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Tel lier (Sébastien le], chanoine régulier, né à Paris le 1 3 décembre 1 707, fut couronné au Paliûod de Rouen en 1739 par P.-J.-L. Becdelièvre pour une ode latine sur Abiathar. Mort à Saint- Vincent de Senlis^le 3o mars 1 763.
Tellier [Simon le], de Rouen, concourut aux prix du Palinod en 1742, et y remporta TEtoile, pour une allégorie latine sur la Ville de Rouen ^ toujours libre et triomphante.
Tellier (P. le], dont on n^a que deux pièces en deux ans au milieu du xvi* siècle, se trouve dans le Recueil ms. in-fol. de Jacques le Lieur, Prince du Palinod de Rouen en 1 544. Il lui présenta un rondeau ayant pour refrain et premier vers :
En m'exemptant d'estre en péché surprise.
La ballade de Tannée suivante a pour ligne palinodiale :
La toute belle à son plaiâr.
Tellier (J.^L.), connu au Palinod de Rouen par trois allégories latines en 1 664 et 1669, l'une sur r Olivier, Tautre sur le jeune Papyrius, la troisième honoraire sur r Amiante, C'est peut-être le même que le recteur de deTUniversité de Caen ci-dessus, avant que d^occuper cette charge.
Terrisse (Fr ançois-Christophe), né k Hantes le 19 novembre 1704, prêtre, docteur et doyen de la maison et société de Sorbonne, chanoine et haut doyen de PEglise métropolitaine de Rouen, abbé de Saint-Victor-en-Caux, vicaire général de Tarchevêque de Rouen, et président
de la chambre ecclésiastique du diocèse, mort en cette ville le mercredi 3o mars 1785, étant Prince du Palinod depuis 1782.
Peu d^hommes ont mérité comme l'abbé Terrisse les regrets de leurs contemporains et le souvenir de la postérité. Ses premiers pas dans la carrière des lettres annoncèrent ce qu'il fut depuis. Un caractère solide joint à un esprit capable de tous les genres^ le tourna de bonne heure vers les connaissances utiles. Sa vocation lui imposa le devoir de s^appliquer à Tétude de la théologie; bientôt la maison de Sorbonne s^enorgueillit en quelque sorte de le compter parmi ses membres.
Chanoine en 1732, il dut aux suffrages de cinquante égaux d^étre élu doyen de sa compagnie en 1750. lia fait autant d^honneur à cette grande place qu'il en a reçu d'elle.
Associé pendant plus de cinquante ans au gouvernement du diocèse en qualité de vicaire général, il peut servir de modèle à ceux que la Providence destine aux mêmes fonctions. Il brilla au second rang, et ne se serait point éclipsé au premier : peu s'en fallut qu'il n'y montât. L'ordre épiscopal doit regretter que ce n'ait été qu^un projet.
Sa modestie et ses occupations ne lui ont point permis de publier beaucoup d'ouvrages. On en peut voir la notice dans la France littéraire, t. I et III, oti l'on trouve :
Mémoire sur l'origine de l'abbaye de Saint- Victor-en- Caux et les droits prétendus sur elle par l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen ;
Justification du mémoire sur l'origine de l'abbaye de Saint- Victor-en-Caux ;
Quatre mémoires sur la question si un religieux de
Tordre de Cîteaux est apte et idoine à posséder un bénéfice de Tordre de Saint- Benoist; avec des recherches historiques sur la fondation, les droits et les caractères distinctifs des principaux ordres religieux ;
Mémoires pour les doyen, chanoines et Chapitre de PEglise de Rouen, contre les curés de la même ville; Défense des droits de T Eglise de Rouen pour servir de réplique aux mémoires des curés de Rouen;
Mémoire historique sur les marbres employés à la décoration de Pentrée du chœur de l'Eglise de Rouen; Lettre sur la présence réelle, ouvrage excellent. On ne fait point ici mention des mandements et instructions pastorales quHl a composés pour les prélats qui recouraient à ses talents encore dans ce genre.
M. Tabbé Terrisse parlait encore mieux qu^il n'écrivait. Il posséda au suprême degré Part de s'exprimer sans préparation. Tous les sujets devenaient intéressants en passant par sa bouche; aucun ne paraissait obscur quand il le proposait, ni difficile quand il Pavait discuté. On peut assurer qu'à cet égard, quoi qu'il ait vécu plus de quatre-vingts ans, jamais il n'a vieilli.
