CHAPELLE PAPALE
assanblées de la confrérie des Nobles. On y porte avec dévotion les enfants nouveau-nés qui sont en danger de mort. Par son nom, elle rappelle un de ces glorieux combats si communs dans les annales de l'Église naissante. Intrépide soldat de Maximien, mais plus intrépide soldat de Jésus-Christ, Théodore eut le courage de mettre le feu à un temple d'idoles dans lequel s'accomplissait un culte abominable. Arrêté sur-le-champ, il sera sauvé s'il témoigne le moindre regret. Pour toute réponse : « Je suis chrétien, dit-il, ce que j'ai fait je le ferais encore. » On rétend par terre et on lui déchire les côtes avec des peignes de fer, jusqu'à mettre à nu les os et les vemes : il expire. Son temple, placé au pied du Capitole, regarde celui de Sainte-Martine, situé de l'autre côté. Ainsi, le soldat chrétien et la vierge consulaire, tous deux martyrs, gardent glorieusement les avenues de la fameuse montagne; et, depuis des siècles, les victimes reçoivent les hoimeurs du monde reconnaissant, dans ces mêmes lieux où leurs puissants bourreaux ne conservent d'autre monument que leur nom exécré.
19 Déeembre.
Chapelle papale. — Le Sacré-GoUége ; division, origine, nombre, nom, dignité des cardinaux. — Anecdote. — Messe à la Chapelle Sixtine. — Cérémonies particulières. — Vues de Tare de Titus, du GoUsée et de l'arc de Constantin réunis. — Réflexions.
C'était le quatrième dimanche de l'Avent : il y avait chapelle papale à Saint-Pierre. On nomme ainsi la messe à laquelle assiste le souverain pontife accompagné du Sacré-CoUége. Charmés de faire succéder au sombre aspect des ruines de Rome païenne l'auguste spectacle
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des cérénonies de Bome dirélieniie, nous paiHmes pour h fiénénUe Basiliqae. Xojcniiaiit deux panls et daon ^1 fr. 35 c.;, UD hooDéie fbcre de bi jriaoe d'Espagne Toolot liieD Dons transporter an Vatican. Pendant que notre 109110 eonrait ai santiltantsnr nnpayéàpâit édiântiOon, mes jomes amis obéissaient à I*asage inévitable de tons les vojageors nonTellement débargnés, je ne & pas à Rome, mais dans ninqwrte quelle ville on village. La tète à la portière, ils r^ardaient les enseignes des bootiqnes et les iaçadesdes maisons.
Je saooombais à la mime curiosité, lorsqu'une bonne pensée me traversant l'e^t, je me dis à moi-mtaie : Nous allcNDs viHT le Sacré-Collége. Xais qu'est-ce que le Sacré-Gollége? que sont les cardinaux! Si j'entre à h chapelle Sixtine sans rien savoir là-dessus; si, à l'insUr des touristes passés et présents, je ne vins dans ces personnages que des ecclésiastiques habillés de rouge, antant vaudrait regarder des vases étrusques ou des hién^yphes égyptiens. Prenant la diose au sérieux, je convoquai sur-le-champ mes souvoiirs et mes ândes en assemblée générale : la séance commença et les réponses suivantes me fiourent données :
Le Sacré-Collége se divise en trois ordres : les cardinaux-évèques , les cardinaux-prêtres, les cardinaoïdiacres.
L'origine des cardinaux remonte aux premiers siècles de rÉglise, Uen que leur nom ne paraisse que sons Constantin. Us n'étaient dans le principe que des diacres oo des prêtres de Rome, mais revêtus d'une puissance et d'une dignité particulières. Nous les voyons en effet présider le concile général de Nicée, et le souscrire au nom du pape saint Sylvestre K Quelle était donc la hiérarchie
^ Hoc constat ex Nicœna synodo , quse habita est Syl-
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de l'Église de Rome? On convient universellement que saint Pierre, ayant établi son siège dans la capitale du monde, ordonna des prêtres et des diacres, auxquels il distribua des emplois particuliers. Le nombre en fut d'abord très-restreint. Grâce au progrès de TÉvangile, saint Glet, troisième successeur de saint Pierre, put l-élever à vingt-cinq. Saint Évariste, qui obtint la chaire de Pierre en 96, divisa la ville en paroisses, afin de prévenir toute confusion; jusque-là il n'y avait qu'un prêtre dans chaque paroisse.
