‹ Les Trois siècles palinodiques, ou, Histoire générale des palinods de Rouen, Dieppe, etcChapitre 2 sur 16 · V. Pommeraye, Farin, le Gallia Christiana, t. XI, etc., etc · texte numérisé non relu

V. Pommeraye, Farin, le Gallia Christiana, t. XI, etc., etc

Harlay (François de), neveu du précédent et comme lui archevêque de Rouen, sur sa résignation. N'a point été à la vérité Prince du Palinod de Rouen, comme son oncle, quoique très porté à favoriser les lettres dans lesquelles il était même très versé. Cependant l'Apollon d'argent, dont il récompensa le zèle de Colletet, qui lui avait présenté une ode française sur la Conception, doit faire augurer de ce qu'il eût pu faire pour le Palinod de Rouen, si l'expectative qu'il avait de la première mitre du royaume lui eût laissé plus de loisir pour penser aux

muses parthéniques qui avaient déjà tant d'obligations à sa famille.

Il avait donné à Jean Guérente un bénitier d'argent, pour une hymne française sur la Réforme de Jumiéges,

Haudens [Guillaume de), auteur d'un chant royal sur X Auri flamme 1 et dont les vers ont été conservés dans un ancien manuscrit autographe in-40 du Palinod de Rouen vers i53o (1).

Haulle [Michel Duchemin de la) remporta le premier prix de l'allégorie latine vers 1647, sous la principauté de Maximilien de Dampont au Palinod de Rouen. Cette pièce était sur Œdipe (2).

Haulterive (Nicolas de), dont on connaît trois chants royaux, dont l'un couronné en 1612, l'autre en 1618; celui-ci était sur

La seule olive en la flamme féconde.

(i)Guiot, d'ordinaire suffisamment instruit sur les œuvres des lauréats palinodiques, est ici bien court, à propos de l'un des poètes rouennais les plus remarquables du xvie siècle. Mais comment lui en faire un crime, quand du Verdier lui-même a écrit juste quatre lignes (II, io3) sur ce fabuliste, que tous nos critiques contemporains ont franchement admiré. La Croix du Maine (I, 33o) avait déjà signalé en lui le traducteur du Rustique, de Politien. Il faut lire la belle notice qu'a mise M. Ch. Lormier en 1871, en tête de la réimpression de ses Apologues, faite pour les Bibliophiles normands. On peut voir aussi les curieux détails recueillis par M. l'abbé Collette, dans son Histoire de la Maîtrise, pp. 97-99. (Rouen, 1892 ; in-40.)

(2) Michel (d'autres l'appellent Luc) de la Haulle, était de Saint-Lô et lieutenant général au bailliage de cette ville. Il a laissé la réputation de bon poète latin, bien que ses œuvres ne soient pas connues.

i7 Celui-là était sur

L'oiseau vivant né d'une feuille morte.

Il est dans le Recueil d'Adrien Boccage, p. 96. Le nom d'Haulterive se trouve autre part que dans les annales du Palinod de Rouen, et est compté parmi nos anciens poètes français dans la Bibliothèque française de l'abbé Goujet et autres.

Hauvel, de Lisieux. Faisant son cours dans l'Université de Caen, en 1705, cet ecclésiastique fut deux fois couronné en cette année pour un chantroyal sur Athalie, et pour une ballade sur l'Alcyon (1).

Hauville (Jacques de) eut le Soleil pour prix des stances qu'il composa en 1619 sur le Firmament, sous Pierre Puchot, Prince du Palinod.

(dernière strophe)

Arrêtez donc vos cours, et de bandeaux obscurs Voilez honteusement vos faces argentines ; Car ce Concept, tout pur de principes impurs, Devance vos beautez de ses beautez divines .

Hautefeuille [de], colonel au régiment de. . . (2), juge honoraire au Palinod de Caen en 1778.

(1) Les pièces mentionnées furent couronnées à Rouen. Deux ans auparavant, ce poète avait également brillé aux Palinods de Caen, comme l'atteste leur Recueil (p. 24-25).

(2) Au régiment de Rouergue en 1 761, au régiment de Normandie en 1763. (La Chenaye-Desbois , Dictionnaire de la Noblesse, v° Texier; XVIII, 886, éd. 1873.)

Hays (Gilles le), sieur de la Fosse, né à Amayé, près de Caen (i), fut curé de Gentilly; mort en 1679 à plus de soixante ans. Il remporta plusieurs prix aux Palinods de Rouen et de Caen, mais sans qu'on ait pu découvrir pour quelles sortes de poésies il a les mérités. Il ne faut pas le confondre (2) avec Jean Hays, du Pont-de-PArche, près Rouen. [V. Huet, Origines de Caen.)

Hébert [Michel), dernier supérieur général des Eudistes, mort le 2 septembre 1792, au Luxembourg, à Paris (3). Il était sur le point de publier un ouvrage sur l'Immaculée Conception.

Hébert [Pierre), prieur de Cudot (4), dut sa réputation au Palinod de Rouen, où il moissonna les différentes palmes qu'on y proposait à l'émulation. Les genres de poésies sur lesquelles il s'exerça furent le chant royal, dont il eut l'un et l'autre prix en 1 649, sur

Auguste seul que la foudre n'outrage.

En i653, sur la Macreuse. Il avait débuté par la Statue de Memnon, qu'il avait décrite dans des stances

(1) Arrondissement de Caen, Calvados.

(2) La confusion serait d'autant plus naturelle, que Jean Hays, du Pont-de-l'Arche, antérieur d'un demi-siècle et plus, fut également poète.

(3) Le P. François-Louis Hébert, né à Crouttes, Orne, en 1735, fut supérieur des Eudistes de Paris en 1772 et coadjuteur du supérieur général en 1782. La phrase suivante est le seul souvenir qui reste de son ouvrage, dont les Annales des Eudistes ne parlent point.

Dans son intéressante notice sur le P. Hébert fies Martyrs de la Foi, III, 282-83), l'abbé Guillon remarque que Louis XVI l'avait pris pour confesseur.

(4) Arr. de Joigny, Yonne.

en 1647. H donna deux autres fois la même forme à des vers sur un Dragon qui gardait un trésor, et sur Judith. Ces deux stances sont de i65o et 1654. Le Phénix était la matière d'une ballade qu'il donna en i652, pour laquelle il reçut néanmoins un Anneau d'or. Il avait déjà obtenu ce dernier symbole en i65o pour un sonnet dont il était le prix etqui était sur unCrucifix miraculeusement sauvé des flammes.

Osualde au combat où la foi le convie, Fait dresser une croix dessus son boulevard ; L'ennemi, qui lui porte une mortelle envie, L'attaque, le surprend, et l'engage au hasard.

Lorsqu'une mer de sang rend sa rage assouvie, Le profane abhorrant ce céleste étendard Auquel mourut la mort par la mort de la vie, Le fait fouler aux pieds de son fier léopard.

Il prépare des feux pour le réduire en cendre,

Qui, par un saint respect que je ne peux comprendre,

Quoique sans sentiment n'osent pas lui toucher.