Il réunissait aux qualités de l'esprit celles du cœur : car il a eu de vrais amis, ce n'est point la moindre partie de son Eloge..
La piété la plus tendre et la plus sincère, une foi vive et simple, une simplicité délicate couronnèrent les talents et les vertus de l'illustre mort, et consolaient les âmes qui ressemblaient à la sienne du malheur de Pavoir perdu.
Les larmes que tout un peuple a vu couler des yeux du prélat respectable qui lui rendait les derniers devoirs de la religion, après lui avoir prodigué les marques les plus touchantes de l'amitié, en ont dit infiniment plus et
se sont exprimé beaucoup mieux qu^on ne Ta fait dans cette notice. Elles ont honoré et celui qui les versait et celui sur lequel elles étaient répandues.
L'abbé Terrisse avait donné le spectacle du même attendrissement en pleine Sorbonne, lorsqu'il! y vint annoncer la mort du cardinal de Tavannes, auquel il était si tendrement attaché, et avec tant de raison.
A cet article nécrologique ( i ], tiré en grande partie du Journal de Normandie 1785, p. 106, il faut joindre réloge de l'abbé Terrisse par M. de Couronne à l'Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts, dont cet abbé était titulaire; et celui prononcé à la séance publique du Palinod de Rouen en 1786 par l'abbé Hamel : car il y avait trois ans que le successeur et confrère des la Roque, des Le Lieur et des Bretel, avait été élu chef du Puy de la Conception qu'ils avaient présidé dans les siècles précédents. Il avait proposé dès 1782, pour l'année suivante, un sujet de prix d'Eloquence; combien il est intéressant pour la gloire et le bonheur des Français de conserver leur caractère national. Cette maxime, inspirée par le patriotisme, n*a été bien saisie et bien traitée qu'en 1784 par M. Mutel fils, de Bernay, à qui est échue une médaille d^or de la valeur de 3oo livres pour récompense, ainsi qu'il avait été annoncé dans le programme.
Thibault (Guillebert), Prince du Palinod de Rouen en 1494, y couronna Guillaume Tasserie.
Thibault [Jean) était le cinquante-quatrième reçu dans l'association des Palinods de Rouen en qualité de juge ou de confrère à la fin du xvi* siècle.
(i)Le texte dit « chronologique. »
Thibault (Guillaume], un des plus célèbres auteurs parthéniques au Palinod de Rouen au commencement du xvi* siècle, tant en vers latins qu^en vers français (i). Il commença en i5i8 par les vers français, sous Pierre Auber qui couronna sa ballade sur Marie la mère de Grâce. Le môme prix lui fut donné les deux années suivantes, et en t524, pour la même forme de poésie. Il ne s^éleva au chant royal qu'en i522, et continua jusqu^en 1524. On en trouve encore de lui vers i53o. Son premier rondeau est de i52i, le second de i523. Celle de ses pièces qui fit le plus de bruit est sa ballade de 1 520, parce qu'elle donna lieu et servit pour ainsi dire de prologue à. la moralité de Guillaume Tasserie qui fut jouée au Palinod en cette année (2).
(1) « Maître Guillaume Thibault » (il signe ordinairement ainsi) est en eflet représenté dans le Recueil de Vidoue par trois chants royaux, une ballade, deux rondeaux et enfin par quatre épigrammes latines (ff. 37, 71 et 89). La ballade qui suit n'y figure point parmi ces pièces.
(a) La moralité à laquelle donna lieu cette ballade n*est pas de Tasserie, mais du même Guillaume Thibault.
Cest bien en i520 que fut couronnée la ballade de^Thibault, au refrain « la dame à Tagneau sans macule. » Cest bien en i5ao que fut jouée la moralité composée sur le même sujet. L'une et Tautre pièce sont dans le Recueil des poésies palinodiques (ms. Y 18 anc. f.y Bibl. de Rouen), pour Tannée iSio.
Guiot s'est d'ailleurs corrigé dans son Histoire de VAcadénùe de Vbnm.-Conception, où il n'attribue pas à Tasserie la moralité jouée le soir même du concours de iSio au banquet des Princes (ms. Y 48, fonds Mart., f. ao5).
11 est du reste impossible, même absurde de supposer que, sur une ballade présentée le matin par Thibault, Tasserie ait pu composer et fEÛre jouer le même jour une moralité en 400 vers.
