SAINT-MARTIN DES MONTS
régnent dans toutes ses parties, la richesse de ses dorares, la beauté de .ses pavés de marbre, Félégance de ses colonnes, au nombre de vingt-quatre, toutes antiques, de marbres différents et d*ordre corinthien, mais surtout les fresques des bas-côtés, ouvrage immortel du Poussin, la mettent au premier rang des églises de Rome. Toutefois ce brillant spectacle ne fixe pas longtemps l'attention du pèlerin catholique.
Au-dessous de cette église,*resplendissante d'or et de marbre, il en est une autre parée seulement des rides de la vieillesse et des modestes atours de la pauvreté primitive; et celle-là attire le cœur. Le Christianisme qui, aux temps des persécutions, se réfugiait partout, dans les souterrains, dans les antres, dans les ruines^ vint un jour se cacher dans les Thermes ébranlés de Titus. Le pape saint Sylvestre célébra dans ce temple, d'un nouveau genre, deux conciles fameux : le premier, l'an 324, en présence de Constantin, de sainte Hélène, sa mère, de Calpurnius Pison, préfet de Rome; on y compta deux cent quatre-vingt-quatre évoques. Le second, composé de deux cent vingt-cinq pères, s'y tint Tannée suivante. Là fut confirmé, par l'autorité du siège apostolique, le concile général de Nicée ; là furent condamnés irrévocablement Arius, Sabellius et Victorin; là furent brûlés leurs détestables écrits *.
A ces souvenirs précieux, l'église souterraine joint des monuments d'un grand intérêt : voyez-vous cette trèsancienne mosaïque ? Ouvrage des premiers siècles, elle représente TÉve mystérieuse à qui Dieu lui-même promit la victoire sur le dragon, c'est-à-dire, comme l'entendent les saints pères, le triomphe de TËvangile, la destruction
^ MazzolarIj Basiliche sacre ^ t. \l.
des tyrans, la raine des hérésies, le r^s du monde à Tombre de la croix ^ Aux pieds de Ibrie esl le pape saint Sylvestre. Heoreox témoin du succès de la grande lutte, il s*empressa d'en rendre honmmge à la Vierge victorieuse, en lui donnant un titre que, depuis cpiinze siècles, toutes les générations catludiques redisent encore dans 1 effusion de leur amour reconnaissant : Gaudium christianorum , t joie des chrétims. » Honunes infortunés f qui n'avez plus pour nos rites et nos prières le respect religieux commandé par la foi, apprenea^ du moins à leur conserver la vénération humaine que voos inspirent les monuments de l'antiquité. Saviez-vous qoe cette simple parole constate un des plus grands £ûts de l'histoire î
Au milieu d'autres peintures d'une date très-reeulée, on trouve le dossier en (Merre du trône pontifical-de saint Sylvestre. Sa forme et ses dimensions accusât son âge de manière à ne laisser aucun doute dans l'esprit de Tarchéologue exercé. Une petite châsse, soigneusement gardée, renferme la mitre, le naanipule, Tétole et une sandale du même pontife. Pour feire de ce vénérable souterrain une page complète de notre histoire, il fallait que le saint pape reçût les honneurs de la religion dans le lieu même où il avait Uvré po»r elle de si glorieux combats : cette condition a été remplie.
Saint Sylvestre repose ici, euvironné d'un nombreux cortège de martyrs dont le sang défi^dit la foi que le pontife affermit par ses oracles. La taWe de Sergius H, fixée dans la muraille, dit : « Au temps du pape Sergius le Jeune, ont été placés, dans cet autel, les corps du
* Per te loto levravum orbe coastruclae sunt ecclesiae. S. CvRiL. Alexandr.