‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 169 sur 215 · HELEN.E MATRI · texte numérisé non relu

HELEN.E MATRI

DOMINI NOSTRI VICTORIS

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histoire de; sainte restitute. 4ôi

On croit que l'oratoire particulier de saint Asprénus et de sainte Candide forme la chapelle du Sainf-Sacrement placée à droite de l'autel : je parlerai bientôt de ces deux illustres personnages. A gauche du môme autel on trouve la chapelle de Saint-Jean in Fonte; elle est ornée de mosaïques et de peintures d'un grand intérêt pour qui veut étudier l'histoire de l'art. Une des mosaïques représente la sainte Vierge vêtue à la grecque. C'est la Madone del Principio, ainsi nommée parce qu'elle fut la première honorée à Naples. Le costume byzantin, qui montre la filiation de Part, se rencontre souvent dans les églises de Rome. A droite de la madone est l'antique portrait de saint Janvier, regardé comme le vrai portrait du saint pendant des siècles. Un sarcophage païen devenu le tombeau du cardinal Pisçicelli, plusieurs mausolées, parmi lesquels nous distinguâmes celui du savant et pieux chanoine Mazzocchi, forment les principales richesses artistiques de Sainte-Restitute.

Mais qui était cette sainte? D'oii vient la magnificence de son sanctuaire et la vénération profonde dont ellemême est environnée? Quand un pays a vu des prodiges d'infamie comme ceux qui souillèrent les rivages de Tantique Parthénope, il faut qu'il périsse ou qu'il soit purifié; or, pour le purifier, il faut du sang. Puis, afin de retremper les cœurs amollis de ses habitants, afin do relever leurs âmes dégradées par d'incroyables déhau* ches, il faut des prodiges non moins incroyables de courage et de chasteté. Cette loi, d'où dépend l'équilibre du monde moral, la raison la devine avant que l'histoire en montre l'application.

Donc, Pouzzoles, Noie, Capoue, furent arrosées de sang chrétien -, et si Naples, sans doute moins coupable, n'eut pas de martyrs, elle vit des ^^»tfe%fefota&ssaBfc.

Vers le milieu du troisième siècle, sous l'empire de Valérien, Proculus étant gouverneur de l'Afrique, il y avait à Carthage une jeune vierge nommée Restitute. Convaincue d'être chrétienne, elle est amenée devant le juge qui la livre à d'effroyables tortures. Vains efforts! l'héroïne demeure inébranlable dans sa foi. Tout à coup le visage du tyran brille d'une joie féroce : il a trouvé un supplice digne de sa haine, et digne aussi de sa victime.

Il ordonne à ses licteurs de saisir la jeune vierge, et de la jeter pieds et mains liés dans une barque remplie de poix et d'étoupes, auxquelles il fait mettre le feu, afin de la faire brûler en pleine mer. L'ordre est exécuté; mais les flammes commencent par consumer les bourreaux, tandis que les vents poussent au large la brûlante nacelle. Pressé sur le rivage, tout le peuple la contemple, attendant le sort de la victime qui bientôt lève les yeux au Ciel, et expire doucement à la vue des spectateurs.

Cependant les flots, messagers fidèles du Dieu qui les enchaîne, les calme ou les agite, transportèrent la barque du martyre aux rivages d'Ischia. Avertis par leurs frères d'Afrique, les chrétiens de Naples vinrent chercher avec un profond respect le corps de la jeune vierge ; et pour mieux glorifier la chaste héroïne que le Ciel leur avait envoyée comme patronne et comme modèle, ils lui bâtirent un sanctuaire avec les débris des temples impurs, oh s'étaient dégradés leurs voluptueux ancêtres *.

1 Voyez Baronius, Martyrolog. Rom., 47 mai, notes B et C ; Annales, t. V, ann. lu, n. 7. — Je n'ai fait que transcrire les paroles du grand historien.

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