‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 71 sur 215 · L. FABRICIUS C.-F. CVR. VIAR. FACIVNDVM · texte numérisé non relu

L. FABRICIUS C.-F. CVR. VIAR. FACIVNDVM

COERAVIT. IDEMQUE PROBAVIT

Q. LEPIDVS. M. -F. M. LOLLIVS. M.-F. COS.

S. C. PROBAVERVNT.

On l'appelle vulgairement de9 Quattro Capi, des Quatre-Têtes, à cause d'une statue de Janus Quadrifrons qui se voit à l'entrée de la place. Ce pont conduit à l'Ile du Tibre, si célèbre dans l'histoire de Rome païenne et de Rome chrétienne. Là , s'élevaient le temple de Jupiter Lycaonien et le temple plus fameux d'Esculape. Rome, désolée par la peste, envoya des ambassadeurs en Épire, conformément aux oracles sibyllins, avec ordre d'apporter le dieu d'Épidaure. Un serpent monstrueux fut

amené à Rome et placé dans l'Ile du Tibre, où il ^ut son temple, ses prêtres et ses autels *. Les malades venaient en foule lui demander la santé; et les Romains, pour ne pas se donner la peine de soigner leurs esclaves vieux ou infirmes, les envoyaient au prétendu dieu afin qu'il les guérit. C'était un moyen commode de s'en débarrasser2.

Dans l'Ile du Tibre on rencontre une de ces belles harmonies que Rome présente à chaque pas au voyageur attentif. Et d'abord, au même lieu ou l'antique serpent se faisait adorer par les maîtres du monde, règne aujourd'hui dans son glorieux tombeau un des douze pêcheurs galiléens qui renversèrent l'idolâtrie : là s'élève la belle église de Saint-Barthélémy en l'Ile. Ensuite, autour des restes sacrés de l'Apôtre, dans les édifices ruinés qui logèrent les prêtres d'Esculape, s'étend l'hospice des frères de Saint-Jean de Dieu, si aimés des malades et des pauvres de Rome.

Non loin du temple de Jupiter était Pédicule de Faune, puis la statue de Simon le Magicien, mis au nombre des dieux de l'empire 3. Sous Tibère, l'Ile du Tibre, témoin de l'agonie des esclaves abandonnés, le devint encore des angoisses des personnes de distinction que déjà le caprice et la cruauté du farouche César condamnaient à la mort : c'est là qu'elles attendaient pendant un mois entier l'exécution de leur sentence *. Aux païens succédèrent nos pères dans la foi, et une foule de martyrs purifièrent de leur sang cette terre tant de fois souillée.

1 Epitomat. Livii, lib. II. — Plin., lib. XXIX, c. iv.

* Suet., in Claud., c. xxv.

* Euseb., Uisl. ceci, lib. II, c. xn; Just., Âpol. 1. J -'• SiD0N.,lib. I, epist. 7.

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