Vers Tan 140, le pape saint Hygin, voyant augmenter le nombre des fidèles, adjoignit au pasteur plusieurs antres clercs. Ces églises ou paroisses particulières furent appelés titres, tUuli; soit parce que là était le tombeau d'un martyr illustre, tombeau appelé titre ou inscription; soit parce que tout ce que l'Église reprenait au paganisme devenait la propriété, tituluSj de cette immortelle héritière de toutes choses; soit enfin parce que chaque prêtre prenait le nom, titulus, de l'église particulière dont il était chargé*. Telle est l'antique et glorieuse origine des cardinaux-prêtres.
Pour les cardinaux-diacres, il fout savoir qu'à partir de la fondation de l'église de Rome, il y eut dans cette ville sept diacres, conune à Jérusalem. Ordinairement sans titre particulier, ils exerçaient leurs fonctions partout où ils se trouvaient. Or, les fonctions des diacres primitifs regardaient principalement le soin des pauvres, des chrétiens emprisonnés pour la foi et des martyrs.
vestro pontifice, oui inter caeteros duo ita subscribunt : Yictor et Vinoentius^ prcssbyteri urhis Romœ pro venerabili viro papa et episcopo nostro Sylvestro^ Plati, de Cardin > dignit, etoffic.y p. 12.
* Baron., an. H2. — Saint Greg., Epist. 63.
Vos Ta diO. fe pq difârems qurtios de h lAc A < ÉDOK â b téie (bs dâcRs: 1 CBtede ] Le dMf de ces nmistics saaés, âi pv le pontife arce le consenteaKBt dm cfergé ci dn pe^le, liait k titre dardûdbcie. Xol ne le porta arec piosde 0oire qK saint Lanmt. Comne aigooidliiii, Rome se dirîsait alors en qnatone répons : diaipie diam arait donc denx régions dans son départemenL Paiqirès,Oi épibL le nombre des diacres à cdoi des quartiers. Dus diaque région il j aiait nn lien, mie église oii le diacre exerçait principalement ses fonctions. Cette é^ise ht appelée dûtemie. Telle est l'origine également TénéndHe des diacres rr^ioimiiîm. Anx qoalorze premiers on eo aqoata bientôt qoatre nonveanx, qiéeîalement destinés ï senir le somroain pontife dans h oâAration des sâats mjstères : ils fiirent a^^dés palatim.
Restent les cardifiaMX'-éréqufs. Chargés de la soUidtode de tontes les églises, les saoœssears de saint Pierre imitèrent ce grand Apôtre. Gomme il a^ait partagé arec ses coUègaes le lardean du goovemaoïeDt, ils Yonlorent aossi le porter en commun avec les évoques soccesseors des Apôtres. Ils choisireiit donc, pour r^résenter le OHps épiscopal répandu par toute la terce, les évéques les plus voisins de Borne » dont ils fiHtnërent leur conseil. On en compte six appelés évêques suburbieaires. Ce sont les évéques d*Ostie et Yelletri, de Porto et Sainte-RuflSnê, de Frascati, d*Albano, de Sainte-Sabine et de Préneste *. L'évêque d'Ostie esttoujours doyen du
' Sixte Y, dans la bulle Religiosa sanctorwn^ les nomme dans Tordre suivant : Ostiensi et Yelitema invioem unitis; Portucnsi et Sanctse Ruffinse itidem unitis ; Albanensi ; Sabi« ncnsi; Tusculana, et Praenestina.