LIVRE D'HENRI VIII
des sciences et des arts. Notre première station fut à la bibliothèque.
La grande salle qui en forme le corps principal a 216 pieds de long sur 48 de large et 28 de haut. Elle est divisée en deux nefs par sept pilastres. Tout ce qui peut satisfaire Tesprit et les sens s'y trouve réuni avec un goût parfait. Le marbre, les peintures, les dorures brillent sur votre tète et sous vos pieds. Autour des pilastres et des murs sont disposées des armoires qui renferment les manuscrits. Sur ces armoires on a placé une partie de la grande collection des vases italo-grecs du Vatican. Dans l'espace qui les surmonte jusqu'à la voûte est peinte à fresque, d'un côté, l'histoire universelle de l'esprit humain , c'est-à-dire l'histoire des bibliothèques et des livres, depuis Adam jusqu'aux temps modernes ; de l'autre, l'histoire complète de l'esprit chrétien, c'est-à-dire l'histoire de tous les conciles généraux avec les principaux événements ecclésiastiques, depuis Jésus-Christ jusqu'à Léon XIL
La bibliothèque vaticane surpasse toutes les autres bibliothèques de l'Italie, et peut-être du monde, par le nombre des manuscrits grecs, latins, italiens et orientaux : elle en compte vingt-quatre ou vingt-cinq mille. On nous montra une Bible hébraïque, sur vélin, avec enluminures, la plus magnifique, sans contredit, qui ait jamais existé. Nous vîmes aussi un Virgile du cinquième siècle et un Qcéron de la même époque.
Mais ce qui intéresse vivement est le fameux livre d'Henri VIII, roi d'Angleterre, contre Luther ^ A la fin
* En voici le titre : Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum , édita ab invictissimo Ânglise et Franciœ rege et domino Hyberniae, Henrico ejus nomine oclavo , apud iuclytam urbem Londinum in sedibus rynsoniaiiis iMà, â idu8 Juliij cum ])rivileg\o a reg^e m\\A\.Q.
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de rommge, on tt ces paroles : Anglorum Bex, fffRricus, Leani iedma wûttii hoc opus ad fidH te$tem et anûeiUœ, HenrieMê. c Henri, roi d'Angleterre, otEre ï Léoo X cet onfiage en témoignage de sa foi et de son amitié, Henri, » La phrasetout entière est de la mainde Henri VEI, dont le caractère et le cœur semblent se révéler dans son écriture longue, brosquée, irr^olière et entortillée. Quoi qa'il en soit, ÏAssertio valut au royal apologiste le titre de Défenseur de la foi, que lui conféra Léon X. Croirait-on que les successeurs protestants du prince schismatique conservent encore sur leurs monnaies cette glorieuse dénomination ? Si jamais il vous tombe entre les mains une guinée britannique, vous y verrez, après les noms et les titres du souverain, ces deux lettres F. D., Défenseur de la foi.
À côté de cet ouvrage, nous en vîmes un autre bien différent, du même auteur. Dans le même carton se conservent les lettres autographes que le prince libertiû écrivait à Anne de Boleyn. Tant il est vrai que l'incrédulité est une plante qui prend racine dans la Ëmge, ou, comme le disait le spirituel évêque d'Amiens, que c'est toujours le cœur qui fait mal à la tête.
De la bibliothèque on monte dans deux galeries parallèles qui forment ensemble une longueur de quatre cents pas : elles renferment aussi des manuscrits et des livres. Dans le quatrième salon de la galerie, à gauche, est le musée sacré. Cette collection d'antiquités chrétiennes inspire un grand intérêt et produit une vive impression. On y conserve, entre autres objets, des peignes et des ongles de fer dont les bourreaux se servaient poor déchirer les martyrs. En présence de ces affreux instruments, on trouve qu'il est facile de croire à une religion dont les témoins oui bta\i 4i<^ \i^s^^ su3gi\^Uces.