Reçoys, Vierge, ce bois comme estant ton image : Car ainsi que le feu ne lui fit pas d'outrage, Le crime originel ne t'osa point tacher .

Il donna aussi en 1649 des stances sur wrc Olivier, mais il paraît que ce don fut purement gratuit.

Hébert, curé de Nainville en Gâtinais (1), remporta deux fois le prix du chant royal au Puyde Caenen 1667 et 1672. La première année ses vers étaient sur

Le chemin verd dans les feux et la cendre. (1) Arr. de VersaiJJes, Seine-et-Oise.

La seconde pièce roulait sur les Flammes miraculeuses du buisson ardent de Moyse. Entre ces deux avantages poétiques, il remporta encore une autre victoire en 1669 : ce fut le prix de l'ode française et celle qu'il présenta était sur le Papier.

Hecquet [Jean-Baptiste-Eléonore du), ancien mousquetaire, né à Rouen, s'est fait beaucoup d'honneur au Palinod de cette ville, en 1769 et 1774, par deux idylles qu'il y présenta, et qui y réunirent tous les suffrages : l'une intitulée les Bergers, l'autre le Solitaire patriote.

Bergers, que vous êtes heureux :

Aucun soin ne vous inquiète.

Vos moutons, vos agneaux, vos chiens, votre houlette,

De votre âme bornent les vœux.

Vous suivez en tout la nature ;

Les prés, les forêts, les coteaux,

Et le murmure des ruisseaux Versent sur tous vos jours une volupté pure ;

Qu'un sort tel que le vôtre est doux ! Etc.

Hédiart, l'un de ces noms que l'on trouve fréquemment sur le tableau des Princes du Palinod de Rouen, sans aucune qualité indicative de ce qu'ils étaient au siècle où ils vivaient. Celui-ci était le cent deuxième et assez connu alors pour n'avoir même pas besoin de mettre son prénom baptismal.

Hélie [Alexandre), ecclésiastique du diocèse de Coutances, connu au Puy de Caen en 1759, et l'année suivante par des poésies latines qui y furent couronnées. C'étaient trois épigrammes : l'une sur la Délivrance de

Saint-Malo, l'autre sur Judith, la dernière sur le Tombeau de Jésus-Christ. Les deux dernières furent couronnées en la même année 1760. L'auteur est venu depuis exercer ses talents dans le clergé de la capitale.

Héricy, chevalier de Tordre de Saint-Louis, ancien capitaine, juge honoraire du Puy de Caen, 1773.

Hermant, instituteur à Rouen, auteur d'une ode française sur Bergop^oom ; couronné au Palinod de Rouen en 1747, sous M. de Rouville, dont il reçut le premier prix du genre lyrique.

Hermanville (Louvet <T) remporta le second prix d'ode française en 1760 au Palinod de Rouen. Sa pièce était sur V Anti-Lucrèce du cardinal de Polignac.

Hermier (Jessé), dont Adrien Boccage a recueilli un chant royal sur

Le chesne verd au milieu de la glace.

p. 81. On trouve ses noms et prénoms dans Cahaigne, Elog., XLVI, p. 66, avec la qualité déconseiller àCaen. Ses vers ont pu également être présentés au Puy de cette ville, comme ils Font été au Palinod de Rouen.

Hermite [Jacques /'), sieur delaPrée, était un des plus anciens confrères et Princes surle tableau d'association au Palinod de Rouen, au xve siècle II était à la quatre-vingtdixième inscription.

Héron-d' Olcastel [Louis- Antoine) , prieur deSaint-Lô en 1755, et curé de la paroisse de ce nom, à Rouen en

1762. Il était né à Rouen en 1722, le i5 février, même jour que Louis XV. Il mourut à Saint-Solesmesde Blois, dont il posséda la cure, le 21 octobre 1776. Son nom d'Olcastel ne fut jamais avoué ni connu de sa congrégation. Il était très lié avec le premier président du parlement de Rouen, et fort aimé des académiciens, auxquels il se trouva associé par sa place au Palinod de cette ville.

Hervy [Charles], chanoine régulier, comme le précédent, né à Paris le 20 août 1647, cur^ de Saint-Lô en 1704, mort le 22 avril 1716, partagea douze ans le travail des juges du Palinod dans leurs examens et leurs décisions, avec applaudissements.

Heuve (/'), de Rouen, couronné au Palinod de cette ville en 1734 par M. d'Esneval, pour une allégorie latine sur le Massacre des Innocents.

Hideux (dom Robert-Etienne) , bénédictin en l'abbaye de Saint-Ouen, et l'un des juges du Palinod de Rouen en 1714 (1). L'auteur de la Lettre d'un avocat sur cette Société littéraire, en la même année, ne fait que citer son nom, en le plaçant parmi les académiciens du Puy. 11 pouvait cependant ajouter qu'il menait une vie très austère et très laborieuse. Parmi les ouvrages auxquels il a eu part, il faut distinguer les Conciles de Normandie, dont il a rédigé les tables, etc. Il perdit la vue et mourut à soixante-douze ans.

(1) D. Hideux, né à Paris, passa toute sa vie religieuse en Normandie, à Lyre, à Fécamp et à Rouen, où il mourut. Il avait entrepris un grand commentaire de la Bible par les Pères.

Hiérothée ou Jérothée, capucin de Mortain, auteur d'un dizain sur la Virginité des Abeilles, couronné au Puy de Caen en 1 633.

Hogue [Brochon de la), au collège du Mont à Caen, couronné au Puy de cette ville en 1776 pour un dizain sur Y Aurore.

Hommets [Raoul des) a composé en 1 544 un chant royal en dialogue, dont les interlocuteurs étaient Loy de nature, Loy escripte, Loy prophétique et Loy de grâce. Il présenta en outre, en la même année, un rondeau dont le premier vers était :

Présent le Roy, indicible clémence.

Hommets [Jacques des), abbé de Saint- Wandrille. Il fut le dernier abbé régulier de ce monastère, où il mourut le 27 février 1 523. Il avait géré la principauté du Palinod de Rouen en 1 5 14, et y avait fondé la Rose, prix de la ballade. Elle fut remportée par Pierre Avril.

V. le Gallia Christiana, art. Saint-Wandrille, t. XI, p. 184.

Hommets (Pierre des), second poète de la famille, composa, comme Raoul, deux pièces de poésies pour le Palinod de Rouen, mais en latin; une allégorie sur le Tremblement de terre de Nicée, et une ode alcaique sur la Chaste Suzanne, toutes deux couronnées en t 638 par Henri de Mathan.

Hommets [Jacques), sieur de Guichainville, conseiller du roi et maître ordinaire en sa chambre des Comptes de

Normandie, fut Prince du Palinod de Rouen en 1639. C'est de sa main que fut couronné Thomas Corneille et Jacques des Hommets qui suit. L'abbé de Saint-Wandrille ci-dessus avait fondé le prix de la ballade. Jacques des Hommets fut le fondateur des Bénédictines du faubourg Saint-Hilaire de Rouen. (V. Farin, t. III, in-T2, p. 461) (1).

Hommets (Jacques), neveu ou fils du précédent, remporta un des prix de l'allégorie latine au Palinod de Rouen en 1639. La sienne était sur le Suaire de N. S.

