VIE RELIGIEUSE
chesses rassemblées. Ce n'est plus un cabinet, c'est le séjour des dieux de l'ancienne Rome, c'est le lycée des philosophes, c'est un sénat composé de rois de l'Orient, que vous dirai-je ? Un peuple de statues habite le Capito!e : c'est le grand livre des antiquaires. »
Si le Capitole est le grand livre des antiquaires, le musée de Naples peut être appelé le second volume de ce grand livre ; et je ne crains pas d'ajouter que ce second volume est bien plus intéressant que le premier. Là vous avez la représentation, ici la réalité. Aux statues des dieux, des rois et des grands hommes qui font du Capitole un olympe, un sénat, un lycée, le musée de Naples ajoute tous les objets qui servaient à la vie religieuse, publique et privée des anciens, et jusqu'aux aliments môme dont ils se nourrissaient. L'impression que nous éprouvâmes en le visitant fut d'autant plus vive, que la vue des Studj complétait la visite de Pompéi et les souvenirs de Baja.
Or, le musée de Naples, véritable bazar d'Hcrculanum et de Pompéi, est tellement riche que, vu la multitude innombrable d'objets de tout genre qu'il offre à la curiosité du voyageur *, il est à peu près impossible de le visiter avec fruit, si on ne le visite avec ordre.
Hier nous avions étudié Pompéi sous le rapport religieux, civil et domestique ; il était naturel de suivre le même plan dans l'examen du Musée. Ainsi nous rappor-
1 Lorsque nous le parcourûmes, le musée Bourbon c. menait 1,68'i objets d'antiquités égyptiennes; HO grands bronzes; 1,830 statues, bustes, bas-reliefs en marbre; 6,093 objets en terre cuite ; 1,300 lampes ; 2,197 objets en verre; 14,000 objets petits bronzes; 2,600 vases grecs et étrusques; 2,000 peintures; 1,700 papyrus, etc., etc.
tâmes tous les objets à trois grandes catégories : la vie religieuse, la vie publique et la vie privée des anciens.
I. Vie religieuse. — Les temples de Pompéi sont, il est vrai, très-bien conservés, mais ils sont veufs de leurs dieux, de leurs prêtres et de leur mobilier. Entrez au musée Bourbon: voici l'Olympe avec ses habitants; remplacez-les par l'imagination dans les niches que vous avez vues la veille, et le temple est animé, le spectacle est complet. Jupiter, Mercure, Ganymède, Bacchus, Flore, Junon, Pallas, Vénus, Ibis, Sérapis, Apollon, les dieux publics et domestiques, toutes les divinités, c'està-dire tous les démons, sont là, en bronze, en marbre, dans toutes les dimensions, dans toutes les attitudes, avec leurs attributs divers, et ce sensualisme de forme que l'art païen donnait à ses œuvres.
Après les dieux, viennent les instruments de leur culte. Voici des autels de toutes formes; regardez celai qui est à votre droite, il vous montre encore quelque ; restes d'une victime. À côté sont deux lectisternium, lits sacrés ou larges consoles sur lesquels on plaçait les vases sacrés et les images des dieux ; un superbe réchaud avec son trépied pour l'usage des parfums et des libations ; les couteaux des victimaires, les vases pour recevoir le sang ; le petit autel des aruspices avec les instruments pour fouiller et examiner les entrailles des victimes; les palettes pour recueillir les cendres; les candélabres à trois, à quatre, à cinq branches ; les patères pour les libations ; les fifres, les trompettes, tous les instruments de musique sacrée.
Afin d'animer tous ces objets, passons dans la galerio des fresques. Voyez les prêtres et les assistants, accomplissant une grande cérémonie dans l'intérieur d'un temple. Tout pavait eu mouxttftftftt, et cour peu qu'on