VIE PUBLIQUE
dos bottiers du dix-neuvième siècle. On trouve, dans le magasin, des lampes, des candélabres en terre et en bronze de toutes les formes, de toutes les grandeurs, vernis, et non vernis.
Vous faut-il des lampes à pied, des lampes sans pied, des lampes ornées de bas-reliefs ? il y a de quoi choisir ; en voici une qui conserve encore sa mèche. Deux choses vous étonneront : c'est la perfection du travail, et la ressemblance que les flambeaux d'autrefois ont avec les nôtres. Avez-vous besoin de lanternes ? il est difficile d'en trouver de plus élégantes et de plus solides que celles de Pompéi. Les unes ont pour manche un joli tigre ; les autres ont des parois en talc, espèce de pierre transparente, ou en corne, afin d'éteindre un peu la lumière et de résister au choc.
Cherchez-vous de l'huile ou du vin vieux? entrez dans un Thermopolium. Les amphores, les jarres en sont pleines ; et si vous craignez que le marchand vous trompe, vérifiez ses poids, ses mesures, ses balances : tout est là. Le setier et le triangle, pour constater le niveau des liquides, ressemblent parfaitement à ceux dont les Napolitains font encore usage. Voici le pied romain, il est en os, ainsi que d'autres mesures. La plupart des poids sont en pierre ou en plomb; ces derniers portent écrit d'un côté : Eme, achète ; et de l'autre Habebis, tu auras. Ce qui rappelle assez bien l'enseigne de nos perruquiers français : Demain on rase ici pour rien ; ou celle de quelques détaillants napolitains : Aujourd'hui on ne fait pas crédit ; c'est demain.
Mais vous êtes malade, au lieu de boisson et de nourriture il vous faut des remèdes : la pharmacie est ouverte. Une jolie petite caisse pleine de drogues vous présente des pâtes préparées en Arme de crçtads* ^«s
foire des pilules, et des pilules même toutes faites. Une opération est peut-être indispensable ; il faut vous arracher une dent, ou vous couper un bris ; voici le chirurgien. Sa trousse, très-volumineuse, est étalée à vos regards, et les onguents, dont il faudra composer le premier appareil, sont renfermés dans d'élégantes boites de poche conjointement avec de petits instruments de chirurgie. Si votre cheval a besoin d'une saignée, l'artiste vétérinaire est là avec ses lancettes ; il peut même vous offrir de la charpie très-bien conservée. La collection des instruments de chirurgie trouvés à Pompéi fait encore l'admiration des hommes de l'art : variété, richesse, élégance ; elle ne laisse rien à désirer.
Il y a longtemps que nous voyageons, notre linge a besoin d'être lavé ; mais nous voulons qu'il soit lavé à l'antique, comme on lavait celui d'Auguste, de Titus, de Nonius ou de Munatius Faustus. Déjà nous avons vu le lavoir public, sa grande chaudière, ses différentes pièces pour recevoir, conserver, battre ou sécher le linge. Si cela ne suffit pas, une belle fresque, contemporaine de l'opération, nous la fait connaître dans ses plus grands détails. Elle montre que les hommes, les femmes et les enfants travaillaient également à l'œuvre essentielle de l'économie domestique.
Les uns retirent le linge de la chaudière et le mettent sous presse pour exprimer l'eau qu'il contient ; à côté d'eux est leur lampe avec la burette îi l'huile, afin de pouvoir prolonger leur travail pendant la nuit ; les autres portent les tissus aux laveuses qui les passent dans des vases de métal. Voici des jeunes gens qui pressent les draps dans des conques ; quelqur s-uns de leurs camarades les étendent, et d'autres portent le banc de lessive semblable à celui que nous c^m^^. V<«\&mt qu'ils