Hongre [fr . Jacques le)y natif d'Argentan, curé de Sainte-Croix-Saint-Ouen à Rouen, vicaire général du cardinal de Bourbon, archevêque de cette ville, était le cent vingt-huitième inscrit sur la liste des juges, Princes et associés du Palinod au xvie siècle. L'ordre de Saint- Dominique le compte au nombre de ses illustres. Il méritait la réputation qu'il avait commencée dans sa licence 1 558 et 1 55q, et qu'il soutint à Paris, où il fut prieur de la maison de Saint-Jacques en i562, et à Rouen, où il mourut en i5/5 à cinquante-cinq ans, au couvent des Emmurées, faubourg Saint-Sever.

La Croix du Maine en parle dans sa Bibliothèque [1,419], et Masseville dans son Histoire de Normandie, et surtout le P. Echard dans la Bibliothèque des écrivains de son ordre. On a de lui :

Oraison funèbre prononcée en l'église cathédrale à Paris, au service solennel célébré le 20 mars i563, pour sérénissime prince François de Lorraine, assassiné par

(1) Leur monastère était situé entre la rue des Petites-Eaux et la route de Darnétal, dans la rue Pannevert.

les hérétiques calvinistes. Paris, Gil. Corrozet, i 563,in-8°; Vie et trépas du même duc, ibid., in-8°, 1 563 . V. sur cet ouvrage le P. Le Long, Bibliothequehist.de la France, n° 13875.

Sermon prononcé dans l'église de Saint-Médard, à Paris, à la procession solennelle, le 14 juin 1 562, en réparation des sacrilèges commis dans la même église par les hérétiques calvinistes contre le Saint-Sacrement de l'autel. Paris, i562.

Quatre Homélies touchant les saintes Images, prêchées aux habitants de Rouen en l'église de Notre-Dame, Tan 1 563, etc. Paris, Chesneau, 1564, in-8°; dédié au cardinal de Bourbon ;

Fidèle Recueil de la conférence, mue entre le P. Jacques le Hongre et Guillaume Feugueré, ministre prédicant d'Anneval, près Pavilly (1), en la maison du seigneur de Montagu, à Ambourville, le 23 juillet 1 565. Paris, 1 56 5 (Duverdier parle de cet ouvrage) (2) ;

Ample déclaration des trois points contenus au sacré mystère de la messe, savoir : consécration, oblation et communion, en III livres. Rouen, Pierre Brenouzet, 1 566, in-40. Ce livre était dans la bibliothèque des Jacobins de Rouen.

Houel [Charles de), l'un des poètes latins couronnés par Marin le Pigny, Prince du Palinod en 1 612. 11 avait présenté une allégorie dont le sujet était le Pyragnus, ainsi comparé dans l'allusion à la sainte Vierge :

(1) Anneval, qui est bien au titre du volume, est une leçon fautive pour « Esneval ». — Pavilly, aujourd'hui chef-lieu de canton ; (plus bas) Ambourville, petit village sur les bords de la Seine ; arr. de Rou^n, S.-Inf.

(2) T. II, p. 287. 11 parle aussi de l'ouvrage suivant.

Circumfusa notant primxva [m ?] incendia làbem ; Ast servata Régis désignât planta Mariant.

Houppeville (Pierre de), dont l'état et les qualités étaient assez connus de son temps pour être ajoutés à son nom dans la nomenclature des Juges- Princes et confrères du Palinod de Rouen, parmi lesquels il occupait la cent sixième place, dans l'expectative de la présidence ou la principauté de la Société.

Houssayes [Jean-Baptiste Cotton des), prêtre, docteur en théologie de la Faculté de Paris, de la maison et Société de Sorbonne, chanoine de l'église métropolitaine de Rouen, ancien professeur en théologie au collège de cette ville, prieur du prieuré royal de Saint-Nicolas de Letton, diocèse de la Rochelle, académicien titulaire de l'Académie royale des Sciences, Arts et Belles-Lettres (sic) de Rouen, associé des Académies de Caen et Lyon, juge en celle de l1 Immaculée Conception de la sainte Vierge à Rouen en 1767, et secrétaire perpétuel de la même Société, depuis 1769 jusqu'en 1776, fut un des plus ardents promoteurs de la gloire du Palinod de Rouen, et acheva ce qu'avait commencé l'abbé Guiot pour ranimer l'émulation des auteurs, réveiller le zèle des académiciens, et ménager la protection des Princes. Il y réussit de manière à remettre les choses dans un état de splendeur qu'elles n'avaient jamais eu, ou que rarement et par intervalles. Son ouvrage a été soutenu par ses successeurs dans la place de secrétaire jusqu'à la chute de rétablissement même, lors de la révolution de 1789. Quelque utiles qu'aient été toutes les compositions de l'abbé des Houssayes (1), ce n'est cependant pas ici le lieu d'analyser tous

(1) Comme Haillet de Couronne, Cotton des Houssayes fut un des

ses ouvrages en tant de genres. Ce qu'il a écrit pour le Puy de la Conception suffit à sa gloire. Outre les discours préliminaires dont les analyses étaient des modèles de méthodes et de goût, en a de lui plusieurs Éloges de Princes et d'académiciens, dont la compagnie avait fait la perte durant sa gestion secrétariale. On distingue parmi ces discours historiques ceux pour M. du Boullay et l'abbé Saas, dans lesquels on remarque beaucoup d'ordre et d'érudition. Ceux qu'il a lus aux décès du P. d'Olbec, prieur des Carmes, de MM. de Cérisy et de Cany, sont également faits avec soin, chacun dans leur genre. Son propre Éloge a été lu à la séance de 1783, par l'abbé Hamel, son troisième successeur, sur des mémoires très étendus de l'abbé G[uiot], son plus véritable ami, son dernier consolateur ; mais cette pièce éloquente et variée dans ses détails n'a point encore été imprimée. Elle serait pour le moins aussi recherchée, même des étrangers, que Ta été l'Éloge de l'abbé Saas. On va tâcher d'y suppléer en copiant l'épitaphe qu'on lui a faite pour la Sorbonne, où il gît avec tant de ses doctes confrères.

Hicjacet Joan. Bapt. Cotton des Houssayes, prœsbyter et canonicus Rotomagensis, in sacra facultate parisiensi doctor theologus, Sorbonœ socius et Bibliothecarius ; theologiœ per decennium inCollegio Rotom. professor; S. S. Nicolai et Prœjccti, intra diœceses, Rupellensem alterius, alterius Parisiensem prior; in pluribus regni societatibus litterariis, Rotomagi, Lug-

hommes de cette époque qui ont rendu le plus de services aux lettres rouennaises, non pas précisément par des 'œuvres brillantes, mais par les solides qualités de leur esprit et leur sérieuse application au travail.

duni et Cadomi academicus ; B. V. M. sine labe Conceptœ podio Rotomagensi; cui restaurando potissimum allaboravit, tum a judiciis tum a secretis; plenus, non dierum, sed litterarum, nec bonis operibus vacuus obiit 2oa augusti, an 1783, œtatis 55.

In lumine tuo, Domine, videat lumen.

