‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 40 sur 155 · POURQUOI GALILÉE FUT-IL CONDAMNÉ · texte numérisé non relu

POURQUOI GALILÉE FUT-IL CONDAMNÉ

tifier la sentence du tribunal apostolique. Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, les protestants eux-mêmes ont réduit à leur juste valeur les sottes diatribes de la philosophie ^. Toutefois l'injuste condamnation de Galilée, par le tribunal du Saint-Office, est une erreur tellement rivée dans les têtes, qu'il peut être utile d'exposer brièvement cette cause toujours ancienne et toujours nouvelle.

 Modëne, le savant abbé Baraldi nous avait indiqué les Mémoires et Lettres jusqu'à présent restés inédits ou épars de Galileo-Galilei y publiés par Venturi, à Modène, en 1818 et 1821, ainsi que les L^^^r^s de François Nicolinif ambassadeur de Toscane à Rome, au bailli André Gioli, secrétaire d'État du grand-duc, et

* On cite Galilée, condamné et persécuté par le Saint-Office, pour avoir enseigné le mouvement de la terre sur ellemême. Heureusement il est aujourd'hui prouvé, par les lettres de Guichardin et du marquis Nicolini, ambassadeur de Florence, tous deux amis, disciples et protecteurs de Galilée, par les lettres manuscrites et par les ouvrages de Galilée lui-même, que, depuis un siècle, on en impose au public sur ce fait. Ce philosophe ne fut pas persécuté comme bon astronome, mais comme mauvais théologien, pour avoir voulu se mêler d expliquer la Bible. Ses découvertes lui suscitèrent sans doute des ennemis jaloux; mais c'est son entêtement à vouloir concilier la Bible avec Copernic qui lui donna des juges, et sa pétulance seule fut la cause de ses chagrins. Il fut mis, non dans les prisons de Flnquisition, mais dans Tappartement du Fiscal, avec pleine liberté de communiquer au dehors. Dans sa défense, il ne fut point question du fond de son système, mais de sa prétendue conciliation avec la Bible. Après la sentence rendue et la rétractation exigée, Galilée fut le maître de retourner à Florence. On doit ces renseignements à un protestant, Mallet-Dupan, qui, appuyé sur des pièces originales, a ici vengé la Cour romaine.

(¥ercttre du 17 juillet 1784, n® 29.)

contenant rhistoire diplomatique, jour par jour, de Galilée à Rome pendant son jugement. De ces pièces ori^ ginales, écrites les unes par Galilée lui-même, les autres par Nicolini, son ami et son admirateur, il résulte, quant ' au sujet de la condamnation :

1« Que Galilée ne fut nullement condamné pour avoir soutenu le mouvement de la terre;

2° Ni pour avoir soutenu que la terre est en mouvement à travers les airs et en collision avec eux, opinion pourtant démontrée fausse par Bacon, Newton, Laplace et par les progrès de la science ;

S*» Mais pour avoir voulu établir, par l'Écriture sainte, et transformer en dogme une hypothèse astronomique alors très-contestée et depuis abandonnée, au moins en partie, comme absurde et insoutenable; d'oii il résulte qu'au lieu de maudire le tribunal qui, le premier, condamna cette prétention, il faut l'admirer et le bénir. N'est-ce pas, en effet, rendre au génie un émment service que de le défendre contre ses propres écarts ? et défendre d'imposer à la raison une opinion contestable comme une loi sacrée, n'est-ce pas protéger dignement la liberté humaine? Telle fut la conduite du Saint-OfBce romain dans l'affaire de Galilée.

Venons aux preuves : « L'air, écrit Galilée, comme corps dégagé et fluide, et peu solidement uni à la terre, ne semble pas être dans la nécessité d'obéir à son mour vement, au moins tant que les rugosités de la superficie terrestre ne l'entrsdnent pas et emportent avec elles une portion qui leur est contiguë, laquelle ne dépasse pas de beaucoup les plus hautes cimes des montagnes; laquelle portion d'air devra opposer d'aulant moins de résistance à la révolution terrestre qu'elle est pleine de vapeur, de fumée et d'exhalaisons, toutes matières participant des

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