SECONDE VISITE A LA CATHÉDRALE
*9 Février,
Seconde visite à la cathédrale. — Chapelles du séminaire, — de Minutolo. — Crypte. — Tombeau du roi André. — Chapelle de Saint-Janvier. — Trésor. — Sacristie. — Bâton de saint Pierre. — Église des Chartreux. — Mot d'un pape.
Quand vous serez à Naples, couchez-vous de bonne heure, vous vous en trouverez bien : cet oracle est plus sûr que celui de Calchas.
A quatre heures du matin, il n'est plus possible de dormir. Les grelots des ânes et des mulets des jardiniers, les clochettes des vaches et des chèvres qu'on conduit par troupes dans les rues et qu'on trait devant les maisons pour donner du lait chaud aux ménagères; les cris des pâtres et des marchands d'oranges, rendent tout sommeil impossible. Du reste, le ciel de Naples est si admirablement beau, qu'on pardonne volontiers aux tapageurs qui vous procurent le plaisir de le voir au lever de l'aurore. Après avoir joui de ce spectacle, nous reprimes la visite interrompue de la cathédrale.
Le chœur, qui forme un parallélogramme, présente, d'un côté, la chapelle du Séminaire; de l'autre, celle de Minutolo. Les chanoines de Naples composent entre eux une association démissionnaires appelée di Propagande. Ils s'en vont, sur l'avis du cardinal-archevêque, donner des retraites dans les paroisses du diocèse : on sait que saint Alphonse de Liguori en fut un des membres les plus distingués : or la chapelle del Seminario sert à leur réunion. Sur la porte brille la belle Assomption du Pérugin.
La chapelle de Minutolo est curieuse sous le rapport de l'art. Nous remarquâmes entre autra& 4Sn«c% <si\^ *s&
la Passion, de Marc de Stefani, le père de la peinture napolitaine, mort en 1390. Dans la crypte ou soccorpo, placée au-dessus du maître-autel de la cathédrale, re*pose le corps de saint Janvier. Cette chapelle, toute revêtue de marbre blanc, est soutenue par des colonnes qu'on dit provenir d'un temple d'Apollon. Parmi les ornements on admire la statue en marbre du cardinal Oliviero Garafa, qu'on croit de Michel-Ange : les arabesques et les autres peintures décoratives sont d'une rare beauté. Avant de nous rendre à la chapelle de Saint-Janvier, nous vîmes près de la porte de la sacristie le petit tombeau du roi André de Hongrie, misa mort du consentement de Jeanne de Naples son épouse, et nous lûmes cette humiliante épitaphe :