Il arriva ce jour que Thibault produisit à la fois et ballade et moralité, tout comme en 1490 Tasserie avait produit en même temps son chant royal BelU sans sy en sa Conception, et sa moralité du
Deux dames, l'une à Taigneau, L'autre au serpent en furie, Assemblaient en la prayrie Deux gendarmes en ung troupeau ; Mais l'un d'eux y laissa sa peau.
Ungne dame portant pour armes En son cscu l'aspic divers, Vexait par l'un de ses gendarmes Ungne dame à qui sont ouvers De grâce les jardins tout vers, Qiie le serpent ord ne macule, Descripte en l'Eglise par vers :
La dame à l'aigneau sans macule.
Geste dame plongée en larmes Au Dieu tous biens a descouvers Se retira au mont des Carmes Où maints hommes a recouvers.
Noble cueur l'ung saute en travers Disant celluy qui tout spécule Préserver du serpent pervers La dame à l'aigneau sans macule.
Triomphe des Normands, développement du même thème palinodique.
Mais la malheureuse phrase des Trois siècles palinodiques. « Sa ballade donna lieu à la moralité de Guillaume Thibault, qui fut jouée au Palinod de cette année, » a fait son chemin et a induit Ballin dans un complet tissu d'erreurs : non content d'appliquer à Tasserie la moralité de la Dame à Vagneau, il confond celle-ci avec le Triomphe des Normands (qu'il n'a jamais vu) et donne l'analyse de la moralité de la Dame à Vagneau croyant donner celle du Triomphe, (Notice sur l'Acad. des Palinods, p. 47. Extrait du Précis des trav. de TAcad. de Rouen, 1834). — Cf. P. Le Verdier, Le Triomphe des Normands, (Précis de l'Acad. de Rouen, 1889-1890.)
M. P. Le Verdier, qui nous communique ces renseignements, a préparé une édition des œuvres poétiques de Guillaume Tasserie et de Guillaume Thibault.
àS9
Ce bon vassal cueurs aux allarmes Livra sur le temps des yvers A cil qui mouvoit tels vacarmes Pour la dame tourner en vers
Prouvant par foy qu'il articule
Triumpher sur aspic et vers
La dame à l'aigneau sans macule.
ENVOY
Prince, les mystères couverts En l'aigneau qui tout bien calcule , Monstre à tous laycs et convers La dame à l'aigneau sans macule.
La poésie latine fut une nouvelle source de gloire pour Guillaume Thibault; mais les mêmes manuscrits qui contiennent ses poésies françaises^ ne nous ont pas conservé ses vers latins. Le Recueil imprimé de Pierre Vidouve vers i53o les renferme, et l'on en compte quatre sous le nom de Guillaume Thibault.
Thierry [Antoine), curé de Saint-Jean de Rouen vers i6i I, gouverna sa paroisse pendant cinquante-cinq ans et mourut en 1666. C'était le doyen de Tassociation pâlinodique, en laquelle sa place lui donnait droit de séance.
Thierry, avocat au parlement. Des trois allégories latines qu'il composa pour le Palinod de Rouen, il en donna deux aux Princes du temps, et elles furent honoraires. Elles étaient une sur /a P^rcene/j'^, l'autre sur les Curiaces; c'était en 1 652 et Tannée siii vante. Auparavant et en lôSg, il avait remporté TEtoile pour une allégorie sur la Rose des Indes.
Thiérion [Jean- Baptiste], curédeSaintJean de Rouen en 1719, était de Reims où il était né le 7 mars 1672. Il posséda sa cure depuis 1719 jusqu^au 14 avril 1742, année de sa mort. Il fut regretté de ses paroissiens qu'il dirigeait avec douceur et des poètes dont il savait exciter Témula* tion au profit de la société pal inodique dont il était membre au même titre que ses prédécesseurs.
Thirel [Louis], de Lisieux, prêtre et lauréat distingué au Palinod de Rouen, dont on a autant de vers latins que de français. Il débuta en i635, sous Henri d'Orléans, par une allégorie latine tirée du mont Parnasse, et elle lui valut le prix de TEtoile sur le mont Carmel. La Ruche d'argent qu'il remporta la même année, le flatta davantage : le sujet de Tode alcaïque pour laquelle on la lui adjugea, ressemblait assez au symbole qu'il reçut, c'était fil rc/i& dépositaire de la manne du désert. Une autre allégorie sur la ville de Catane, et couronnée l'année suivante par Guill. Marescot, fut son dernier poème latin. Au bout de trois ans il eut un prix de chant royal sous Jacques Deshommets.