Ce savant polygraphe était né à la Neuville-ChantcTOisel (sic), proche de Rouen, le 17 novembre 1727(1).

(Y. le Moreri des Normands, fol. ms.)

Hubert (Guillaume) existait au milieu du xvie siècle. On connaît de lui un chant royal présenté au Palinod de Rouen en 1 544, sur le

Poysson portant le prix d'humain lignage.

avec un rondeau de la même date et commençant par cette ligne :

De temps en temps, de bonheur en bonheur.

Huet (Jacques), Tun des lauréats sous la principauté de Louis Bretel en 1622. Le prix qu'il remporta fut le second de l'allégorie latine et la Ville de Crotone en était la matière.

Huet de Guerville, de Caen, au collège des Arts en cette ville, puis avocat (2), a été couronné en 1770 au Puy

(1) Dans leur courte note nécrologique, les Mémoires secrets (XIII, 1 53) remarquent que, par un ensemble assez rare de connaissances, ce docteur possédait à la fois la physique, la botanique et la théologie.

(2) Sébastien-Gilles Huet de Guerville, né en 1754, a mérité une notice dans la Biographie nouvelle des Contemporains, peut-être pour avoir réclamé l'honneur de défendre Louis XVI. Ses mémoires

qui y est ouvert tous les ans, ainsi qu'à Rouen, pour une ode française sur le Mariage du Dauphin ; il se trouva ex œquo avec Pabbé Le Prestre en 1773 ; et en 1775, il obtint, mais seul, le même prix. Le triomphe de la Raison sur VEpicuréisme était la première de ces odes ; la deuxième, le Tableau de la fête des Bonnes-Gens à Canon (1).

Hugues (de S.-), prêtre de Marseille, nom emprunté sous lequel a été conservée au Palinod de Rouen une ode latine intitulée Olea, en 1767.

Huilard (Renoult), curé de Saint-Lô, sa paroisse natale, à Rouen, mort le 3i août i5o8, avait commencé à siéger au Palinod de cette ville étant curé de Saint-Jean. Le cardinal d'Amboise, qui connaissait son mérite, lui donna Tarchidiaconé d'Eu.

Huilier fils, conseiller au Châtelet d'Orléans, couronné par Pabbé Terrisse au Palinod de Rouen en 1783 pour une épître sur le Devoir de la Magistrature :

Oracles de Thémis,

Ma Muse avec orgueil ne vient pas vous instruire. Laissons au magistrat qui doit chérir l'honneur, Pour leçons ses devoirs, et pour guide son cœur. / Attendri sur les soins qui partagent la vie D'un juge qui s'immole au bien de la patrie, Je viens environné des arts consolateurs Adoucir ses travaux par leurs charmes flatteurs;

juridiques ont été publiés, et il a édité lui-même quelques poésies ou écrits de circonstances au moins jusqu'en 1814.

(1) Canon, arr. de Lisieux, Calvados. L'abbé Lemonnier a fait paraître en 1777 une notice sur la Fête des Bonnes-Gens de Canon.

Lui montrer un rayon de leur douce lumière Qui peut orner de fleurs sa pénible carrière, En formant son esprit amuser ses loisirs, Et couronner sa gloire en doublant ses plaisirs.

Hurard (Olivier), prieur de Saint-Lô en 1719, était néà Rouen en i685. Il assista vingt ans aux opérations du Palinod de cette ville. Il y vit couronner plusieurs de ses confrères qui furent dans la suite ses supérieurs dans la congrégation. Il mourut au prieuré en 1 741 , le 8 avril.

Hynard (Louis-Nicolas), à l'âge des Fontenelle et des Bailleul, concourut pour les mêmes prix au Palinod de Rouen où il remporta en 1747 le prix de l'hymne, sous M. de Rou ville. Le sujet en avait été indiqué par le Prince; c'était la Visitation. Il est mort conseiller du roi, lieutenant particulier à la Table de marbre, etc., le 3o juillet 1762, à soixante ans.

SUPPLÉMENT

Har court (Odet). Ajoutez : son oraison funèbre a été prononcée par Marcel, curé de Basly, et imprimé à Caen en i5Ô2, in-40. Elle était dans Tinsiitut de l'Oratoire (la bibliothèque de) à Paris, Z, 36.

Halle (Pierre). Bayle n^ point oublié de dire (à son article) qu1il remporta le prix à Caen et à Rouen dans les combats poétiques que Ton y fait toutes les années : il s'acquit par là une telle réputation, ajoute-t-il, qu'encore qu'il fût fort jeune, on lui donna la régence de la rhétorique dans l'Université de Caen, etc.

Hamel (Jean), chanoine et archidiacre de Rouen, était juge au Puy de la Conception vers 1640 et Prince de celui de Sainte-Cécile, ainsi qu'on le voit par une pièce de vers que lui adressa le P. Commire, sur la Métamorphose d'un musicien en rossignol. [V. ses œuvres, t. I, p. 168.)

Homblenière (Ranulphe) , quatre-vingt-deuxième évêque de Paris. Quelque distance qu'il y ait de son siècle au temps où commencèrent les Palinodsde Rouen, il doit cependant être cité dans leur histoire comme instituteur de la fête delà Conception dans sa métropole, suivant le nécrologe de cette église :

Anno 1288 y in crastino B. Martini hyemalis, obiit bonœ memoriœ Ranulphus Episcopus, qui dédit nobis trecentas libras parisienses ad emendos reditusprofesto Conceptionis B. Mariœ celebrando.

Ce prélat était de Normandie (1), suivant la Clîronologie du derniçr rituel de Paris, in-40, t. Ier, p. 1 10.

Jabin (Antoine), cordelier, au commencement du xvie siècle. Il remporta le second prix d'allégorie latine en t 5 1 9, sous la principauté de Nicolas de la Çhesnaye, au Palinod de Rouen.

Jacobé (Louis-Paraclet) j chanoine régulier de la congrégation de France, né à Châlons-sur-Marne en 1716,

(1) Ce prélat, que d'autres nomment Renoul d'Homblières, était en effet normand. Docteur en théologie, après avoir professé dans l'Université de Paris, il y fut nommé curé de Saint-Gervais. Il était, dit D. Félibien, « célèbre par sa doctrine et par sa vertu. »

professeur à Saint-Lô de Rouen, et à ce titre juge-né du Palinod de cette ville en 1742. Mort en 1779.

James (A7".), auteur d'un rondeau cité par Taillepied, en parlant du Palinod de Rouen :

De jour en jour, sans cesse en gémissant Les pères vieux ont dit

Jannet [Jean-Philippe], hymnographe, né à Paris le 3 1 août 1 742, a composé plusieurs hymnes pour les nouveaux bréviaires. Il fit honneur de celles pour S. Léonard et le Bx P. Fourrier de Mattaincourt à l'académie du Palinod en 1781, et Ton en fit mention honorable dans la séance publique.

Janville [de], juge honoraire au Puy deGaen en 1777 ; dizain anonyme en son honneur pour avoir obtenu la grâce de deux galériens en cette année.

Jardin (J. du), auteur d'un sonnet donné au Princedu Palinod de Rouen en 1647.

