait qui doit trouver ici sa place. En 1831, à l'époque des troubles de la Romagne, toutes les Universités furent obligées de suspendre leurs cours, tandis que le Collège romain continua paisiblement ses travaux.

Pour achever l'histoire des moyens par lesquels Rome favorise le progrès de la science , il me reste à dire un mot des bibliothèques. Nulle ville en Europe ne compte autant de ces vastes dépôts des connaissances humaines. Outre celles en grand nombre qui existent dans les couvents, il y a onze bibliothèques ouvertes au public : la Vaticanay la Casanatense,VAngelica,VAlessandrinay la Lancisiana, VAra Cœlitana, la Barberini, la Corsini, la Chigi, la Vallicellana et VAlbani. La Vallicellana, établie au couvent de Saint-Philippe de Nérî, est surtout riche en manuscrits ecclésiastiques et historiques.

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