CVI. DECVRIONIS. CONSENSV. POPVLI
B1SELL1VM. OB MERITA. EJVS DECREVERVNT
HOC MONVMENTVM. NiEVOLEIA. TYCHE. LIBERTIS. SVIS
XIBERTABVSQ. ET. C. MVNATI. FAVSTI VIVA FEC1T 4.
Après avoir parcouru la voie des Tombeaux, nous jetâmes, avant de remonter en voiture, un dernier regard sur Pompéi. Adieu, cité providentielle ; bien différente de tant d'autres villes tombées, sans laisser de vestiges, sous les coups des Barbares, tu fus réservée pour l'instruction des races futures : l'épouvantable catastrophe qui t'a mise dans la tombe t'y conserve vivante, ensevelie rous une couche de cendres. Monument ancien et nouveau, tu montres non plus seulement dans les livres, dans des souvenirs et dans des ruines, mais dans une réalité palpable, le paganisme tel qu'il était, voluptueux, cruel, égoïste.
C'est à peine si le quart de ton enceinte est découvert; et déjà nous avions compté neuf temples, deux théâtres,
1 C'est-à-dire : Nevoleja Tyché, première affranchie, à ellemême et à C. Munatius Fauslus,du faubourg d'Auguste *, auquel les décurions, avec le consentement du peuple, ont accordé, à raison de ses mérites, l'honneur du Bisellium, a fait ce monument. Nevoleja Tyché Ta fait de son vivant pour ses affranchis et pour ses affranchies, et pour G. Munatius Faustus.
* C'était le nom d'an faubourg de Pompèi.
un amphithéâtre, des thermes, deux forum, une Basilique, une caserne; pas un hôpital!! Partout dans tes temples, dans tes carrefours, dans tes rues, dans tes maisons, des idoles monstrueuses et des peintures obscènes, vivants témoins de l'infamie de ton culte et de l'abomination de tes mœurs; puis, dans le luxe et dans la distribution même de tes habitations, le sensualisme abject, l'égoïsme et l'absence de la vie de famille. Adieu, Pompéi; page de l'effrayante histoire du monde païen, tu en apprends plus sur la dégradation de l'humanité que tous les livres des sages. Grâce à toi, le miracle qui régénéra l'univers resplendit à mes yeux d'un éclat plus vif que le beau soleil qui brille sur ta tombe entrouverte
Pourtant, au milieu de cette Babylone, il est à croire que Dieu comptait quelques élus : un signe sacré, trouvé dans la maison de Pansa, semble prouver qu'il y avait des chrétiens à Pompéi. Nous savons d'ailleurs que saint Pierre avait passé à Naples en 44 ; que saint Paul trouva des frères à Pouzzoles en 89. Est-il c.'jyable que vingt ans après le passage de saint Paul, et trente-cinq après celui de saint Pierre, une ville aussi importante que Pompéi, et à peine éloignée de quelques lieues, ne possédât aucun disciple de l'Evangile?
«3 Février.
Les Stndj ou Musée Bon rbon.— Vie religieuse . — Vie publique. — Vie privée des anciens.
En 1753, l'abbé Barthélémy écrivait de Rome : « Je monte bien souvent au Capiiole. La première fois que j'y entrai, je sentis le coup de l'électricité, et je ne saurais vous décrire Vimçï^m^mftrcut tant de ri-