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AVGUSTI PAGE
IN PRiESEPE NASCI
VOLVIT.
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« Qae le Christ par sa croix iavindUe donne la paix au monde, loi qui, durant la paix d'Auguste, vcndut naître dans une étable. »
En effet la croix, victorieuse de César, du inonde et de renfer, couronne l'obélisque. Nous le saluâmes avec respect, et franchissant rapidement les laides degrés d'un superbe escalier, nous entrâmes à Sainte-Marie Majeure. La célèbre patriarcale occupe la place du Macellum Liviœ, boucherie fameuse, environnée de portiques de marbre, où se vendaient aux avides Romains les productions les plus rares du monde entier, n Mait que cet édifice fût d'une grande magnificence, pour que Tibère le consacrât à sa mère Livie *.
À la naissance de l'Évangile, il devint souverainement vénérable par le carnage des chrétiens dont il fut le théâtre. Dans l'église voisine de Saint-Vit on conserve encore une pierre sur laquelle, suivant la tradition, furent égorgés, comme d'innocents agneaux, une multitude de fidèles. Ainsi , par une de ces harmonies que Rome présente à chaque pas, c'est au lieu même consacré à une femme solennellement impudique, mais lavé par le sang des martyrs, que s'élève aujourd'hui la plus belle église de la Reine des vierges.
Sainte-Marie Majeure doit sa fondation au gracieux Miracle des Neiges. Au commencement du quatrième siècle vivait à Rome un illustre patricien, noble rejeton des anciennes familles consulaires. Privé d'enfants, il résolut, de concert avec sa femme, de consacrer sa riche fortune au Dieu qui la lui avait donnée. Les pieux époux étaient tout occupés de leur projet, lorsque la Sainte Viei^e leur fit connaître qu'elle voulait être elle-même
* Dion., 57.
SAIIITE-MARIE MAJEURE. 247
leur héritière. « Vous me bâtirez, leur dit-elle, une Basilique sur la colline de Rome qui demain sera couverte de neige. » C'était la nuit du 4 au 5 août de l'an 352, époque où les chaleurs sont excessives en Italie. Le lendemain l'Esquilin se trouva couvert de neige.
La ville entière fut bientôt sur le lieu du miracle. Le patrice Jean, puis le pape Libère s'y rendent à leur tour accompagnés de tout le clergé. On manifeste la cause du prodige ; l'église est bâtie aux frais des pieux époux, et le nom de Sancta-Maria ad Nives lui est donné , nom vénérable qu'elle porte encore aujourd'hui *. En mémoire du pape Libère, qui, l'année suivante en fit la dédicace, elle fut aussi appelée la basilique Libérienne. Â ces deux premiers noms s'en joignent deux autres non moins honorables : Sainte-Marie à la Crèche, à cause de la Crèche du Sauveur qu'on y conserve ; et Sainte-Marie Majeure, parce qu'entre toutes les églises de Rome, dédiées à la Reine du ciel, elle est la plus importante *.
Les souverains pontifes et en général le peuple romain, toujours si zélés pour le culte de Marie, ne pouvaient manquer d'orner avec une libéralité particulière son temple principal. Aussi Sainte-Marie Majeure est belle et riche entre toutes les églises de Rome. Quand on a franchi la porte principale, tournée à l'orient, on se
« Voyez Benoit XIV, de Festis B. Marias^ p. 481 . — Baron., Annota ad martyr.^ 5 août. — Constanzi, t. II, p. 24.
• Suivant Pierre le Vénérable, elle est ainsi appelée parce qu'elle est, après Saint-Jean de Latran, la première église du monde : a Habetur Romae palriarchalis ecclesia in honore per- « petuœ Virginis Matris Domini consecrata, quae vulgari ser- « mone Sancta Maria Major vocatur. Major autem idcirco, t quia,post Lateranensem sancti Salvatoris ecclesiam, major « dignilate non solum Romanis, sed et totius orbis Ecclesiis « est. > (Lib. II de Miraculis.)
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trouve en face de trois larges nefs, pleines d'harmonie et soutenues par trente-six colonnes de marbre d'une blancheur éclatante, qui proviennent du temple voisin de Junon Lucina, Des chapiteaux d'ordre dorique, avec une corniche en mosaïque, enrichie de branches de vigne et d'arabesques, couronnent la double colonnade et fondent leurs gracieux dessins avec les riches ornements du plafond.
On est heureux de se rappeler que ce plafond à magnifiques compartiments est doré avec le premier or venu d'Amérique. La cour d'Espagne, l'ayant reçu des mains de Christophe Colomb, voulut en faire honunage k Marie, et l'envoya à Rome pour orner la plus belle église dédiée à YÉtoilede lamer. G'étaitàjuste titre vraimait; car le vaisseau que montait Colomb, lorsqu'il partit pour son immortelle découverte, s'appelait la SatUa-Maria. Quatre colonnes de granit égyptien soutiennent les deux grands arcs de la nef, et donnent un caractère grandiose à la gracieuse perspective. A droite et à gauche, en entrant, sont les superbes tombeaux de Clément IV et de S. Pie V, dont le corps repose dans une belle urne de vert antique enrichie de bronze doré.
Le maître autel, élevé de onze marches au-dessus du sol, est formé d'une grande urne antique de porphyre; le couvercle de marbre blanc et noir, soutenu par quatre anges en bronze doré, sert de table au sacrifice. On croit que cette urne fut le tombeau du patrice Jean et de sa femme. Le baldaquin, magnifique hommage de BenoitXIV, repose sur quatre superbes colonnes de porphyre, entourées de palmes d'or et surmontées de quatre anges en marbre, tenant à la main une couronne triomphale. De chaque côté de l'autel, aux extrémités du transept, sont les deux chapelles de Sixte Y et de la famille Bor-