‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 96 sur 155 · IMP. XVII. COS. VIII. PP. PRINCIPI. SVO. QVI · texte numérisé non relu

IMP. XVII. COS. VIII. PP. PRINCIPI. SVO. QVI

PRiECEPTIS. PATRLE. CONSILIISQVB. ET.

AVSPICIIS. GENTEM. JUDiEORVM. DOMVIT.

ET VRBEM. HIEROSOLIMÂM. OMNIBVS. ANTE.

SE. DVCIBVS. REGIBVS. GENTIBVS. AVT. FRVSTRA.

PETITAM. AVT. INTENTATAM. DELEVIT *.

Sous les coups du temps et peut-être des Barbares, cette seconde inscription était tombée : on la retrouva dans le grand Cirque, assez bien conservée pour Are correctement transcrite, mais trop endommagée pour être remise à sa première place. Tel est l'arc de Titus. Les Juifs ne le voient jamais sans une profonde douleur et peut-être sans une indignation plus profonde encore. Si jamais vous vous trouvez au Forum avec Fun d'entre eux, vous remarquerez qu'il se détournera pour ne point passer dessous; c'est pour lui qu'on a feit un couloir du côté du Palatin. Vaine protestation ! Le monument de sa servitude et la preuve de son déicide n'en subsistent pas moins.

1 Voici cette belle inscription en latin ordinaire el en français : « Senatus Populusque Romanus imperatori Tito Csesari, divi Vespasiani filio, Yespasiano Àugusto, pontifie! maximo, tribunitia potestale decies, imperaloria decies septies, consulari octies, patri patrise, principi suo, qui praeceptis patriae consiliisque et auspiciis, gentem Judaeorum domnit et urbem Hierosolymam omnibus ànte se ducibus , rq^bas, gentibus aut frustra petitam aut intentatam delevit. »

« Le Sénat et le Peuple Romain à Fempereur Titus, César, fils du divin Vespasien, Vespasien Auguste, souverain pontife, dix fois tribun, dix-sept fois empereur, buit fois consul, père de la patrie, son prince, qui, par les ordres de sa patrie, ses conseils et sous ses auspices, a dompté la nation juive el détruit la ville Je Jérusalem, vainement assiégée ou attaquée avant lui par tous les généraux, les rois, les nations. »

ÉGLISE SAIiNT-TUEODORE. 335

Décrivant un demi-cercle sur la droite, nous arrivâmes vers le Gapitole par le côté du Forum opposé à la voie Sacrée. Comme la première, cette nouvelle route est encombrée de souvenirs. Voici d'abord la Curia Julia, bâtie par Jules César, dans laquelle le dictateur convoquait le Sénat. C'est ensuite la statue de la Victoire, qui, donna lieu à la lettre de Symmaque, ce préfet de Rome, ardent défenseur du paganisme sous Théodose, et à la réponse si éloquente de saint Ambroise. Plus loin était le temple même de la Victoire, bâti sur les ruines de la maison que le peuple reconnaissant avait élevée, de ses propres deniers, à Valerius Publicola. En avançant toujours vers le Capitole, on voyait le temple de Castor. Hommes ingrats qui oubliez les bienfaits du Christianisme, venez m; ce lieu vous dira éloquemment les humiliations et les cruels traitements dont FËvangile vous a délivrés : devant le temple de Castor se tenait le principal marché aux esclaves*.

En tournant un peu sur la gauche, s'élevaient le temple et le bois sacré de Vesta. Dans cet édifice dont la forme ronde imitait celle du globe, Rome conservait le feu sacré et le Palladium, gages de l'éternité de l'empire. Voyezvous, près de là, cette statue équestre en bronze doré? C'est Domitien ; il a &it placer son image à l'endroit même où fut le monument de Curtius. Pas un de nous qui ne connaisse et le nom et le dévouement de Curtius. La terre s'était entr'ouverte dans cette partie du Forum ; l'oracle, consulté sur ce prodige dont Rome était effrayée, répondit : « Le gouffre ne peut être comblé qu'en y jetant ce que le peuple romain a de plus précieux. » Le jeune Marcus Curtius s'imagina que les dieux ne deman-

* Senec, de Const. sap. 13.

3% LES TBOIS ftOXE.

datent d'antre victime qne loi : il se préci|Hta solaonellemaA tontanDé,ayec son chend,dansrabtnie^ et passa, auprès des Romains, poorarw sanré sa patrie. Latme s*Âant refermée, on Ini dressa une pyramide K

Pins nous approchons dn CaqMtole et pins les momimoits de la snperstition se mnltiplient. Près de la porte Carmentale, c est le temple de Inncm Juga, ainsi ai^idée parce qn'elle présidait an mariage; c*est le temj^e di dien Âîns Locntins, dien fobriqné avec son nom ei sob temple, parce qae, disait-on, avant la terrible attaque des Gaulois, nne voix noctnme s'était fût entendre en ce lien, annonçant des malheurs ; on l'avait né^igée, et en expiation on y dédia un temple an diai Aius *. Eti&n, à l'aitrée de la vallée qui sépare le Palatin dn Gapitole était le Spoliarium de Sylla. Ce lien funeste était chaque jour rempli de têtes de sâiateurs et de chevaliers romains égorgés par ordre du terrible rival de Marins. Arrivés au terme de cette longue nomenclature, nous n*eùmes garde d'oublier le fameux pont de Galigula. Ce fou couronné avait eu la fiamtaisie de Ëdre jeter un pont entre le Palatin et le Gapitole, afin de communiquer d'une colline à l'autre sans passer par le Forum. De tout cela il reste à peine quelques vestiges.

Pour sanctifier tous ces lieux, théâtres séculaires de l'orgueil, de la volupté et des extravagances des païens, Rome chrétienne a bâti plusieurs églises. Nous nommerons entre autres celle de Saint-Théodore. Édifiée, disent les antiquaires, près du figuier ruminai sous lequel forent trouvés Romulus et Rémus, cette église sert aux

* Les dévouements ne sont pas rares dans l*aniiquilé : c'est le sacrifice humain sous une forme déguisée et l'œuvre du grand Homicide.

» TiT. Liv., lib. V.

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