‹ Les trois RomeChapitre 72 sur 75 · PAS80 ALL* ETERNO RIPOSO AL DI 28 FBBRABO · texte numérisé non relu

PAS80 ALL* ETERNO RIPOSO AL DI 28 FBBRABO

l'ANNO 1776, DELL' ETA SUA 60.

LE FIGLIE GRATB ALLA BENEFIGA MADRE

HAN FOBTO QUESTO MONUMENTO

'autre merveille de Turin est la Petite Maison de la J vîdence. A quoi tiennent les plus grandes choses !

534 LSS TB016 ROME.

Un dMcre cte Borne aperçoit ea tmv^rsaDt le tnarotaé qudqufis eMdtves en vente; il est frappé de leur bonne mine; il en prend pitié > et de ce mouvement prompt oomme réclair naîtra la conversion de la Grande-Bretagne, loi^ quoique dans un ordre différent^ même principe et même succès.

A rentrée de Thiver de 18^8^ une Française^ accom* pagnée de son mari et de ses cinq enfants , traversait Turin pour se rendre à Lyon. Cette femme^ enceinte de s^pt mois> tombe subitement malade; on la présente & la porte de tous les hôpitaux; aucun ne s'ouvre pour la recevoir sous prétei^te qu'elle n'est pas dans les cas prévus par les règlements. Â peine de retour dans la petite auberge où elle est descendue ^ cette pauvre femme meurt entre les bras du prêtre qui est venu l'administrer. Ce prêtre était le chanoine Cottolengo. Une mère de famille, une étrangère, une malade repoussée de tous les hospices et mourant peut-être faute de quelques soins donnés à temps! ce spectacle émeut profondément le bon prêtre. Son cœur a conçu Tidée d'une maison destinée à prévenir le retour de semblables malheurs : il n'y aura d'exclusion pour personne ; pour avoir droit d'entrée il suffira d'être repoussé partout. Mais il n'a pas de ressources î Est-ce que la Providence ne nourrit pas les petits oiseaux ? Riche seulement de sa charité et de sa confiance en Dieu , le vénérable abbé place d'abord quatre grabats dans les petites chambres d'une pauvre maison , située dans un des quartiers le plus populeux de la ville. Le nombre des admis s'accroît rapidement; deux pieuses* filles en prennent soin. La charité leur donne de nouvelles compagnes ; c'est le noyau d'une congrégation digne de saint Vincent de Paul.

A l'époque du choléra, on oblige le chanoine Colto-

LA PETITE UAJSOJi 01 hA. PROVIDENCE. 335

leogo à transporter son hospice dans un autre emphcement. Après bien desreeherches^ il trouve un local dans uo des faubourgs. Ce déplacement pouvait faire périr Tœuvre encore au berceau, il fut Toccasion de son développement. La charité s'émeut , on vient en aide au pieux fondateur ; et l'établiâsement qui, en i 829 recevait quatre malades^ en compte aujourd'hui quatorze cents. 11 s'étend chaque jour; car il ne refuse personne^ tQut ce qui ne peut trouver asile dans les autres institutions de charité est reçu de droit à la Petite Maison de la Providence. L'orphelin, Tenfant abandonné, le sourdmuet, ridiot, répileptique , Tincurable, le cul-de-jatte, l'infirme, le malade, la pauvre fille délaissée, Tindigent et l'étranger, tous, jusqu'aux malheureuses victimes de la débauche, peuvent venir frapper à la porte de Thospice, certains qu'elle s'ouvrira.

Mais qui donne la nourriture à toutes ces bouches , des remèdes à toutes ces maladies? Chose prodigieuse, miracle inouï de confiance d'une part , de protection divine de l'autre ! cet établissement colossal n'a ni bien^r fonds, ni rentes, ni dotations, ni secours réguliers; il demande à Dieu d'abord', puis à la charité publique la nourriture de chaque jour, et le pain quotidien n'a jamais manqué ; mais les aumônes, toujours suffisantes pour les besoins du moment, ne les ont jamais dépassés. La Providence laisse à son œuvre cette existence pré* Caire qui fait briller le caractère vraiment divin d'un édifice bâti, pour ainsi dire, en l'air, sans fondements et sans appui et qui croulerait à l'instant même si la main qui le soutient venait à se retirer. Mais aussi la modeste église de l'hospice retentit nuit ej; jour de supplications et de prières : chacune des nombreuses familles de la maison passe à son tour une heure au pied de l'autel.

OÙ est le noviciat des frères et des soears qui soignent tant de pauvres et de malades? Il est dans. la maison. Quelle en est la pépinière? Les orphelins et les orphelines qui viennent y chercher un asile. Outre les métiers et les professions utiles auxquels on les applique^ on les exerce à la noble vocation de servir les pauvres. Les orphelines apprennent à soigner les malades, et quelquesunes se préparent à devenir Sœurs de Charité : une partie des orphelins se dispose aux fonctions d%firmiers; les uns et les autres instruisent et soignent les petits enfants indigents qui viennent du dehors passer la journée dans la maison. Admirable combinaison qui de l'éducation donnée par la charité fait naître pour la charité de nouvelles générations de ministres dévoués * ! L'Italie nous avait habitués aux miracles; mais j'avoue qu'elle nous réservait le plus grand de tous pour le dernier.

Au sortir de ce lieu, où la charité de Jésus-Christ vous pénètre de ses flammes et se montre aussi vive, aussi pure, aussi étonnante que dans les plus beaux jours de l'Église , nous nous rendîmes chez M"® la marquise de

B , l'aimable et pieuse hôtesse de Silvio Pellico.

L'illustre prisonnier du Spielberg, à qui nous étions . adressés, nous reçut avec une affabilité parfaite. Quand on nomme un conspirateur , un carbonaro^ un criminel de lèse-majesté , l'imagination se représente involontairement un homme aux traits durs, au regard farouche, à l'air sombre et méchant, aux formes plus ou moins athlétiques, à la voix criarde ou retentissante : quel fut donc notre étonnement , je dirais notre indignation, en voyant un petit homme qui atteint à peine quatre pieds et demi de hauteur, à la complexion délicate, au visage

' Voyez Instiiuti di heneficenza a Torino , par M. Sacchi.

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