VICUS PATRICIUS
signé de son sang. Voici enfin, dans une petite pièce voisine, les vêtements sacrés d'un homme que FÉglisc catholique peut montrer avec orgueil à ses amis comme à ses ennemis : c'est la barrette et le cilice de Tillustre et pieuK cardinal Bellarmin.
Si vous levez les yeux, vous voyez le parasol si glorieusement historique porté par saint François-Xavier, lorsqu*il fut admis à l'audience solennelle de Fucarondono, roi du Japon. Ce parasol, fait de Técorce d'un arbre, se distingue par de riches dessins en or, d'un trèsbeau travail, et réunit à la dimension d'un petit parapluie la légèreté d'une plume.
En avant de cette chambre tant de fois vénérable, ou je venais d'offrir l'auguste sacrifice, il en est une autre plus petite, dans laquelle Ignace travaillait. C'est là qu'il écrivit ses immortelles Constitutions; là qu'on le voit encore revêtu des mêmes ornements sacerdotaux et les pieds couverts de la même chaussure. Après avoir laissé aller librement notre esprit et notre cœur à tout ce que peut éprouver l'homme et le chrétien dans des lieux remplis de pareils souvenirs, nous rentrâmes à l'hôtel oii nous passâmes le reste de la journée : il fallait bien ce temps-là pour nous assimiler la délicieuse nourriture que nous avions prise le matin.
14 Décembre.
Vicus Patrieiut, ~ Arc de Gallien. — Maison de saint Justin. -- Église de Sainte-Padentienne. — Souvenirs historiques. —Bains de Timothée. — Église da Sainte-Praxède. — Mosaïque. — ChapelleBorromée. — Colonne de la Flagellation. — Sénat des Martyrs.
A Rome, plus que partout ailleurs, une première vue ne sufSt pas : il faut souvent se reporter aux mêmes lieux,
et étudier les mêmes monuments. Chaque pied de terre que vous foulez, chaque édifice que vous rencontrez, révèle une histoire, un fait qui, par un privilège de la ville éternelle, a pesé d'un grand poids sur les destinées du monde entier avant et après la prédication de l'Évangile. Retournant sur les crêtes inégales de l'Esquilin, nous laissâmes adroite Sainte-Marie Majeure pour entrer dans la via Urbana, ainsi nommée du pape Urbain VIII qui la fit aligner. La vieille Rome sortait de sa triple couche de ruines et se montrait à nos regards avec ses noms, ses monuments et ses souvenirs. Une foule d'ombres patriciennes semblaient nous entourer : nous étions dans l'ancien vicus Patricius. U dut son nom aux patriciens, consignés dans ce quartier par Servius Tullius, qui voulait les empêcher de former de nouvelles trames. Non loin de là étaient le lubrique théâtre de Flore et un temple de Diane. Properce avait ici son habitation, elle ne pouvait être mieux placée *. Comme la volupté engendre toujours la bassesse de Tâme, nous ne fiimes point étonnés de trouver dans le voisinage un arc en travertin, d'un travail médiocre, élevé en l'honneur de Gallien, et qui porte cette inscription oîi respire l'adulation, poussée jusqu'à l'idolâtrie :
GALLIENO INVICTISSIMO PRINCIPI
CVJVS INVICTA VIRTVS SOLA PIETATE SVPERATA EST
M. AVRELIVS DEDICATISSIMVS NVMINl
MAJESTATIQVE EJVS.
A tous ces monuments profanes, à tous ces hommes de triste mémoire ont succédé des monuments et des
^ Et dominum Esquiliis die habitare tuum. Eleg. 22, lib. ID.