Jean, professeur d'humanités au collège des Arts, à Caen, à la fin du xvne siècle, couronné au Puy de cette ville en 1691 pour un sonnet sur le Julium d'Horace. Il composa aussi Tépigramme honoraire en la même année sur le Scorpion.

Jérôme [le P.), prieur des Carmes de la ville de Rouen, et en cette qualité juge-né au Palinod ouvert et séant en leur monastère, 1739.

Jeune [Antoine le), aumônier du roi, prieur et curé de Saint-Lô, était né à Gaillefontaine, au diocèse de Rouen,

et profès de Sainte-Geneviève en i 5 6 7. Sa qualité de prieur de Saint-Lô lui fut contestée ( 1 ) ; mais il y fut maintenu par arrêt du Conseil en 1594. Trois ans après, il fut choisi parle Parlement pour réformer la maison deSainie- Barbe-en-Auge. Celle de Saint-Lô lui doit son rétablissement. Il fut élu Prince du Palinod en 160 5 ; mais ce n'est pas lui qui donna trois couronnes à Jean Grisel, pour deux chants royaux et une ode française. Il était mort avant la séance publique, mais la cérémonie se fit toujours sous son nom. Le président Groulard qui, neuf ans auparavant, avait donné les mêmes prix, le considérait particulièrement ; et lors de la mortde sa première femme, Barbe GuirTard, ce magistrat le pria d'en faire les obsèques avec toutes les marques de sa dignité, ce qu'il observa dans le transport du corps de cette dame de Saint-Lô aux Célestinsen 1 599 : a II s'acquitta de tout l'office avec « honneur, dit Farin, estant un homme de probité et en « grand crédit dans la ville [III, 367]. »

Ignace (le P.) de Saint-Jean, prieur des Carmes en 1694, avait prononcé le discours d'ouverture pour la séance du Palinod de Rouen, imprimé dans le Recueil de l'année.

Incarville (Charles de Saldaigne, sieur d'), intendant des finances à Rouen, et élu Prince du Palinod de cette ville, ne put en faire les honneurs, la mort l'ayant enlevé avant la cérémonie du couronnement. Sur quoi, opposition sur sa succession et arrêt de la Chambre des

(1) Fort éloigné de tout esprit de chicane, le Jeune voulut résigner son bénéfice; mais en ayant été pourvu à Rome dès i58g, il fut préféré à deux concurrents. (Farin, Hist. de Rouen, III, 17^.)

vacations du 27 octobre 1599, pour prélever la somme de 3oo livres pour les frais de la distribution des prix, et ils furent donnés en son nom. Celui des stances en particulier à François d'Eudemare, suivant ce qu'il dit en son Histoire de Guillaume le Bastard, p. 227 : « Moi-même « aurais-je voulu par quelques stances louer ce virginal « concept il y a déjà vingt-sept ans, et ces stances auraient « esté alors premiées d'un Phcebus d'argent » ; or, il parlait ainsi en 1626.

F. plus haut son article. M. de Saldaigne avait été Prince du Puy de Sainte-Cécile en 1 586.

Inger, bailli vicomtal de Louviers, s'est vu deux fois adjuger l'Anneau d'or par les juges du Palinod de Rouen pour un double sonnet, l'un en t634 sur l'Aurore, l'autre sur le Laurier, l'année suivante.

Joseph II, Empereur. Sans la mort qui l'a trop tôt ravi à ses sujets, serait compté parmi les Princes du Palinod de Rouen, au moins parmi ses bienfaiteurs. Il en témoigna sa bonne volonté au P. Duclos, prieur des Carmes, chez lesquels il entendit la messe avant de partir pour le Havre, le dimanche ier juin 1777. Ce religieux avait expliqué à Sa Majesté ce que signifiaient toutes les armoiries des Princes du Puy, rangées autour de l'église et son plus bel ornement : « Mon Prince, lui dit-il, il y a « bien quelques aigles dans leurs écussons, mais elles ne « sont pas éployées... — Patience, mon Père», lui répondit l'illustre voyageur en regagnant son hôtel vis-à-vis de l'église même. Cette anecdote a encouragé un des académiciens vétérans de cette Société, et aussitôt il composa un poème qu'il adressa en même temps à Rouen et à Vienne. On en a fait mention honorable dans la séance

publique de Tannée, comme on peut le voir dans le Recueil imprimé : Comitis de Falkeinstein (Joseph II, emp.) improvisus in urbeRotom., ingressus, prid. kal. jun i777 (i).

Jouisse [Jean] saisit un événement public pour donner les grâces de la nouveauté à une allégorie qu'il se proposait démettre au concours du Palinod de Rouen en i6i5. Le tonnerre avait écrasé une femme sans toucher à son enfant ; il décrivit la triste fin de Tune et la conservation de l'autre : et ses espérances ne furent pas frustrées. Il obtint le Laurier.

Joyeuse (François de), cardinal et archevêque de Rouen, appartint moins, il est vrai, au Palinod de cette ville comme François de Harlay, son successeur, que comme Robert de Croixmare, leur ancien devancier. En venant à Rouen, ce cardinal y trouva un établissement semblable à celui qu'il avait vu à Toulouse, dont il avait eu le siège, et il ne pouvait que favoriser les jeux palinodiques, lui qui dans la fondation d'un séminaire (dit de Joyeuse) avait préparé des sujets qui viendraient un jour moissonner au Puy ses palmes et ses lauriers. Cependant on ne trouve d'autre monument de ses dispositions à cet égard qu'un acte de confirmation qui sanctionna ce que Robert de Croixmare avait solennellement approuvé plus d'un siècle auparavant, et il y ajouta des indulgences particulières « pouvant exciter davantage la « piété, zèle et dévotion de tous fidèles chrestiens qui se « feront enregistrer dans ladite confrérie ». Quoique cette

(i) Ce poème, dont quelques vers sont cités (p. 42 du vol. de 1776-1781), est de l'abbé Guiot lui-même.

dernière expression paraisse ne regarder que l'association spirituelle, le cardinal n'excluait pas les Sociétés littéraires, puisqu'il dit « avoir mêmement considéré les lois « de la poésie prescrites pour les louanges de la glorieuse « mère de Dieu arrestés les dicts jour et an (Dimanche 14 août 16 14); nous avons confirmé, etc. » Il ne s'en fût pas tenu là, sans doute, si la mort ne l'eût ravi à son troupeau dès Tannée suivante, où il ne put voir éclore les fruits de sa bienveillante protection. Dès Tannée précédente, d'ailleurs, il avait donné sa démission en faveur de François de Harlay; il mourut à Avignon et fut rapporté à Pontoise en l'église des Jésuites, qu'il y avait établis.

Jumel [Hélie), avocat à Rouen. Un de ses confrères du barreau, delà Marc, parle de lui avec éloge en l'associant à J.-B. Chandelier dans sa Chronologie latine de Rouen : Anno i532 ; Baptista Candelarius et Heîias Gemellus Rotomagenses poetœ clari habentur. V. cidessus l'article du premier de ces deux poètes. Hélie Jumel fut couronné en 1 5 1 8, au Palinod de Rouen, sous la principauté de P. Auber, pour une allégorie latine sur Clélie.