Le sacré mur que la flamme n'outrage
en était le refrain. Suivit une ballade en 1640 sur Tobie, et même succès, sous Jacques le G)nte, qui lui présenta en outre l'Anneau d^or pour un sonnet touchant un Vieillard sauvé du feu. La palme du chant royal qu'il moissonna en 1641 sous L.-F. de Bassompierre, fut le dernier objet de son émulation ( V, le Supplément).
Tliorel, avocat au parlement, remporta au Puyde Caen
en 1680 le premier prix du chant royal. Son refrain
était :
L'Ile charmante où Thomme vit sans peine.
Mais dès 1675 il avait eu au Palinod de Rouen TAnneau dbr pour un sonnet sur le siège de Bellegarde. Trois ans après il remporta trois autres prix : ceux du chant royal, de Tode française et des stances. Ces poésies étaient sur un enfant garanti du naufrage, sur le Temple de la Fortune et sur l'arche de Noé.
Thouroudey prêtre du diocèse de Lisieux, s'est fait honneur au Palinod de Rouen dans le genre lyrique. Plusieurs odes latines et une hymne prouvèrent sa supériorité dans la haute poésie latine, et ses sujets étaient presque tous à la louange de la famille royale, à l'exception de l'hymne sur la Visitation en 1 747, et une ode sur Aman en 1746; le reste est sur le Mariage du Dauphin ou sur les Victoires du Roi^ sur lesquelles il fit aussi une allégorie en 1745.
Throsnel {Nicolas), conseiller du roi en la cour du parlement de Normandie, et chanoine en l'église cathédrale de Rouen^ Prince du Palinod en t6i6. Les noms de Ch. de Lastre, de le Métel et de Halle embellissent le Recueil des pièces couronnées sous sa principauté.
Throsnel, après avoir remporté le premier prix des stances en 1672 au Palinod de Rouen, remporta deux ans après celui du chant royal. Dans sa première, pièce il avait pris la Lumière pour sujet. L^argument de la seconde fut VEau du Baptême.
Restes pompeux d'un florissant empire, Vieux murs brisés de marbre et de porphyre, Thermes, objets autrefois précieux, N'attendez point qu*ici je vous admire :
Ce n'est pas vous que je cherche en ces lieux.
Un plus beau feu m'échauffe le courage, Rome m'appelle à voir un saint ouvrage :
Toutes vos eaux n'étaient que vanité Et le ciel veut que sans crainte on préfère A votre infâme et sale volupté L'unique bain dont l'onde est salutaire.
Qp'ay-je dit, Rome? Et qu'ay-je voulu dire ?
Partout l'Eglise à cet objet m'attire,
Et me fait voir ce bain mystérieux,
De qui les eaux sans courir au martyre
Nous font revivre en nous ouvrant les cieux.
Rome n'a pas seule cet avantage
D'avoir pour soi ce trésor en partage ;
Tout l'univers pour sa nécessité
Aussi bien qu'elle en est dépositaire,
Et peut ofirir à notre infirmité
L'unique bain dont l'onde est salutaire.
Qpe de vertus au point qu'on la désire Cette eau céleste à nos âmes inspire ; Qpe les effets en sont prodigieux !
La grâce y vient, le péché s'en retire, Sans y laisser rien de contagieux ; Du fier démon elle dompte la rage, Rompt nos liens, nous tire du servage ; Et nous ayant remis en liberté, Dieu nous regarde avec des yeux de père.
Tant a de force en nostre adversité L'unique bain dont l'onde est salutaire.
Vous dont la voix si doucement soupire.
Ne venez plus chanter sur votre lyre Du vieil Eros le bonheur spécieux.
Pour rajeunir au moment qu'il expire, Je n'en vois pas son sort plus glorieux :
Son changement n'est visible qu'en l'âge
n ne revient au jour qu'à son dommage ; U meurt deux fois, s'il est ressuscité.
Mais la mort même est douce en la colère, Pour qui sçait prendre avec humilité L'unique bain dont Tonde est salutaire.
Cette autre vie où le chrétien aspire, Est le seul bien qu'en son cœur il respire; Pour en jouir et le posséder mieux, 11 a besoin que ce cœur se déchire, Lorsque la mort vient lui fermer les yeux. De sa grandeur le baptême est un gage ; Cen est la marque, et l'assuré présage Pour arriver à l'immortalité Et la souffrance est un mal nécesssdre, Qpi fait trouver si grand en dignité L'unique bain dont Tonde est salutaire.