‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 172 sur 215 · CHAPELLE DE SAINT-JANVIER · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE SAINT-JANVIER

colonnes en brocatelle soutiennent le brillant sanctuaire; le pavé est en marbre choisi; les fresques de la voûte, des [angles et des lunettes sont des chefs-d'œuvre du Dominiquin : Saint Janvier sortant de la fournaise est de l'Espagnolet ; la Possédée, délivrée par le saint évêque, est l'un des meilleurs ouvrages de Stanzoni, surnommé le Guide de Naples.

Derrière l'autel, digne de la magnificence qui l'entoure, se conservent la tête et le sang de saint Janvier. Chaque année, au mois de mai et au mois de septembre> ces reliques précieuses sont exposées solennellement à la vénération des fidèles : le concours est immense. Le sang se liquéfie, s'agite et bouillonne dans la fiole qui le contient lorsqu'on l'approche de la tête du saint martyr. Voilà le fait qui se répète périodiquement depuis je ne sais combien de siècles, et en présence de je ne sais combien de milliers de personnes de toute condition, de toute religion et de tout pays *.

Si vous n'y croyez pas, allez y voir. La liquéfaction miraculeuse est tellement certaine que le clergé de Naples s'empresse de faire placer les étrangers de manière à la voir de leurs yeux, et à bien s'assurer qu'il n'y a ni

1 Baronius, parlant de l'épouvantable éruption du Vésuve de Tan 474, arrêtée miraculeusement • par l'intercession de saint Janvier, ajoute : <c Insigne ac perenne miraculum sanguin i s ejusdem sancti Januarii, qui cum ampulla vitrea concretus contineatur, liquescere tamen et fluere, perinde ac si recens esset effusus, saepe conspicitur, non ejusmodi est, ut unius vel al ter lus hominis testimonio comprobetur ; sed ita manifestum , ut ipse martyris sanguis assidua miraculorum operatione, vocibus quibusdam vel ut Âbel sanguis damans, pir universum orbem christianum intonet.

(IVot. ad Mart\jro\M V& ustfO\

illusion ni supercherie1. Après avoir vénéré le sang et le chef du martyr, qu'on eut l'obligeance de nous montrer, nous passâmes à la sacristie du Trésor. Outre dix-neuf statues de bronze, ce bazar de la foi en contient quarante et une d'argent, bustes ou figures entières. Que dire des vases d'or, des]croix garnies de diamants? il suffit de nommer un collier tout en perles fines, un devant d'autel tout en argent ciselé, et une mitre enrichie de 3,694 pierres précieuses, diamants, émeraudes, rubis, etc. Tels sont les témoignages de la piété séculaire des particuliers et des roisdeNaples envers saint Janvier.

Toujours dirigés par notre excellent guide, nous visitâmes les insignes reliques conservées à lu sacristie de la cathédrale : celle qui intéresse le plus vivement est le bâton de saint Pierre. La tradition constante de l'église de Naples, confirmée par les monuments de l'histoire, enseigne que le pêcheur galiléen, se rendant à Rome, débarqua sur les côtes de l'Adriatique, traversa la Campanie et arriva par Noie à Naples, l'an 45 de Jésus-Christ2. Reçu dans cette dernière ville par une dame nommée Candide, l'Apôtre la convertit et la baptisa. Quelques jours après, Asprénus, mari de Candide, tomba dangereusement malade. Saint Pierre fut prié de venir le voir;

1 II sangue si espone dalle nove délia mattina, alla quai ora debbono condurvisi coloro chc amano acccrtarsi délia sua miracolosa liquefazione; ed in tal circostanza si dàla preferenza agli esteri, ad oggetto deliminare le incoerenze degli errori divuigati dalla incrédulité. — Jorio, Canonico, p. 20.

1 Voir le savant M azzocchi. -— Ughelli, Hist. Haliœ sacrœ. — Carracdioli, deSacrisEccl.Neap. Monim., p. 70, 106, 108 et suiv.; et les innombrables écrivains de Rerum Neapolitanarum, cités en partie par Struvius, Biblioth. selcc, t. Il, p. UOo.

Page 1