Kergatté, de Rennes, professeur d'éloquence au collège de Rouen, au milieu du xvme siècle, juge-né en cette qualité au Palinod de cette ville.

Laber [Marc-Antoine de), de Paris, vers le milieu du xvie siècle. Il concourut aux prix du Palinod de Rouen. Il y présenta une allégorie latine sur le Folium malabatrum. Cette pièce est suivie d'un remerciement aux juges qui lui avaient adjugé le Laurier.

Laignel, avocat au Havre, avait présenté au Palinod de Rouen en 1 776 des stances sur les Phares du Havre. Ses vers n'ayant pas alors une certaine perfection', il manqua son but; mais il l'atteignit l'année suivante, et la pièce mérita le prix et le nom d'ode française :

D'autres célébreront des villes de la Grèce,

Ou Rome et ses hauts faits. La Seine est mon Permesse,

Je chante sur ses bords les utiles flambeaux

Qui, loin de la Neustrie, écartent les naufrages,

Vers ses heureux rivages A travers les écueils dirigent nos vaisseaux.

Dans la quinzième strophe, Fauteur a su placer le portrait ressemblant de l'illustre voyageur qui honora le Havre de sa présence le ier juin 1777 (V. ci-dessus Joseph II); et dans la dix-huitième il réunit ainsi MM. de Harcourt, l'un comme Prince actuel de l'Académie, l'autre comme défenseur du Havre en 1759 :

Qu'il est beau d'obtenir dans ce jour mémorable Un laurier qu'un grand nom doit rendre plus durable. Harcourt est de nos jeux le noble protecteur. Ce nom de siècle en siècle est cher à la Neustrie :

Des murs de ma patrie Il rappelle à nos cœurs le zélé défenseur.

Lair [Jacques), de Vire, professeur au collège du Bois, à Caen, plusieurs fois couronné au Puy de cette ville et à celui de Rouen, pour quelques épigrammes ou allégories latines, presque toutes sur la délivrance de quelque personnage exposé à périr dans les flammes ou au supplice. En 1669, c'est Maeon qui échappe au carnage; en 1672, c'est le lycée de Sparte respecté dans un incendie ; ces deux sujets furent applaudis à Caen en 1675. L'auteur le fut encore davantage pour sa Clorinde du Tasse. D'autres pièces semblables du même professeur ne concoururent point, mais lui servirent seulement pour l'ouverture du Puy de Caen en 168 1, où après l'invitation aux poètes il donna une ode latine sur Arion, et la dédia ensuite au célèbre Huet; la pièce lyrique fut suivie d'une épigramme sur la Couronne de peuplier sur la tête d'Hercule aux enfers.

Lallemant (Richard-Francois-Félix), prêtre, adjoint à l'académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, sa patrie, auteur d'une traduction nouvelle de Phèdre, etc., juge académicien au Palinod de Rouen en 176g (1). L'extrait d'une lettre du comte de Laurencin à l'abbé des Houssayes sur ce savant confrère fera connaître avec quelle justice on en fit choix pour les examens et jugements palinodiques :

« M. l'abbé L'Allemant, dit le comte de Laurencin, « m'a pénétréd'une estime au-dessus de toute expression. « On ne saurait être plus versé dans la connaissance et le « génie de la langue française. Quelques-unes de ses dis-

(1) L'abbé Lallemant (1 729-1 810) fut vicaire-général d'Avranches. Il a travaillé également sur la botanique. Son Dictionnaire latin qui lui fut apparemment demandé par ses frères les imprimeurs, n'était qu'un modeste abrégé. Il a été en vogue près de quarante ans.

« sertations m'ont tellement frappé par leur finesse et la

« sorte d'excellente métaphysique qu'il y a répandue,

« que, dans les occasions où par instinct je ne suis pas de

« son avis, je ne laisserais pas de m'y conformer, tant

« j'aurais peur d'avoir tort en pensant différemment de lui.

« Il m'a indiqué des imperfections que je ne soupçonnais

« pas, il a relevé avec justice des expressions qui ne

« m'avaient pas donné la plus légère inquiétude, et a re-

« pris, sans en manquer une seule, toutes celles qui m'en

« avaient causé; en vérité, il a presque raison surtout. Il

« est bien malheureux que je n'aie pas reçu dans leur

« temps des observations aussi parfaites. »

9 janvier 1776.

Lamar, de Paris, a remporté en 1765 le prix d'ode latine au Palinod de Rouen. Sa pièce alcaïque était sur V Extirpation de l'hérésie par Louis XIV.

Lambert (Jacques-Barthélémy), de Paris, l'un des hymnographes qui concoururent pour le prix de l'hymne au Palinod de Rouen en 1739. Le sujet annoncé dans les programmes, au nom de M. de Cany, Prince de l'année, était la Conception. J.-B. Lambert manqualeprix d'honneur, mais son travail ne fut pas sans récompense.

Lambert, de Rouen, sur Saint-Martin-du-Pont, au sortir de ses études entra dans la lice du Palinod de cette ville. Les merveilles et les propriétés de V Amiante furent le sujet qu'il choisit pour parvenir à la couronne fondée pour l'allégorie latine, et il l'obtint en 1767 sous M. de Becthomas (1).

(1) Faut-il voir en ce poète le parent de l'abbé Godescard, qui devint chanoine et archidiacre de Meaux ?

Lamy (Bernard), né au Mans en 1645, mort à Rouen le 2 janvier 1 71 5, à près de quatre-vingts ans, était entré dans la congrégation de l'Oratoire à Page de dix-huit ans, y enseigna avec réputation en différents collèges. Tout le monde connaît ses ouvrages, ses malheurs (1) et ses vertus. Il s'était retiré à Rouen sur la fin de sa vie; et l'on s'empressa d'associer aux examens et jugements des ouvrages présentés au Palinod de Rouen, Fauteur des Entretiens sur les sciences et sur la manière de les étudier, l'auteur des Réflexions sur la poétique, d'une Rhétorique (2), etc. L'avocat anonyme qui publia une Lettre sur les Palinods, in-40, en 17 14, dit que « son nom « même avait passé jusque dans les pays étrangers. » Malgré son grand âge, il était très assidu aux séances particulières et publiques du Puy; il assista encore à celle de 17 14, un mois avant sa mort.

Langlois (Pierre), cité aux années 1 544, 1 545, comme ayant concouru pour les prix de ces deux années (3). En la première il avait présenté une ballade sur un

Vaisseau sans tache et nect oultre nature;

en la seconde ce fut un rondeau :

Comme un ruisseau de couleur argentine

(1) Son zèle pour les doctrines de Descartes et quelques controverses théologiques lui attirèrent en effet divers désagréments.

(2) Guiot ne cite ici que les ouvrages qui ont pu mériter au P. Lami une place parmi les juges des Palinods. Par ses travaux sur l'Écriture sainte, il a mérité d'être inscrit au nombre des maîtres de la science ecclésiastique par le P. Costil, eudiste rouennais, dans son Compendium Historiœ ecclesiasticœ.

(3) Un Pierre Langlois était curé de Saint-André à Rouen en 1527.

