‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 41 sur 155 · A QUOI GAULÉE FUT-IL CONDAMNE · texte numérisé non relu

A QUOI GAULÉE FUT-IL CONDAMNE

cpialités de la terre, et par conséquent adaptées à ses mouvements mêmes *. »

Puis, arrivant à l'explication du flux et du reflux de la mer, Galilée Vattribtie à la rotation diurne de la terre sur son axe^ et nullement à la pression de la lune, comme le veut Kepler, dont il se moque amèrement. Laplace vient à son tour, environné du cortège de tous les astronomes, et dit : « Les découvertes ultérieures ont confirmé Taperçu de Kepler et détruit l'explication de Galilée qui répugne aux lois de l'équilibre du mouvement des fluides 3. »

Or, ces opinions reconnues aujourd'hui pour fausses par les hommes de la science, GaUlée voulait, suivant la tendance de son époque, les appuyer sur les oracles divins de l'Écriture et sur les décisions de l'Église, afin de les faire prévaloir. « Il exigea, dit Guichardin, son ami et ambassadeur à Rome, dans sa dépêche du 4 mars 1616, que le Pape et le Saint-Office déclarassent ce système de Copernic fondé sur la Bible. » Dans une lettre à la duchesse de Toscane, il s'efforce de le prouver théologiquement, et de montrer qu'il est tiré de la Genèse. U s'agit du système de Copernic, entendu à la manière de Galilée; car, pour le système en soi, Rome laissa toujours la liberté de le soutenir. Nous devons même à la solhcitude des Papes la publication du livre de Copernic, dédié à Paul III.

Des mêmes pièces originales il résulte, quant aux peines infligées à Galilée :

1* Qu'il n'eut point les yeux crevés, conmie le prétend Montucla ;

^ Dialogues y !¥• Journée, p. 3H.

* Exposit. du système du mondCj liv. IV, c. ii.

164 LES TROIS ROMK.

2** Qu'il ne fut point nais dans nn cachot, comme l'avance Bernini ;

3"* Qn'il n'eut point de chsdnes an pied, comme le disent certains tableaux de nos musées ;

4"* Qu'on ne toucha en aucune &çon ni à ses membres ni à ses yeux ; mais qu'on eut pour lui tous les égards et tous les smns dus à son génie et à sa santé ; qu'après avoir occupé durant le jugement les appartements mêmes du Fiscal, après le jugement, la délicieuse villa Médicis, où il fut entouré, pendant cinq mois, des attentions les plus délicates, il eut pour demeure le palais de son meilleur ami, Mgr Kccolomini, archevêque de Sienne, en attendantqne la peste qui ravageait Florence lui permit de retoumerdanssapatrieetde se livrer àdenouvellesétudes.

Citons encore les témoignages. Mandé de Florence, il arriva à Rome le 18 février 1633, oii il logea chez son ami, François NicoUni, ambassadeur de Toscane. Au mois d'avril, il se mit à la disposition du conunissaire du Saint-Office, t qui, suivant l'expression de Nicolini, lui fit l'accueil le plus bienveillant, et lui assigna pour demeure la propre chambre du Fiscal du tribunal. On permit que son domestique le servit et domdt à ses côtés, et que mes serviteurs, à moi, lui portassent à manger dans sa chambre et s'en revinssent chez moi matin et soir. » Trois jours après le prononcé du jugement, le 24 juin, l'ambassadeur le conduisit dans le jardin de la Trinité-des-Monts, alors appelé villa Médicis, aujourd'hui occupé par l'académie de France. Après dnq mois de séjour à Rome, Galilée passa à Sienne dans lo palais de l'archevêque Piccolomini, et quand cessa la peste qui désolait Florence, il put, au bout de trois mois f ^ retoomer à sa villa d'Arcetri, où la mort le sur-

vier 1642.

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