‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 2 sur 215 · RUE CASSETTE · texte numérisé non relu

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LES

f «r Janvier 1849.

Le premier jour de l'an à Rome. — Visite à Saint-Pierre. — Dimension. — Béantes artistiques. — La Chaire de Saint-Pierre. Les fondateurs d'ordres. — Le baldaquin. — La coupole. — Saint-Pierre, image du ciel. — Les Reliques. — Visite s* Père V... — - Baguette du pénitencier.

Ce jour-là je vécus un peu à Rome et beaucoup en France. Le souvenir de nos amis, souvenir si doux quand on est près, si amer quand on est loin, nous saisit dès le réveil ; que font-ils ? que disent-ils ? Ah I ils pensent à nous, ils parlent de nous, ils nous envoient leurs vœux; et nous aussi nous avions pour eux des souhaits dans le cœur et sur les lèvres. Déposés au saint autel, dans le sein du Père commun de la grande famille catholique, ils furent confiés aux anges du ciel, et Jes plaines de l'Italie ne furent pas assez larges, et les Alpes ne furent pas assez hautes pour les empêcher de parvenir à leur adresse.

Après nos amis de France vinrent nos amis d'Italie. J'aime à le dire, à Rome il règne je ne sais quelle sympathie qui vous donne bientôt des amis et presque des frères. Plus promptement et plus complètement qu'ailleurs, les distinctions de pays, les oppositions, ou môme, si vous le voulez, les répugnances nationales, disparais-

sent pour frire place à un seul titre, celui de catholique. A Rome, chacun se regarde comme chez soi : et vraiment c'est avec raison. Rome n'est-elle pas la ville du IVw commun, le centre de la catholicité, le berceau et le trtne de la foi qui, d'un pôle à l'autre, unit tous les esprits et tous les cœurs dans la même pensée et dans le même amour? Est-ce que les gloires de Rome ne sont pas mes gloires ? est-ce que ses fêtes ne sont pas mes feues î est-ce que sa doctrine n'est pas ma doctrine ?

Voilà ce que peut se dire le catholique français, anglais, africain, asiatique, n'importe sa patrie ; et voilà ce quil sent très-bien et ce qu'il se dit, instinctivement du moins» lorsqu'il est à Rome. Donc, nous reçûmes la Yîsite et les vœux d'un certain nombre d'amis étrangers rt romains. Cette marque d'affection, dont le principe était certainement la communauté de pensées dans la M, produit une impression que le temps ne saurait effacer.

Dans la rue on entendait circuler le Buon capo d'anno, mot consacré par l'usage pour souhaiter la bonne année. Ce mot ne va pas seul; il nous fut aisé de voir qu'à Rome, comme à Paris, le premier jour de l'an, le genre humain se divise mathématiquement en deux classes : Tune qui donne et l'autre qui reçoit des étrennes; et, si j'ai bonne mémoire, partout la dernière est de beaucoup la plus nombreuse, sans être la moins contente.

Laissant à son bonheur cette intéressante portion de l'humanité, nous mimes nos instants à profit et nous nous rendîmes à Saint-Pierre. N'était-il pas convenable de commencer l'année par une visite au roi de la cité? D'ailleurs le bon père V...., pénitencier de France, nous avait donné rendez-vous à son domicile, ce qui veut dire à son confessionnal, adossé au transept de la grande

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