Langlois [Jacques], du diocèse de Coutances, bachelier de Sorbonne, auteur d'une allégorie latine sur le Nil, laquelle fut couronnée au Palinod de Rouen en Tannée

Langlois [Etienne) , né à Paris en 1649, professeur à Saint-Lô de Rouen, et comme tel juge-né du Palinod de cette ville en 1687; mort en 1 7 1 7.

Larchevêque [Jean], nom célèbre dans la médecine et les lettres, à Rouen, n'était pas sans relief au xvie siècle au Palinod de cette ville : on trouve dans les registres du temps une allégorie latine sous ce nom en 1 545.

Large (le). Un rondeau de 1544 semble sauver de l'oubli Fauteur qui le présenta au Palinod de Rouen, sous la principauté de Jacques Le Lieur. Le premier vers est :

Celluy dont est tout ung, le dict et fait.

Launay [Pierre de), maître en chirurgie, compta presque trois triomphes en une seule année au Palinod de Rouen en 1639, le premier est le prix de la ballade et le deuxième prix de l'ode française; l'un était sur l'Oiseau respecté de V or âge, l'autre sur la Rivière des Incas; la troisième pièce était un chant royal donné au prince Jacques des Hommets sur la Pucelle d'Orléans.

Launay (Julien Poulain de), ecclésiastique de la paroisse de Saint-Martin-de-Ver (1), diocèse de Bayeux, remporta le prix des iambes au Puy de Gaen en 1768. Ils étaient sur le Vainqueur d^Arbelles.

(1) Ver, arr. de Bayeux, Calvados.

L'Aulne (de), ecclésiastique de Rouen, présenta au Palinod de cette ville, en 1738, le tableau de la Gloire de Marie s^levant au ciel le jour de son Assomption ; et l'ode française qu^il avait composée à ce sujet, fut le triomphe du peintre et du poète :

L'amour, ô Vierge fortunée, Vient terminer tes déplaisirs; Une plus belle destinée Commence au gré de tes désirs.

C'est l'amour qui causait tes peines, C'est l'amour qui brise tes chaînes ; Enfin voici l'instant si doux Qui rend par un triple mystère, La mère au Fils, la fille au Père, L'épouse à son divin Epoux.

Laurencin (J .-Baptiste-Espérance, comte de), né le 17 janvier 1741 à Chabeuil, près Valence, en Dauphiné, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, des académies de Villefranche, Lyon, Rouen, etc., a remporté deux fois le prix de l'idylle au Palinod de Rouen, et une fois celui des stances. Toutes ces pièces de poésies sont des sujets de sentiment : la Mort du juste ( 1 ) , Palémont ou le triomphe de la vertu surPamour ; les Charmes de la vie champêtre. Les dates de ces vers précieux à la littérature sont de 1 771, 1775 et 1776, et ils sont imprimés dans les derniers Recueils de Pacadémie qui en a couronné le sensible auteur. ( V. ci-dessus Particle Lallemant.)

(1) Ce poème est cité comme une idylle par Rivarol dans sa « liste des noms qui sont venus trop tard », titre qui peut prêter à toute sorte de commentaires.

Le sujet de l'idylle intitulée Palémon paraît être tiréde la vie du comte Saint Gérald d'Aurillac au 12 octobre. Il ne s^était jamais marié : cependant, dit Fauteur de sa légende : puellœ cujusdam aspectu, voluptatis aculeo aliqaando percitus, parumabfuit quin in peccatum incideret : sed ad se statim reversus, pœnitentiam egit (1). Peut-être le poète n^a-t-il puisé que dans son imagination ; peut-être aussi n'a-t-il peint que sa propre histoire dans un moment critique, où l'on a besoin de toute sa religion pour rester toujours digne d'elle.

Ne m'abandonne pas à mon état funeste, A tes pieds, ô mon Dieu, je tombe prosterné. Soutiens, sauve un mortel coupable et consterné, Et daigne anéantir un penchant qu'il déteste.

Laurencin (Julie d^Assier de la Chassagne, comtesse de), née le i5 mai 1741 à Saint-Hippolyte en Lorraine, auteur de VEpître d^ une femme à son amie sur l'obligation et les avantages qui doivent déterminer les mères à allaiter leurs enfants, conformément au vœu de la nature.

Cette épître a remporté le prix extraordinaire donné par M. Le Couteulx, maire de la ville de Rouen, et Prince de l'académie de Plmmaculée-Conception en la même ville, en 1774. V. le Recueil imprimé à Paris, chez Berton, où cette pièce est imprimée avec des additions qui ne sont pas dans les éditions particulières, qui en avaient été faites : Vers à Mmc Le Coulteux sur le couronnement de

l'épître précédente ; autres Vers à la même après

avoir reçu le prix. V. le même Recueil.

Alceste et Méloé, ou chant d^amour maternel, idylle

(1) Le fait est raconté en détail dans les Actes du saint, nos 14-17. (Acta SS., octobre, VI, 304.)

couronnée en 1777 sous ^a principauté de M. le duc de Harcourt.

« Mme la comtesse de Laurencin a consigné dans « V Almanach des Muses, année 1776, p. io3, une épître « sur V Obligation, etc. Le lecteur peut la consulter; il y « verra une vertueuse mère convaincue de ses obligations, « en relever l'importance et la pratique avec cette noblesse a et le ton persuasif qui ne peuvent avoir leur source que « dans une pleine et entière conviction. Cette pièce qui « fait honneur à l'humanité de son auteur et que PAca- « demie de Rouen a couronnée en 1 774, est une de ces « pièces intéressantes qui enrichissent annuellement les « almanachs des Muses. » (Notede M. Bablot, médecin à Chalons-sur-Marne, dans son Epître à Zulmis, sur le mariage, p. 63.)

Dans une Epître sur VEtude, présentée à la même Académie en 1781, par M. Carré, Pun de ses lauréats, cet auteur disait :

J'admire Laurencin dont le vers naturel A relevé les droits de l'amour maternel, Et d'un vil préjugé confondu la mollesse. Ses enfants précieux que toujours sa tendresse Voulut accoutumer au tribut de son lait A son col suspendus ont payé le bienfait. Le Rhône la possède, et sa gloire est tracée Dans les fastes vivants de ce docte lycée.

Lescuyer, de Rouen, poète latin du xvue siècle, concourut en 1698 au Palinod de Rouen pour le prix de Pode latine et en remporta le prix. Elle était sur Athalie.

Le Grand [Alexandre) remporta la palme au Palinod de Rouen en 161 3 pour un chant royal sur V Arche qui

fut placée par Jérémie sur une petite roche et qui fut préservée dans le sac de Jérusalem. Cette pièce était doublement allégorique en ce qu'elle faisait allusion, quant au sens à la patronne, et quant à la lettre au Prince de l'Académie, Ch. de la Rocque :

La Roche sainte en la terre profane.

Une ballade du même sur

L'image entier dedans la flamme,

fut récompensée de la Rose par les mêmes mains. La première de ces deux pièces est dans le Recueil d'Adrien Boccage, p. 1 10.

