VIE PRIVÉE
cherchent noise à des femmes occupées au même travail, la maîtresse blanchisseuse donne un morceau de linge une petite fille bien sage, qui le reçoit en écoutant avec attention les recommandations de sa supérieure.
Quittons un instant la ville dont nous connaissons les habitants et les arts ; une promenade à la campagne nous sera d'autant plus agréable que nous pouvons la faire sans sortir du Musée. Les beaux fruits de la Campanie n'ont pas changé depuis la destruction de Pompéi, on peut en juger, et par ceux qui sont peints, et par ceux qui sont conservés. La manière d'arroser est la môme. Voyez ce jardinier qui conduit son âne chargé d'amphores et couvert du simple harnais que vous pouvez reconnaître chaque matin sur la place du Mercato.
Le jour oh l'on tue le porc est une fête pour la famille de la campagne, il en était de même au temps d'Auguste. Les règles de l'agriculture n'ont pas plus varié que les principes de l'économie domestique. Les Pompéiens d'autrefois labouraient comme les Campaniens d'aujourd'hui. Voici leurs instruments aratoires, leurs pioches, leurs hoyaux,leursselles, leurs pics, leurs crocs, leurs fourches, leurs râteaux, etjusqu'auracloirpour nettoyer la charrue.
Les bergers sont inséparables des cultivateurs. Cette fresque de dix-huit siècles vous montre, dans leurs costumes et dans leurs habitudes, les pasteurs de ce beau pays de Naples. Ils suivent leur troupeau qui bondit dans la plaine verdoyante; deux petits pâtres traient une chèvre, dont leur camarade reçoit le lait dans un vase ; d'autres pressent le lait et en font la ricotla, encore si recherchée des Napolitains et même des Romains : ils la déposent dans un panier ; et voici, dans le Musée, les restes de ces antiques paniers, soigneusement conservés parmi les objets précieux. ■
Pendant l'opération , un autre berger joue du chalumeau, et si cet instrument, fait d'un simple roseau, n'a pu résister au temps, voici la cornemuse, montée en bronze et garnie d'os : l'outre, qui était en peau , a été consumée ; mais vous pouvez toucher la jolie chaînette en bronze qui suspendait l'instrument champêtre au cou du berger. Vous serait-il agréable d'entendre la clochette ou le grelot suspendu au cou des chèvres , des brebis, des bœufs ou des vaches du siècle de Titus î tirez ce petit cordon qui pend à l'armoire ; prêtez l'oreille, et vous entendrez un son rauque ou argentin , entièrement semblable à celui qui, chaque matin, vous réveille, alors que les bergers conduisent leurs vaches et leurs chèvres dans les rues de Naples.
III. Vie privée. — ■ Qu'étaient dans l'intérieur du foyer domestique ces hommes que nous avons vus dans les temples, dans les villes et dans les campagnes ? Quelles étaient leurs habitudes, leurs meubles, leurs ustensiles, les objets de luxe ou de nécessité dont ils se servaient? Il est facile de satisfaire notre curiosité. Et d'abord, nous pouvons prendre part aux jeux des enfants. En voici des troupes qui s'amusent. Suivant l'usage, l'un rit, l'autre pleure ; celui-là boude, celui-ci joue tranquillement, pendant que son voisin caresse un petit chat. Petits garçons et petites filles jouent aux osselets , et ces osselets ne sont pas ici en peinture, mais en réalité : il vous est loisible de les prendre et de jouer comme ceux qui s'en servaient il y a dix-huit siècles.
Il en est de môme des joyeux sabots, et des vénérables toupies qui firent tant courir les petits Pompéiens, et qui ont conservé le privilège d'en faire courir bien d'autres. Vous avez vu trotter dans les allées du Luxembourg la voiture aux chèvres qvàfoùX,, fc\\*op& Vsw, te touteur