Le Maistre (Louis). Le Temple de la Fortune fut la matière que sa muse l'inspira de choisir pour une allégorie latine qui put obtenir le Laurier au Palinod de Rouen en 1647. H exécuta en effet ce tableau, et il le vit applaudi par cette Société qui lui adjugea le prix.

Le Nepveu (Jacques-François), prêtre et professeur au collège du Bois, à Caen, fit l'ouverture du Puy de cette ville en 1766 ; et à la suite de l'invitation aux poètes il récita une épigramme sur la Foi victorieuse de V erreur.

Léonard (le P.), prieur de la maison des Carmes de la ville de Rouen, et en cette qualité juge du Palinod séant en son monastère, en 1691.

Léonard (le P.), professeur émérite et prieur des Carmes de la ville de Rouen, ainsi que le précédent, en 1756, et au même titre du nombre des • académiciens y établis au Palinod.

Léonard (i) était déjà connu dans la république des lettres, lorsqu'il adressa au Palinod de Rouen un poème sur la Religion triomphante de V idolâtrie. Il fut couronné en 1769 :

Les temps sont écoulés, une Vierge féconde A produit dans ses flancs ce Roi promis au monde, Ce chef-d'œuvre d'amour! Le Fils de l'Eternel Daigne quitter son trône et prendre un corps mortel. Il vient rappeler l'homme à cette loi suprême, Gravée au fond des cœurs par la main de Dieu même. Il parle : tout s'émeut pour appuyer sa voix. Commande-t-il aux vents de soulever la terre? Fait-il pâlir le jour et gronder le tonnerre ? Non. C'est par des vertus qu'il établit ses droits ; Ses mœurs et ses discours prêchent la bienfaisance; Et si de la nature il interrompt les lois, C'est pour les malheureux que s'arme sa puissance.

Ces vers furent bientôt imprimés à Paris, puis dans les Recueils de l'Académie et dans les œuvres de Fauteur, nouv. édit. in-8°, Liège, 1777, fig. Il mourut à Nantes le 26 janvier 1793. (V. le dict. de Feller.)

Le Pelé [dom Jacques), religieux de Saint-Benoît en l'abbaye de Saint-Wandrille au xvie siècle. Le treizième chant royal du manuscrit de la bibliothèque du roi, in-f°, 6989, sous son nom avec cette épitaphe Oleum effusam, nomen tuum [Gant. 1, 2], et ces vers qui ne répondent pas au texte :

Roy Salomon, prince de sapience, Maistre et docteur réel et positif,

(1) N.-G. Léonard (1741-1793), diplomate. Son neveu, Campenon, adonné la meilleure édition de ses œuvres, en 3 vol. in-8°. Paris, 1798.

Viens nous monstrer par ta haulte science,

Les accidents d'un beau nom substantif;

Nom composé du Père impératif,

Dieu tout-puissant devant mer et prarie.

Selon saint Luc, c'est le nom de Marie

Qui aux enfers causa confusion

Quand en luy vint par plaine infusion

Le sainct Esprit, comme rosée en l'herbe,

Afin que Adam eût par provision

Nom substantif rendant support au verbe.

Pour exalter et mectre en révérence

Ce nom bening, doulx et consolatif,

Ung Dieu en troys, sans quelque différence,

En fut premier et vray nominatif;

Et Joachim en fut le génitif,

Puis pour datif a grâce non partie,

L'accusatif plain d'envie espartie

N'est ablatif de sa perfection :

Car on le dict sans imperfection

A Orléans, à Pavie, à Viterbe

Par vocatif de bonne affection

Nom substantif rendant support au verbe.

Le chant royal suivant dans le même manuscrit, sur

Le beau Donnest d'élégance parfaicte.

est de lui. Le nom Saint-Wandrille qui se trouve à la tête, à la place de son propre nom, l'annonce assez. (V. l'article Donnest.)

Ler (Nicolas), prieur de Saint- Lô en 1 5 19, reçut Tannée suivante de Rome la bulle de Léon X concernant le Puy des Palinods de Rouen, et fut chargé de la faire exécuter, conjointement avec Tabbé Antoine de La Barre,

commendataire de la Trinité du Mont, proche cette ville ( V. Barre). Nie. de Ler venait de succéder par résignation à Pierre Auber, qui avait géré la principauté dudit institut deux ans auparavant. Il mourut en 1 5 36 et fut le dernier prieur régulier de Saint-Lô. On le met ici au nombre des bienfaiteurs du Palinod par reconnaissance pour le service qu'il lui a rendu par ses soins pour Pexécution de la bulle de Léon X. Il est étonnant que ce prieur ne soit pas sur la matricule des prieurs titulaires avant Pompilio, premier prieur commendataire de Saint-Lô.

Lescarre [Nicole), religieux de Tordre de Saint-Benoît en Tabbaye de Saint-Ouen, à ce qu'on croit, fut un des plus redoutables athlètes du Palinod de Rouen (i) avant même la translation aux Carmes en i5i5, puisque trois ans auparavant il avait fait ses premières armes à Saint- Jean, berceau de Tinstitut. Son début fut le rondeau suivant :

Juge infernal, tu ne oserois plus dire Que jadis fus au concept fille de ire ; Pourtant soit dict que d'Adam suys venue Ne m'avoit pas Dieu mon Filz prévenue Pour avoir corps, où n'y a que redire.

Malgré tous ceux qui en veulent mesdire L'en a bien faict publiquement desdire Ceulx qui m'avoient en péché soustenue Juge infernal [c'est-à-dire comme ci-dessus] .

Que jadis fus

Pourtant soit dict

(i) C'est lui qui occupe le premier rang dans le volume de Vidoue, lequel nous a conservé treize pièces de Nicole Lescarre : sept chants royaux, trois ballades et trois rondeaux, f°s i3 et suiv., 65 et suiv.

Ne m'avoit pas

Pour avoir corps (i)

Depuis i5i2 jusqu'en 1524 inclusivement, il se passa peu d'années où Nicole Lescarre ne remportât la Palme ou le Laurier. Ses sujets sont, suivant l'usage, exprimés dans les refrains des ballades ou des chants royaux. Tantôt c'est une

Pomme sans ver et sans pourriture,

ou La haute tour et fortitude ;

tantôt. . . La main de grâce au pécheur estendue,

ou Le doctrinal sans macule imprimé,

ou Le charriot du fort géant céleste (2)

ou Le sainct désert plain de manne angélique.

Ce dernier refrain est celui d'un chant royal pour lequel il remporta le premier prix en 1524, sous la principauté de Nicolas Cauquainvillier, dont voici l'argument et la première strophe (3) :

Chant royal d'un désert sacré, Que Dieu pour luy a consacré, Et préservé du vice immonde Qui règne au désert de ce monde.

Baptiste sainct, de Dieu hérault disert, Ta forte voix peust partout annoncer Que le hault Verbe, en un sacré désert Se faict humain, sans aux cieulx renoncer,

(f) Le rondeau complet se lit dans Vidoue, fo 67.

(2) Ces cinq premiers ne se retrouvent pas dans le volume de 1 5 2 5 .

(3) Vidoue, f° 16. Le v. 8 y est incompréhensible :

Se sainct humain sans es deux...

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